Ne pas être qu'un "patient" ...

[vu sur le net] Un gène découvert à Lille

Trouvé sur le site de Nord éclair

Une équipe de scien­ti­fiques ratta­chée à l’université de Lille 2 a réussi à isoler un nouveau gène à l’origine de la maladie de Parkinson. Cette décou­verte pour­rait aider les méde­cins à détecter plus rapi­de­ment les « personnes à risques ».

Pour lire l’article dans son inté­gra­lité, suivez ce lien

Informations Régionales : 29– Association De Parkinsoniens Du Finistere

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Eté pluvieux, Automne lumineux…Il faut seule­ment patienter !

  • La rentrée, c’est la reprise de nos points rencontre mensuels à Brest, Morlaix, Quimper et Quim­perlé. Nos adhé­rents de Brest, Quimper et depuis Janvier Plou­da­niel sont ravis de retrouver leurs amis aux séances de gymnas­tique, une fois par semaine (voir texte de Michèle Guianvarch)
  • L’appel du 18 Juin a été entendu. Nous étions 66 à Château­neuf du Faou, réunis autour d’une bonne table. Le temps était exécrable mais les convives n’ont pas tardé à détendre l’atmosphère et à mettre de l’ambiance : histoires, chants, accor­déons, danses…Une journée qui laisse de bons souvenirs.
  • Pendant l’été, nous avons répondu à plusieurs enquêtes, dont une sur la maladie de Parkinson et psycho­mo­tri­cité. Deux étudiantes se sont dépla­cées auprès des adhé­rents de 60 ans et plus. Elles présen­te­ront leur mémoire à Toulouse fin Septembre.
  • Courant Octobre, nous orga­ni­sons une journée ayant pour thème, le main­tien à domi­cile (annulée au mois de Mai). Des inter­ve­nants du Conseil Général, de la MDPH , d’un CLIC, de l’ANAH, une ergo­thé­ra­peute se succè­de­ront et répon­dront aux demandes du public. Une société expo­sera du maté­riel médical pouvant aider nos malades et présen­tera ses nouveautés.
  • La vente du livre Dans la roue de Jo Velly se pour­suit. A ce jour, 836 euros ont été versés à la recherche. Un grand bravo à Jean Claude le Guéziec qui a eu cette merveilleuse initia­tive et qui a écrit ce livre ainsi qu’à Jo, notre cham­pion cycliste, atteint de la maladie de Parkinson qui a bien voulu faire ses confi­dences. Merci !!!
  • Nous parti­ci­pe­rons en Octobre au forum sur la dépen­dance à Quimper. Des rendez-​​vous sont pris auprès des CLIC, maisons de retraite, AFPA pour des réunions d’information …..Nous cher­chons des volon­taires pour nous aider !!!

Profi­tons bien de cette fin d’été et à bientôt à Piriac sur Mer.
Claire Ducros

Plan Alzheimer : l’argent, ce grand oublié

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

«  Un modèle pour le monde.  » A la confé­rence inter­na­tio­nale annuelle de l’Association Alzheimer qui se tenait ces jours-​​ci à Paris, c’est en ces termes que le président de l’association améri­caine a qualifié le plan fran­çais Alzheimer lancé en 2008. Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de reprendre l’expression ce mercredi dans le discours en forme de bilan qu’il a énoncé devant un parterre de cher­cheurs du monde entier.

«  Nous voulons doter la France d’un système complet sur l’ensemble du terri­toire fran­çais pour qu’aucun malade d’Alzheimer ne soit ignoré (…) qu’aucune famille fran­çaise ne soit laissée sans assis­tance et nous voulons qu’aucune piste de recherche ne soit négligée  », le chef de l’Etat rappe­lant ainsi les trois volets du plan 2008 – 2012 : la santé, la recherche et la soli­da­rité. Et s’il s’est féli­cité d’avoir «  dégagé en cette période de crise un budget consi­dé­rable de 1,6 milliard d’euros  », il ne s’est en revanche pas avancé sur son financement.

Sa déci­sion sur la réforme de la dépen­dance était attendue mi-​​juillet, après la remise par le séna­teur UMP de Loire-​​Atlantique André Trillard du rapport sur la préven­tion de la dépen­dance. Rose­lyne Bachelot a déjà rendu sa copie fin juin, avec les recom­man­da­tions des quatre groupes de travail qui plan­chaient sur le finan­ce­ment du dispo­sitif selon l’aspect sociétal, démo­gra­phique, médical et finan­cier. Du tout public au tout privé, plusieurs scéna­rios sont à l’étude. Les 850.000 malades fran­çais d’Alzheimer, leurs familles, les asso­cia­tions de soutien et struc­tures d’aide, tous atten­daient que le chef de l’Etat tranche enfin, car ils sont direc­te­ment concernés puisque 70% des cas de dépen­dance sont causés par Alzheimer.

«  Après 2 ans et demi d’expérimentation, nous sommes main­te­nant en phase de déve­lop­pe­ment. Les 44 mesures du plan sont une bonne chose… Mais pour ce qui est de l’application, sur le terrain, c’est plus compliqué  », commente Marie-​​Odile Desana, prési­dente de France Alzheimer. Son souhait serait que la maladie d’Alzheimer ne se résume pas à «  un énorme problème finan­cier  » même si «  pour les familles le problème est toujours le même : l’argent  ». Le main­tien à domi­cile est la solu­tion dans 70% des cas, mais «  le choix n’est pas toujours libre  » : le place­ment en établis­se­ment coûte cher. Et c’est dans ces cas que l’aidant souffre le plus.

La prési­dente de l’association rappelle ainsi que «  30% des aidants meurent avant le malade  ». «  S’occuper d’une personne atteinte d’Alzheimer c’est 24h sur 24, l’entourage est épuisé  », explique-​​t-​​elle. Il existe des dispo­si­tifs permet­tant de soulager les aidants, mais là encore, ils ne sont pas acces­sibles à tous.

