Ne pas être qu'un "patient" ...

LE PARKINSONIEN INDEPENDANT N°21 – juin 2005 — Editorial

Vous avez été nombreux à réagir et nous inter­roger sur l’article concer­nant la plante utilisée en Afrique pour soigner le Parkinson en méde­cine tradi­tion­nelle. Cela nous fait dire que nombre d’entre nous espé­rons toujours dans les progrès de la recherche et surtout que nous souhai­tons nous « libérer » de la chimie. Hélas, ce n’est pas pour demain bien au contraire : les labo­ra­toires ont encore de beaux jours devant eux pour nous accom­pa­gner dans cette lutte continuelle.

Cela démontre, par contre, qu’il est indis­pen­sable d’éviter tous les « faux espoirs » que nous pour­rions être amenés à diffuser si nous n’y prenions garde : le moral des malades est trop précieux pour se laisser distraire par ce type d’information.

Des progrès dans les tech­niques thérapeutiques.

Ainsi, une nouvelle tech­nique, moins « inva­sive » que la stimu­la­tion profonde, est en train d’être expé­ri­mentée (cf. article du Monde du 3 décembre 2004) et son promo­teur, le docteur Stéphane PALFI, nous fait l’honneur d’une commu­ni­ca­tion dans ce numéro. Il s’agit de la « stimu­la­tion corti­cale » ; c’est-à-dire de la surface externe du cerveau : le cortex.

Par ailleurs, nous avons lu derniè­re­ment, (NO du 26/​5 au 1/​6/​2005), et entendu dans les médias, les progrès réalisés par l’équipe coréenne de WOO SUK HWANG pour obtenir des cultures de « cellules souches » plus nombreuses et ainsi de pouvoir déve­lopper la recherche dans le domaine du clonage théra­peu­tique dont nous avons évoqué précé­dem­ment l’intérêt en même temps que les limites.

Un commu­niqué de l’INSERM fait état égale­ment de l’intérêt de certaines enzymes pour la protec­tion des neurones : le « Resvératrol ».

Un soutien à la Recherche

Tout ceci nous pousse, non pas à un opti­misme béat, mais à garder la convic­tion que la Recherche continue son déve­lop­pe­ment et que ce que nous connais­sons aujourd’hui sera peut-​​être dans quelques années dépassé par les progrès enregistrés.

C’est du moins ce que nous espé­rons et que nous soute­nons au travers de vos dons que nous essayons d’attribuer sous forme de bourses à de jeunes cher­cheurs suffi­sam­ment motivés pour se lancer dans ces recherches sans avoir l’assurance d’être au minimum indem­nisés. Vous retrou­verez ainsi, dans ce numéro, la présen­ta­tion de notre dernière attri­bu­tion à l’intention d’un jeune chercheur.

Un profes­seur neuro­logue répond aux ques­tions des malades

La confé­rence orga­nisée avec le profes­seur DERKINDEREN s’est en fait trans­formée, à sa demande, en un débat sans tabou avec une salle très atten­tive aux réponses qu’il a appor­tées ; sans tabou, parce qu’il n’a en aucune manière utilisé la « langue de bois » n’hésitant pas à indi­quer les limites des théra­peu­tiques et les échecs qui existent.

Ce type d’échange avec les profes­sion­nels de la santé nous semble abso­lu­ment indis­pen­sable : nous n’avons pas envie de nous laisser bercer d’illusions quant à l’évolution de notre maladie et celles des théra­pies en cause.

Voici donc un numéro encore assez « dense » et peut-​​être parfois d’une lecture ardue. Nous nous sommes engagés dans une voie diffi­cile mais nous ne voulons pas, sous prétexte de cette diffi­culté, reculer devant l’information de tous

C’est notre déon­to­logie de parier sur l’intelligence de nos lecteurs et nous les remer­cions de nous accom­pa­gner dans cette recherche. Mais aussi de leurs contri­bu­tions sous forme d’articles ou d’informations qu’ils nous transmettent.

Comme nous entrons dans cette saison d’été : BONNES VACANCES à tous
Jean GRAVELEAU

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