«  Quand on sait que la retraite d’une femme s’élève en moyenne à 850 euros par mois, comment peut-​​on s’offrir les services d’une auxi­liaire de vie, le portage des repas à domi­cile, l’accueil de jour ou l’hébergement tempo­raire pour prendre quelques jours de vacances, dormir, aller chez le coif­feur ?  », inter­roge Marie-​​Odile Desana.

Un article de Média­part (journal numé­rique) faisant le bilan du plan Alzheimer (bilan assez négatif : de bonnes idées mais pas de finan­ce­ment, en sera-​​t-​​il de même pour le futur plan Parkinson)

Pierre LEMAY

Place de l’orthophonie dans la maladie de Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Les signes de la MP sont la consé­quence de l’atteinte du Locus Niger, petite struc­ture du cerveau faisant partie du système extra­py­ra­midal et entrai­nant la dispa­ri­tion des neurones qui fabriquent la dopa­mine. Ce système inter­vient dans le contrôle de tous les mouve­ments auto­ma­tiques : posture, marche, parole, écriture.

Consé­quence sur la commu­ni­ca­tion :
Troubles de la voix, de la parole et du langage souvent accom­pa­gnés par des troubles de l’écriture. Après quelques années d’évolution, une dysar­thrie modérée est constante. Ces troubles sont souvent précoces et appa­raissent avant les troubles de la déglutition.

Signes observés :

  • Dysphonie avec alté­ra­tions de l’intensité vocale, du timbre, de la mélodie, du débit (voix mono­tone, bredouille­ment, inten­sité dimi­nuée, timbre voilé …)
  • Dysar­thrie avec arti­cu­la­tion impré­cise des consonnes. Au niveau de la mâchoire, l’articulation se réduit et la diffé­ren­cia­tion entre voyelles et consonnes se fait mal (démar­rage hési­tant, répé­ti­tion de syllabe, parfois débit de paroles accé­léré, rigi­dité des muscles des lèvres et de la langue avec manque de coor­di­na­tion entre l’émission sonore et l’articulation).
  • Dysphagie avec pertur­ba­tions de la phase buccale, pharyngée, œsopha­gienne. Les troubles de la déglu­ti­tion étant une compli­ca­tion tardive dans l’évolution avec forma­tion diffi­cile du bol alimen­taire et contrac­tion pharyngée insuf­fi­sante avec pour consé­quence une perte d’appétit, des diffi­cultés à avaler les médi­ca­ments. La dysphagie peut empê­cher aussi que la salive soit absorbée auto­ma­ti­que­ment ; celle-​​ci s’accumule et peut provo­quer des « bavages » en cas de mauvaise posture de la tête (tête baissée).
  • Amimie avec dimi­nu­tion de l’expression gestuelle du visage, support habi­tuel de la parole. Les contrac­tions modi­fient l’expression faciale.
  • Troubles cognitivo-​​visuels appa­raissent au décours de la maladie avec troubles de l’attention, de la concen­tra­tion, pertes de mémoire, troubles du raison­ne­ment, limi­ta­tion et lenteur du mouve­ment des yeux et des mouve­ments tête-​​yeux.
  • Akinésie qui est un ralen­tis­se­ment de l’initiation du mouve­ment avec raideur muscu­laire ou au contraire hyper­tonie, trem­ble­ments, et entraine des troubles de l’écriture qui peut être le premier signe de l’installation de la maladie et consti­tuer un motif de consul­ta­tion médi­cale. L’écriture est ralentie ou micro­gra­phique, reste lisible mais peut être perturbée au point que la phrase soit illi­sible. Cela entraîne souvent une modi­fi­ca­tion de la signature.

La perte de l’automatisme doit être remplacée par un mouve­ment volon­taire.
Prise en charge ortho­pho­nique :
Globa­le­ment le but est de renforcer la volonté pour tenter de conserver le plus long­temps les auto­ma­tismes. Après évalua­tion, de la dysphonie, de la dysar­thrie, de la dysphagie, de l’écriture, une réédu­ca­tion s’avère indis­pen­sable. Les trai­te­ments anti­par­kin­so­niens sont effi­caces pour l’amélioration de la motri­cité des membres mais pas effi­caces pour traiter les autres problèmes.
La réédu­ca­tion consistera :

  • parler
  • détente muscu­laire, relaxation
  • travail du souffle abdo­minal et de la respiration
  • travail de la verti­ca­lité, de la posture, du regard,
  • travail des praxies bucco-​​faciales,
  • travail de la déglu­ti­tion afin d’éviter les pneu­mo­pa­thies de déglutition,
  • travail vocal pour augmenter l’étendue de la voix, son expressivité
  • travail de l’articulation de la parole
  • travail du langage en propo­sant une stimu­la­tion de la parole spon­tanée dirigée
  • texture des aliments, adap­ta­tion des apports calo­riques, posture,
  • compor­te­ment graphique : posi­tion du tronc, du membre supé­rieur concerné par l’écriture,
  • parti­ci­pa­tion et infor­ma­tion de l’entourage.

L’orthophoniste informe de la façon de limiter les situa­tions de handicap et de main­tenir au mieux la motri­cité et préserver au maximum l’autonomie. C’est un complé­ment indis­pen­sable à la kiné­si­thé­rapie. Le malade doit devenir co-​​acteur de sa prise en charge.

Asso­cia­tion Soli­da­rités Parkinson 93

Essais cliniques et Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Le déve­lop­pe­ment d’un nouveau médi­ca­ment pour le trai­te­ment d’une maladie humaine est une entre­prise très régulée, néces­si­tant des années de recherche et un impor­tant inves­tis­se­ment en temps, en argent et en moyens humains. Le chemin à parcourir pour passer d’un produit promet­teur jusqu’à l’obtention d’un médi­ca­ment approuvé prend souvent de 10 à 15 ans, et la plupart des produits expé­ri­mentés (plus de 90%) ne vont jamais aussi loin.

La durée de déve­lop­pe­ment du produit peut créer de l’impatience et de la frus­tra­tion chez le patient et sa famille, chez les méde­cins, et les firmes phar­ma­ceu­tiques. Mais chez tous les acteurs concernés, il y a un large assen­ti­ment pour exiger une évalua­tion scien­ti­fique du produit.

Après plusieurs années d’études en labo­ra­toire, puis éventuel­le­ment des essais sur des cobayes animaux, le produit (ce candidat médi­ca­ment !), devra, avant d’être auto­risé à la mise sur le marché (AMM), subir un certain nombre de tests, appelés essais cliniques.

Les essais cliniques :
Les auto­rités gouver­ne­men­tales exigent que tous les médi­ca­ments poten­tiels passent une série de tests avant d’être proposés aux malades. Ces tests comprennent les essais cliniques qui ont pour but d’examiner l’innocuité et l’efficacité d’un médi­ca­ment poten­tiel. Les essais cliniques se déroulent en 3 phases succes­sives, avant l’approbation du médi­ca­ment, ces phases pouvant se super­poser. Géné­ra­le­ment, les phases se déroulent de la façon suivante :

  • Phase I : Ces essais cliniques sont l’occasion de la première appli­ca­tion du produit à des sujets humains, en fait des volon­taires en bonne santé. Ces essais ont pour but de déter­miner l’innocuité, les effets indé­si­rables, la tolé­rance, l’absorption, la distri­bu­tion, le méta­bo­lisme, l’élimination et la pharmacocinétique.
  • Phase II : Ces essais cliniques sont réalisés sur un nombre limité de patients. Ils ont pour but: d’évaluer l’efficacité du médi­ca­ment pour des indi­ca­tions spéci­fiques et ciblées, de déter­miner le dosage toléré et le dosage optimal, d’identifier les effets indé­si­rables possibles et les risques.

Bien qu’il n’y ait pas de défi­ni­tion offi­cielle, on utilise parfois les termes Phase IIa et Phase IIb.

  • La Phase IIa est utilisée pour décrire un essai clinique évaluant l’efficacité, les effets indé­si­rables et les risques sanitaires.
  • La Phase IIb, succé­dant à IIa, elle évalue la tolé­rance au dosage, la fréquence opti­male du dosage, et cela sur un nombre de patients plus impor­tant que dans la phase IIa.

Ces essais de Phase II concernent pour la première fois des patients atteints de la maladie. Ces patients sont répartis de façon aléa­toire (random) en 2 groupes, l’un rece­vant le produit, l’autre un placebo et selon une procé­dure en double aveugle. Les résul­tats des patients des 2 groupes sont comparés à la fin de l’essai.

  • Phase III : Si on trouve que le produit est poten­tiel­le­ment effi­cace et présente une inno­cuité accep­table dans l’essai de Phase II, le programme des essais cliniques sera étendu pour démon­trer l’efficacité, le dosage optimal et l’innocuité du produit et cela sur une popu­la­tion étendue de malades sur des sites dispersés géogra­phi­que­ment. En fait, les essais de Phase III concernent de plusieurs centaines à plusieurs milliers de patients, selon la maladie et l’importance espérée de l’effet du produit.

Par ailleurs, plus l’efficacité du produit est faible, plus le nombre de patients de l’essai III devra être élevé. Comme en Phase II, les patients sont répartis de façon aléa­toire en 2 groupes, selon la procé­dure en double aveugle, pour une compa­raison patients avec produit/​patients avec placebo.

  • Phase IV : Nous cite­rons pour mémoire la Phase IV qui recouvre les essais sur le médi­ca­ment après sa mise sur le marché.

L’autorisation de mise sur le marché (AMM)
L’autorisation de mise sur le marché ou AMM est l’accord donné à un médi­ca­ment pour être commer­cia­lisé. Lorsqu’un labo­ra­toire phar­ma­ceu­tique désire mettre en vente un produit de santé (médi­ca­ment, produit d’analyse, etc.), il doit présenter un dossier auprès de l’autorité compé­tente du pays concerné : l’Agence Fran­çaise de Sécu­rité Sani­taire des Produits de Santé (AFSSAPS) pour la France, la Food and Drug Admi­nis­tra­tion (FDA) aux Etats Unis, l’Agence Euro­péenne des Médi­ca­ments (EMEA) en Europe. Le dossier déposé auprès de l’autorité compé­tente est établi à partir des résul­tats obtenus à l’issue des essais de Phase III.

Cet article a été rédigé à partir des articles cités en biblio­gra­phie, traduits et résumés.
Jean Pierre LAGADEC

Biblio­gra­phie :
 – Site Internet de Santhera Phar­ma­ceu­ti­cals à la rubrique Fipa­me­zole
 – Disco­ve­ring and Deve­lop­ping New Medi­ca­tions, The long and chal­len­ging journey de William T Andrews

Vers un traitement pour la maladie de Parkinson ?

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Les patients atteints de la maladie pour­raient être soignés grâce à des cellules issues de leur peau.
Un article, paru dans le New Scien­tist du 7 juillet 2011, rapporte que Vania Broc­coli de l’Institut Scien­ti­fique San Raffaele à Milan en Italie et ses collègues auraient trouvé un moyen de trans­former des cellules de peau en neurones spécia­lisés pouvant fabri­quer de la dopa­mine. Ce neuro­trans­met­teur situé dans notre cerveau, dont les patients atteints de la maladie de Parkinson en sont défi­cients, est à l’origine de notre mobi­lité. En réta­blis­sant le niveau de produc­tion de la dopa­mine à la normale, la mobi­lité des patients pour­rait nette­ment s’améliorer. Bien que les virus utilisés ne puissent pas perturber l’ADN et causer le cancer, l »équipe précise toute­fois qu’elle a dû d’abord infecter les cellules de la peau pour réaliser les facteurs de transcription.

«  Notre objectif est d’utiliser des cellules de souris en premier, puis les cellules humaines dans des souris  », explique Vania Broc­coli. «  Si cela fonc­tionne, nous allons passer à des modèles de singe de la maladie.  » Son équipe essaie égale­ment d’évaluer quelles méthodes de repro­gram­ma­tion des cellules de peau pour­raient passer par des virus sans aucun risque pour les rece­veurs humains.

Article transmis par Sylvain BIELLE

Plus de clairvoyance pour la recherche causale

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Par le profes­seur Dr. Peter JENNER
Director du Neuro­de­ge­ne­ra­tive diseases Research Centre of School Of Health and Biome­dical Sciences, King’s College, Londres

Tradi­tion­nel­le­ment, la maladie de Parkinson est asso­ciée à la dégé­né­res­cence des neurones dopa­mi­ner­giques dans la substantia nigra et à la perte de dopa­mine stria­tale qui en résulte, facteur déclen­chant des symp­tômes moteurs. Un point de vue qui explique pour­quoi depuis près de quarante ans, la substi­tu­tion de la dopa­mine manquante par l’administration de levo­dopa ou d’agonistes dopa­mi­ner­giques constitue la clé de voûte du trai­te­ment anti­par­kin­so­nien. Un point de vue parfait dont la véra­cité n’est pas contestée, mais qui, comme nous le savons aujourd’hui, est nette­ment insuffisant.

En réalité, la maladie de Parkinson est définie par une multi­tude d’altérations patho­lo­giques – dans le cerveau comme dans les organes péri­phé­riques – et par de nombreuses anoma­lies biochi­miques céré­brales qui résultent des alté­ra­tions patho­lo­giques primaires ou des adap­ta­tions consé­cu­tives à la perte de dopamine.

Tout cela modifie égale­ment l’équilibre de diffé­rents autres systèmes neuro­trans­met­teurs, qui à leur tour contri­buent au déclen­che­ment des symp­tômes moteurs ou non-​​moteurs du Parkinson. S’ajoutent à cela les fluc­tua­tions motrices (phéno­mène de «  wearing-​​off  » et phases «  on/​off  ») et les compli­ca­tions motrices qui accom­pagnent le trai­te­ment médi­ca­men­teux et la progres­sion de la maladie.

La multi­pli­cité des facteurs cités et leur influence contra­dic­toire explique la complexité de la maladie de Parkinson et le nombre de diffi­cultés que doivent surmonter les méde­cins quand ils essaient de contrôler au mieux les diffé­rents aspects du tableau clinique très indi­vi­duel du Parkinson.

Tout incon­vé­nient mani­feste n’en est pas un.
Nombre de ceux qui ont commencé la lecture de cet article ne souhaitent pas pour­suivre au-​​delà de ce point. L’espoir de pouvoir isoler et analyser les rela­tions très complexes décrites précé­dem­ment semble trop faible pour permettre une compré­hen­sion détaillée de la situa­tion. Cepen­dant, si abstrus que cela semble, c’est préci­sé­ment de la complexité du Parkinson que pour­rait découler une nouvelle approche pour le futur trai­te­ment médi­ca­men­teux d’une maladie qui est davan­tage un syndrome tout entier.

Ci-​​après, je souhaite notam­ment déve­lopper la conscience du fait que les processus de La maladie de Parkinson dépassent large­ment une simple baisse du taux de dopa­mine stria­tale et que les trai­te­ments futurs devraient suivre une approche « inté­grale » afin d’obtenir une norma­li­sa­tion globale du déséqui­libre des trans­met­teurs occa­sionné par la maladie de Parkinson.

La patho­logie du Parkinson
Quiconque sort de l’arène dopa­mine pour la première fois découvre rapi­de­ment l’ampleur et la complexité du tableau patho­lo­gique du Parkinson. La perte des neurones n’a pas lieu seule­ment dans le système dopa­mi­ner­gique. Elle concerne égale­ment diffé­rents systèmes mono­ami­ner­giques, parmi lesquels le locus coeru­leus et les noyaux du raphé. Elle conduit à une baisse de la concen­tra­tion en nora­dré­na­line et en séro­to­nine (5-​​HT) (deux substances trans­met­trices comme la dopa­mine) dans diffé­rentes zones du cerveau.

Par ailleurs, les dites projec­tions choli­ner­giques corti­cales dégé­nèrent dans le prosen­cé­phale. Il s’agit d’altérations patho­lo­giques bien docu­men­tées, clai­re­ment iden­ti­fiable en tant que Parkinson par la présence de corps de Lewy. Les carac­té­ris­tiques patho­lo­giques dans les noyaux olfac­tifs, dans le noyau dorsal du nerf vague et du noyau pédon­cu­lo­pontin génèrent des alté­ra­tions de l’innervation dans le tronc céré­bral, le mésen­cé­phale et le prosen­cé­phale par les neuro­trans­met­teurs acétyl­cho­line, gluta­mate et GABA (acide gamma-​​aminobutyrique).

Une telle analyse détaillée des pertes de neurones dans le cerveau montre clai­re­ment qu’en cas de Parkinson, les neurones dispa­raissent dans des régions très diffé­rentes du cerveau – c’est la raison pour laquelle diffé­rents systèmes de trans­mis­sion sont atteint.

Tout ceci indique que la maladie de Parkinson est carac­té­risée par des alté­ra­tions patho­lo­giques complexes qui ne concernent pas unique­ment la dopa­mine, mais bien plusieurs neurotransmetteurs.

Malheu­reu­se­ment, personne ne sait très préci­sé­ment comment tout cela mène aux symp­tômes du Parkinson. Cepen­dant, étant donné que la maladie de Parkinson comporte des symp­tômes moteurs et non-​​moteurs qui réagissent très mal, voire pas du tout à la médi­ca­tion dopa­mi­ner­gique, il est fort possible que ces symp­tômes résis­tants à la thérapie émanent de la perte de neurones non-​​dopaminergiques en dehors des ganglions de la base – et soient donc impu­tables à un déséqui­libre dans un autre système de transmission.

Cette hypo­thèse semble d’autant plus probable que l’on sait aujourd’hui que d’autres neuro­trans­met­teurs – tels que la nora­dré­na­line, la séro­to­nine (5-​​HT) et l’acétylcholine – inter­agissent de manière complexe avec les neurones dopa­mi­ner­giques et jouent par consé­quent, selon toute vrai­sem­blance, un rôle dans les aspects moteurs de la maladie de Parkinson. En outre, le lien entre les carac­té­ris­tiques patho­lo­giques dans les régions non-​​dopaminergiques du cerveau et la progres­sion lente de la maladie, pour­rait être d’une impor­tance capi­tale. A cet égard, nous sommes à présent contraints de penser de manière non conventionnelle.

La maladie se déclare-​​t-​​elle tout à fait ailleurs ?
Jusqu’à présent, la recherche des causes du Parkinson mettait l’accent sur la substance noire et la perte de neurones dopa­mi­ner­giques. Une approche qui pour­rait se révéler fausse. En effet, certaines obser­va­tions indiquent que la maladie n’apparaît ni dans la substance noire, ni dans les ganglions de la base !

Au contraire, on suppose qu’il s’agit plutôt d’une patho­logie systé­mique qui trouve son origine dans les organes péri­phé­riques, chemine via le système nerveux central dans le tronc céré­bral, s’étend dans le cerveau et seule­ment ensuite atteint les neurones dopa­mi­ner­giques de la substance noire avant que les neurones choli­ner­giques qui alimentent le prosen­cé­phale soient détruits.

Certes, ce scénario est contro­versé – mais le concept de maladie progres­sive corres­pond parfai­te­ment bien aux nombreuses alté­ra­tions patho­lo­giques et biochi­miques et au fait que les symp­tômes moteurs n’apparaissent que rela­ti­ve­ment tard dans l’évolution de la maladie et qu’ils sont précédés par toute une série d’aspects non-​​moteurs tels que la consti­pa­tion, la perte d’odorat, les jambes sans repos, les troubles du compor­te­ment dans le sommeil para­doxal, les dépres­sions et les états anxieux.

Alté­ra­tions adap­ta­tives
Pour en revenir à la perte primaire de neurones dopa­mi­ner­giques dans la substance noire, il s’avère que des alté­ra­tions adap­ta­tives dans les processus biochi­miques appa­raissent d’une part dans les réseaux des ganglions de la base, et d’autre part dans les boucles qui commandent les mouve­ments volon­taires via le thalamus, le cortex-​​moteur et en retour vers les ganglions de la base. En d’autres termes : si l’alimentation en dopa­mine des ganglions de la base vis la substance noir est perturbée, l’activité des neurones qui utilisent les autres trans­met­teurs que la dopa­mine (par ex. : l’acétylcholine, le gluta­mate ou le GABA) est obli­ga­toi­re­ment modi­fiée. Et ce parce que les neurones des ganglions de la base sont agencés dans des chaînes alignées ou paral­lèles, qui traitent les infor­ma­tions motrices, senso­rielles ou cogni­tives et permettent les mouve­ments contrôlés par le biais de boucles avant et arrière.

Ou plus simple­ment : en cas de Parkinson, la perte de dopa­mine modifie paral­lè­le­ment l’activité électrique des neurones, au-​​delà de la voie dopa­mi­ner­gique endom­magée ! La libé­ra­tion des neuro­trans­met­teurs qui ache­minent les signaux entre les neurones succes­sifs de la chaîne est égale­ment trans­formée. Ainsi, la perte de dopa­mine dans les ganglions de la base génère égale­ment des modi­fi­ca­tions dans la trans­mis­sion du signal par l’acétylcholine, le gluta­mate et le GABA. Cela explique pour­quoi des médi­ca­ments, tel l’Amantadine, anta­go­niste des récep­teurs NMDA, et le benz­hexol, anta­go­niste de la musca­rine, qui agissent sur d’autres systèmes de trans­mis­sion que le système dopa­mi­ner­gique, peuvent influencer les symp­tômes du Parkinson. L’action posi­tive d’une palli­do­tomie et de la stimu­la­tion céré­brale profonde s’explique.

Que signifie tout cela ?
La substi­tu­tion tradi­tion­nelle de la dopa­mine par la L-​​dopa permet sans aucun doute une amélio­ra­tion dras­tique des symp­tômes moteurs du Parkinson et, dans une certaine mesure, des problèmes non-​​moteurs tels que les troubles du sommeil, les alté­ra­tions de la percep­tion senso­rielle et les dépressions.

De grands défis doivent encore être relevés lors du trai­te­ment de toute la gamme des compo­santes patho­lo­giques motrices (marche, équilibre) et – notam­ment – de nombreux aspects non-​​moteurs (capa­cités cogni­tives, langage, compor­te­ment obses­sion­nels, douleurs), et des compli­ca­tions motrices connues (dyski­né­sies, free­zing) et des fluc­tua­tions. Pour un meilleur contrôle théra­peu­tique, nous devons toute­fois regarder et penser plus loin et créer de nouvelles condi­tions dans lesquelles les alté­ra­tions neuro­nales à la fois dopa­mi­ner­giques et non-​​dopaminergiques peuvent être abor­dées – et ce à l’intérieur comme à l’extérieur des ganglions de la base. En matière de trai­te­ment médi­ca­men­teux, nous devons donc adopter une approche inté­gra­tive, globale.

Il est éventuel­le­ment envi­sa­geable de cibler indi­vi­duel­le­ment les systèmes non-​​dopaminergiques, dont on sait qu’ils sont touchés par la maladie de Parkinson. Des tenta­tives sont déjà conduites actuel­le­ment, avec des médi­ca­ments qui agissent sur les récep­teurs de la séro­to­nine (sari­zotan), de la nora­dré­na­line (fipa­me­zole) et de l’adénosine (istra­dé­fyl­line, prela­de­nant). Cepen­dant, à ce jour ces substances ne consti­tuent qu’un complé­ment au trai­te­ment dopa­mi­ner­gique. Les patients doivent donc prendre encore plus de pilules et ces dernières n’apportent jusqu’à présent que peu de progrès.

A la recherche de « la » super­pi­lule
Le plus grand espoir repo­se­rait sur les médi­ca­ments multi­fonc­tion­nels, qui combinent plusieurs effets phar­ma­co­lo­giques, remplacent la dopa­mine tout en stabi­li­sant et en norma­li­sant les anoma­lies des trans­met­teurs sur lesquelles reposent de nombreux symp­tômes de la maladie de Parkinson.

Toute­fois, compte tenu de la complexité des liens de causa­lité, il est plus diffi­cile de savoir comment une telle action inté­grale doit être visée. La trans­mis­sion de l’activité électrique des neurones pour­rait être une possi­bi­lité. Elle est définie par le travail des dits canaux ioniques, qui régulent le flux du calcium, du potas­sium et du sodium vers les neurones et en dehors des neurones. Ce méca­nisme général, qui est valable pour de nombreux types de neurones diffé­rents, pour­rait offrir la future géné­ra­tion de molé­cule pour le trai­te­ment de Parkinson.

Des expé­riences prouvent le poten­tiel de tels concepts futu­ristes. Elles démontrent que les modi­fi­ca­tions de l’activité des canaux sodiques dans le sous-​​thalamus peuvent provo­quer des amélio­ra­tions des compo­santes cliniques de Parkinson qui ne peuvent aujourd’hui être contrô­lées que par des inter­ven­tions chirur­gi­cales. Une autre appli­ca­tion pour­rait toute­fois en résulter : une norma­li­sa­tion de la fonc­tion neuro­nale dans l’ensemble du cerveau.

Malheu­reu­se­ment de tels médi­ca­ments restent jusqu’à présent un pur concept – et sont loin d’être dispo­nibles. Il ne fait toute­fois aucun doute que consi­dérer le cerveau dans sa globa­lité fait davan­tage avancer la recherche que de se concen­trer sur le seul système dopa­mi­ner­gique. Le Parkinson est beau­coup trop complexe pour cela.

Source : EPDA Plus, n°14 2010

Dans la revue Parkinson Suisse N°102 de juillet 2011

Lu par Jean GRAVELEAU

La Recherche : un long parcours…

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

C’est fin 1999 que la recherche sur la Xéno­trans­plan­ta­tion a débuté, à l’INSERM de Nantes sous la direc­tion de Philippe BRACHET. CECAP RECHERCHE avait alors subven­tionné le jeune cher­cheur Benoît MELCHIOR.

Depuis plus de 10 ans main­te­nant… Cela prouve que le chemin est long et parsemé d’embûches pour arriver à un résultat satis­fai­sant pour les malades ? Que de para­mètres à véri­fier, de stra­té­gies à confirmer…

Première étape de cette recherche : la créa­tion d’un porc trans­gé­nique
Philippe BRACHET écrivait dans le Parkin­so­nien Indé­pen­dant N° 24 de mars 2006 :
Près de 5 ans ont été néces­saires pour obtenir deux animaux trans­gé­niques, après 2.286 injec­tions d’œufs ensuite réim­plantés dans des truies, qui ont abouti à la nais­sance de 151 porce­lets seule­ment, dont 2 présen­taient les propriétés recherchées.

Tout cela pour dire que la Recherche est toujours un grand espoir mais qu’il faut s’armer de patience pour en constater un résultat défi­nitif et probant.

Donc PATIENCE, ne nous embal­lons pas aveu­glé­ment sur des annonces allé­chantes que l’on croi­rait défi­ni­tives pour notre bien. Wait and see (attendre et voir) disent les Anglais.
Lire dans ce numéro l’article très inté­res­sant :  « Plus de clair­voyance pour la recherche causale »

Jacque­line GEFARD

Xénotransplantation : les anticorps contre-​​attaquent !

La maladie de Parkinson est une maladie progres­sive carac­té­risée par la dégé­né­res­cence bila­té­rale des neurones dopa­mi­ner­giques de la substance noire. La destruc­tion des neurones dopa­mi­ner­giques de la substance noire se proje­tant dans le striatum a pour consé­quence une dimi­nu­tion de la sécré­tion de dopa­mine au niveau de cette struc­ture. Ce déficit en dopa­mine est à l’origine des prin­ci­paux troubles carac­té­ris­tiques de la maladie de Parkinson.

Actuel­le­ment, il n’existe pas de trai­te­ment curatif de la maladie, mais diffé­rents trai­te­ments symp­to­ma­tiques sont utilisés. L’administration par voie orale de L-​​DOPA (lévo­dopa), précur­seur de la dopa­mine capable de traverser la barrière héma­toen­cé­pha­lique, est l’un des plus couram­ment pres­crits. Un incon­vé­nient majeur de la prise de L-​​DOPA est l’apparition, au bout de quelques années, de dyski­né­sies (mouve­ments anor­maux) qui aggravent forte­ment le handicap du malade. Plus récem­ment, une stra­tégie basée sur la stimu­la­tion électrique du noyau subtha­la­mique, entre autre, a été déve­loppée. Son effi­ca­cité sur les troubles moteurs est assez spec­ta­cu­laire, dans la plupart des cas, mais les risques chirur­gi­caux et les critères d’inclusion en font une opéra­tion acces­sible à un très faible nombre de patients. De plus, de nombreux symp­tômes ne sont pas corrigés par ces théra­pies.
Aussi, il appa­raît impor­tant de pour­suivre les recherches sur les stra­té­gies restau­ra­trices, notam­ment la greffe intra­cé­ré­brale de neuroblastes.

Des neuro­blastes mésen­cé­pha­liques issus d’embryons humains (8 à 9 semaines) et trans­plantés dans le striatum de patients parkin­so­niens ont conduit à des amélio­ra­tions cliniques basées notam­ment sur la produc­tion de dopa­mine par les neurones greffés. Cepen­dant, le recours à des embryons d’origine humaine pose des problèmes éthiques et logis­tiques, notam­ment dus au fait que 7 à 8 embryons sont néces­saires pour réaliser ces greffes. D’où l’intérêt d’utiliser des neuro­blastes d’origine animale et en parti­cu­lier porcine. En effet, le porc présente de nombreux avan­tages pour la xéno­trans­plan­ta­tion : un grand nombre d’embryons à chaque portée, une faci­lité d’élevage, la possi­bi­lité de contrôler la repro­duc­tion des animaux et de pouvoir prati­quer des mani­pu­la­tions géné­tiques. De plus, son cerveau étant de grande taille, les neurones porcins ont la capa­cité d’émettre des neurites sur de longues distances comme chez l’Homme. Une survie des cellules gref­fées, une réin­ner­va­tion du striatum ainsi qu’une récu­pé­ra­tion des fonc­tions motrices ont été obser­vées lors d’essais cliniques menés chez certains patients parkin­so­niens traités par des immu­no­sup­pres­seurs (molé­cules permet­tant de limiter l’activité du système immu­ni­taire). Mais le problème rencontré reste le rejet de ces greffes.

En effet, en l’absence d’immunosuppresseur comme la cyclo­spo­rine A, les greffes de neuro­blastes porcins dans le striatum de rat sont reje­tées au bout de 7 – 8 semaines. Les trai­te­ments par des immu­no­sup­pres­seurs prolongent la survie de la greffe, mais de manière tran­si­toire, de plus, utilisés à fortes doses, ceux-​​ci entraînent des effets secon­daires, notam­ment une toxi­cité rénale. Il est donc impor­tant de comprendre et d’étudier les méca­nismes en cause dans le rejet pour envi­sager une survie à long terme de la greffe.

Diverses études ont mis en évidence un rôle impor­tant de la réponse immu­ni­taire cellu­laire dans le rejet. L’analyse de xéno­greffes chez le rat a révélé un recru­te­ment précoce des cellules dendri­tiques Ces cellules, connues pour leur rôle dans la présen­ta­tion des anti­gènes, pour­raient favo­riser le recru­te­ment de lympho­cytes T dans le cerveau. En effet, en l’absence d’immunosuppresseur, on observe vers 7 à 8 semaines, une forte infil­tra­tion de la greffe par des lympho­cytes T et des cellules dendri­tiques. Cette réac­tion immune est accom­pa­gnée d’une acti­va­tion des cellules micro­gliales. Elle a pour consé­quence le rejet de la greffe.

Outre la réponse cellu­laire, il a été observé un dépôt d’anticorps et de complé­ment au niveau du greffon. Cette obser­va­tion suggère une réponse humo­rale, carac­té­risée par la produc­tion d’anticorps dirigés contre la greffe, qui, à ce jour, a été très peu étudiée.

Nos travaux au sein de l’INSERM U643 ont pour but d’étudier la réponse humo­rale lors de xéno­greffes. Pour cela, nous nous inté­res­sons à l’analyse de la produc­tion d’anticorps dans le sérum de rats greffés avec des neuro­blastes porcins.

Les anti­corps produits suite à la greffe vont venir se fixer sur les cellules porcines du greffon et le détruire. Nous avons pu mettre en évidence que la produc­tion d’anticorps augmen­tait en fonc­tion du délai post greffe et du statut de la greffe. En parti­cu­lier, une forte concen­tra­tion d’anticorps est observée dans le sérum de rats pour qui la greffe est rejetée.

Evolu­tion de la produc­tion d’anticorps au cours des diffé­rents stades du rejet.

De plus, ces anti­corps ont la capa­cité de cibler diffé­rentes popu­la­tions cellu­laires tels que les neurones et les astro­cytes. Nous essayons main­te­nant de déter­miner dans quelle mesure cette réponse humo­rale est impor­tante dans le phéno­mène du rejet par le suivi de la survie de la greffe chez des rats ne possé­dant plus d’anticorps. En effet, il est impor­tant de pouvoir visua­liser quelle est la balance dans le rejet entre les réponses immu­ni­taires cellu­laire et humo­rale. Ces données nous permet­tront de mieux comprendre le rejet dans le but final de déve­lopper des stra­té­gies immu­no­sup­pres­sives locales pouvant inter­venir sur les deux types de réponse immu­ni­taire afin de permettre une survie de la greffe à plus long terme.

Je tenais à remer­cier tous les membres de l’association CECAP pour leur soutien dans la réali­sa­tion de ce travail.

Elodie MATHIEUX  – INSERM 643 Nantes

Les pesticides à nouveau mis en cause

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Parmi les publi­ca­tions de ces dernières années, diverses études montraient qu’une expo­si­tion prolongée aux pesti­cides entraî­nait un risque accru de Parkinson. A ce propos, des cher­cheurs améri­cains ont, pour la première fois, analysé les liens de cause à effet. Il semble­rait que la substance active roté­none bloque le déve­lop­pe­ment des mito­chon­dries et empêche la produc­tion d’énergie cellu­laire. Le para­quat, quant à lui, inten­sifie la forma­tion de dérivés de l’oxygène qui endom­magent les struc­tures cellu­laires. D’après les auteurs de l’étude, les personnes qui ont été expo­sées aux pesti­cides précités courent un risque 2.5 fois plus grand d’être touché par la maladie que les autres.
Source : National Institut of Health

Articles lus dans le Parkinson suisse n°102 de juillet 2011 par Jean GRAVELEAU

Risque de démence et Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Le Parkinson est souvent associé à des problèmes neuro­psy­cho­lo­giques et neuro­psy­chia­triques dont la préva­lence augmente avec l’âge. C’est ce qu’à rapporté le Profes­seur Heinz Reich­mann, de Dresde, lors du congrès Parkinson 2011 à Kiel. Il a fait réfé­rence à une étude réalisée sur 1 300 patients âgés de 66 à 75 ans, dont 38% souf­fraient de démence, 35% de dépres­sion et 18% de psychose. Seul un tiers des patients n’étaient atteints d’aucun trouble. D’autres études confirment que le risque de démence est multi­plié par six pour les patients parkin­so­niens. M. Reich­mann explique que 25% des patients déve­loppent une démence huit ans après le diag­nostic, 50% douze ans après et plus des deux tiers seize ans après – celle-​​ci se mani­fes­tant aux envi­rons de la 70ème année, indé­pen­dam­ment de la durée de la maladie. Une étude de 2005 donne les mêmes résul­tats : au bout de quinze années, environ un tiers des 149 patients parti­ci­pants vivait encore. 50% souf­fraient d’une démence, l’autre moitié de dépres­sions et d’hallucinations.

Article lu dans le Parkinson suisse n°102 de juillet 2011 par Jean GRAVELEAU

Les résultats encourageants d’une thérapie génique

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

De nouveaux espoirs pour les parkin­so­niens dont les symp­tômes ne réagissent pas aux trai­te­ments médi­ca­men­teux tradi­tion­nels : à l’avenir, une thérapie génique pour­rait permettre de limiter les troubles moteurs.

Les neuro­logues de l’équipe du profes­seur Peter A. LeWitt de Bloom­feld (Etats-​​Unis) ont franchi une étape supplé­men­taire dans le déve­lop­pe­ment d’une thérapie génique pour traiter les symp­tômes moteurs du Parkinson résis­tants au traitement.

Dans le cadre d’une étude en double aveugle contrôlée contre placebo, ils ont intro­duit un gène de l’enzyme glutamate-​​décarboxylase (DAB) dans le cerveau de 22 patients. Des expé­ri­men­ta­tions sur des animaux ont déjà prouvé que ce gène pouvait inten­si­fier l’activité du neuro­trans­met­teur GABA (acide gamma-​​aminobutyrique) dans le noyau sous thala­mique, qui parti­cipe au contrôle de la motri­cité dans le cerveau. Le groupe témoin était composé de 23 patients parkin­so­niens. Ils ont égale­ment subi toutes les inter­ven­tions chirur­gi­cales, mais une injec­tion de sérum rempla­çait celle du gène. L’âge des parti­ci­pants allait de 30 à 75 ans. Tous souf­fraient du Parkinson depuis au moins 5 ans.

Résul­tats d’une première étude
Les résul­tats de l’étude, publiés au mois de mars 2011 dans l’édition en ligne du maga­zine spécia­lisé The Lancet Neuro­logy, sont encou­ra­geants : chez les patients traités par le gène, les fonc­tions motrices d’après l’échelle UPDRS (United Parkison’s Disease Rating Scale) se sont amélio­rées de 23% en l’espace de six mois, contre 12.7% chez les patients du groupe témoin. Les symp­tômes ne se sont aggravés chez aucun des patients traités – contrai­re­ment à quatre patients du groupe témoin.

Cette étude confirme ainsi dans une large mesure les résul­tats d’une étude réalisée en 2007 sur cette thérapie génique. A l’époque, il n’y avait pas de groupe témoin et les scep­tiques avaient crié à l’effet placebo.
Bien que tous les patients ne se soient plaints que de légers effets secon­daires tels que des cépha­lées et de la nausée, d’autres cher­cheurs, tels que Michael Hutchinson de la New York Univer­sity School of Medi­cine, modèrent les espoirs et évoquent la possi­bi­lité d’une réponse néga­tive. «  Personne ne sait combien de temps les effets durent. Par ailleurs, un virus adéno-​​associé inof­fensif a été utilisé comme vecteur géné­tique pour inté­grer le gène. Toute­fois, personne ne peut dire quelles séquelles à long terme il peut avoir  », explique-​​t-​​il. Dans un commen­taire sur l’étude publié dans The Lancet Neuro­logy, M. Hutchinson écrit que les résul­tats de l’amélioration des symp­tômes par la stimu­la­tion céré­brale profonde (stimu­la­teur neuro­lo­gique), qui a égale­ment lieu dans le noyau sous-​​thalamique, sont jusqu’à deux fois meilleurs que ceux que permet la thérapie génique.
Source : www.thelancet.com

Éditorial

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°46  –  octobre 2011

Nous avons été un peu en manque de textes et j’ai du puiser dans la produc­tion de l’association suisse qui réalise une excel­lente revue toujours bien informée. Qu’elle en soit ici remerciée.

Il m’a semblé fort perti­nent de vous soumettre un texte du docteur Peter JENNER direc­teur d’une insti­tu­tion de Londres. Il souligne tout l’intérêt qu’il y aurait à ouvrir les recherches dans une direc­tion plus large qu’actuellement : car se fixer comme objectif le seul phéno­mène de la perte de neurones dopa­mi­ner­giques et les effets liés à la baisse de dopa­mine dans le cerveau, fait l’impasse sur de nombreux phéno­mènes complé­men­taires qui s’avèrent, à la longue, inva­li­dants. Cela ne veut pas dire aban­donner les recherches en cours bien au contraire mais tenter de trouver des réponses multi­fonc­tion­nelles aux diffé­rentes gênes qui perturbent notre vie quotidienne.

Ce n’est pas pour demain que l’on trou­vera ce remède « miracle » multi­fonc­tionnel mais cela semble crédible de se donner les moyens d’une recherche plus ouverte sur les causes diverses qui touchent d’autres anoma­lies biochi­miques provo­quant des symp­tômes divers. Telle est la thèse de ce direc­teur d’un service de recherche.

La situa­tion écono­mique actuelle ne nous incite pas parti­cu­liè­re­ment à l’optimisme. J’en veux pour preuve la circu­laire que nous vous invi­tons à lire sur les rembour­se­ments des frais de trans­port en cas de longue maladie. Ce n’est qu’un début, j’en ai peur; d’autres mesures vont sûre­ment appa­raître liées à la néces­sité de faire des écono­mies ! Il est sans doute néces­saire de tout faire pour tenter de retrouver les équilibres indis­pen­sables à la survie de notre système de santé. Mais ne va-​​t-​​on pas vers une Sécu­rité Sociale à plusieurs vitesses l’une réservée à ceux qui ont les moyens de se soigner et l’autre un minimum vital tout juste correct pour les plus pauvres ? Soyons vigilants !

Et je ne crois pas que le « Plan Parkinson » annoncé à grands bruits média­tiques va permettre de rebondir. En effet, si l’on compare avec les résul­tats de la « grande cause natio­nale » (dixit le Président) de lutte contre la maladie d’Alzheimer, il s’avère que les très bonnes inten­tions expri­mées par les parte­naires, se heurtent au mur de moyens finan­ciers inexis­tants ! Là aussi, soyons très vigi­lants et demeu­rons atten­tifs à tout ce qui va se dire et, surtout, se faire en la matière d’autant plus que nous allons entrer dans une période de « promesses électo­rales » diverses !

Nous saurons, avec nos asso­cia­tions prendre les moyens de réagir en temps et en heure; c’est là tout l’intérêt d’être regroupé : à plusieurs nous sommes plus forts que seul dans son coin !

Jean GRAVELEAU graveleau.jean2@orange.fr

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