Ne pas être qu'un "patient" ...

[vu sur le net] Deux pesticides augmentent le risque de Parkinson

Article trouvé sur le site du Figaro.

Des cher­cheurs améri­cains des Insti­tuts natio­naux de la santé (NIH) viennent de publier une étude dans la revue Envi­ron­men­tal Health Pers­pec­tives montrant que les personnes expo­sées au cours de leur vie à la roté­none ou au para­quat, deux pesti­cides, ont plus de risques que les autres de déve­lop­per un jour la mala­die de Parkin­son, une affec­tion neuro­dé­gé­né­ra­tive. Or si le para­quat est un herbi­cide synthé­tique dont la dange­ro­sité, notam­ment pour l’homme, est connue depuis des lustres, la roté­none est un insec­ti­cide « natu­rel ». Extraite de diffé­rentes plantes tropi­cales, comme le roten (Para­der­ris ellip­tica), elle est utili­sée depuis des décen­nies en agri­cul­ture biolo­gique… De quoi contre­dire la distinc­tion abusive souvent entre­te­nue dans l’esprit du public entre substances natu­relles, présen­tées comme étant forcé­ment « bonnes » ou inof­fen­sives pour la santé, et produits chimiques, mauvais par défi­ni­tion.

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Orthophonie et maladie de Parkinson

Ceci est le texte de la confé­rence orga­ni­sée par le GP29

La prise en charge ortho­pho­nique des patients parkin­so­niens concerne quatre domaines : les troubles de la parole (dysar­thrie), de la déglu­ti­tion (dyspha­gie), de l’écriture (micro­gra­phie) et les troubles cogni­tifs (atten­tion, fonc­tions exécu­tives : orga­ni­sa­tion, plani­fi­ca­tion).

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Un nouveau défi contre le Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°50 – septembre 2012 

Présen­tée au XIIe congrès natio­nal, la Foot Mecha­ni­cal Stimu­la­tion (stimu­la­tion méca­nique du pied)

« Rele­ver le défi et reprendre le cours de la vie », ceci est le sujet prin­ci­pal du XIIe congrès natio­nal de Parkin­son Italie qui vient de se termi­ner à Verba­nia. Un moment de rencontre et d’échanges d’expériences. Les Italiens qui souffrent de Parkin­son sont plus de 200 000 (et 12 000 nouveaux malades chaque année). Dans le monde ils sont 4,1 millions, ils attein­dront 8,7 millions d’ici 2030. C’est une étude appa­rue dans Neuro­logy qui le signale. L’alerte est donnée et inquiète les experts de l’OMS.

Pour faire connaître le drame de cette patho­lo­gie, une course sans compé­ti­tion a été orga­ni­sée dans 90 villes de diffé­rents pays, en Italie 36 asso­cia­tions de volon­taires se sont acti­vées.

De ce congrès arrive une bonne nouvelle pour les parkin­so­niens : la Foot Mecha­ni­cal Stimu­la­tion (FMS) ou stimu­la­tion méca­nique plan­taire (www.terapiaFMS.com). Un trai­te­ment inno­vant de réha­bi­li­ta­tion qui se base sur une stimu­la­tion méca­nique de la super­fi­cie de la plante des pieds. Un cycle de stimu­la­tion (durée 2 minutes) permet, pour les patients choi­sis, d’obtenir tout de suite des béné­fices moteurs : amélio­ra­tion de la rapi­dité du mouve­ment, de l’équilibre et de la posture. L’effet peut durer une semaine. Cette théra­pie est en cours d’expérimentation dans de nombreux centres : à l’Association de recherche sur les neuros­ciences à Milan; au Labo­ra­toire Sincopi, UOC de méde­cine géné­rale, à l’hôpital Bolo­gnini, à l’université de Milan, etc. (voir article origi­nal).

Les résul­tats de ces recherches, présen­tés au congrès, ont permis d’enregistrer des amélio­ra­tions inté­res­santes chez les patients qui ont parti­cipé au proto­cole.

En parti­cu­lier, la FMS permet d’améliorer la vitesse de déam­bu­la­tion et la longueur des pas, au béné­fice de l’équilibre et de la posture. La stimu­la­tion permet aussi de réduire, chez la majeure partie des patients, la lenteur des mouve­ments et aussi les épisodes de trem­ble­ments des pieds dans le dépla­ce­ment, les blocages moteurs tempo­raires.

On enre­gistre égale­ment des béné­fices 24 heures après la stimu­la­tion chez certains patients égale­ment après 5 jours. L’expérience a aussi détecté quelques para­mètres cardio­vas­cu­laires parmi lesquels la pres­sion arté­rielle et l’activité respi­ra­toire. Même dans ce cas, la FMS, qui a été bien tolé­rée par tous les patients et où n’a été observé aucun effet colla­té­ral déce­lable, semble modi­fier posi­ti­ve­ment le contrôle neuro-​végétatif cardio­vas­cu­laire en augmen­tant la réac­ti­vité du cœur aux stimuli externes.

« Les faits présen­tés par les cher­cheurs – a souli­gné Giovanni Albani, neuro­logue à l’Institut Auxo­lo­gico italien, membre du secré­ta­riat scien­ti­fique du congrès et du Comité scien­ti­fique de l’Association Parkin­son Italie – ouvrent de nouvelles pers­pec­tives aux patients parkin­so­niens et à leurs méca­nismes de récu­pé­ra­tion moteur. »

La stimu­la­tion méca­nique plan­taire intègre les théra­pies phar­ma­ceu­tiques que le patient suit sous la surveillance de son neuro­logue soignant et n’influe pas sur les dispo­si­tifs médi­caux actifs tels les pace­ma­kers ou les stimu­la­teurs DBS.

De meilleures capa­ci­tés de mouve­ment permettent aux patients, qui répondent posi­ti­ve­ment aux soins, d’être plus auto­nomes et d’améliorer leur tonus muscu­laire et leurs condi­tions géné­rales. Un instru­ment en plus pour rele­ver le défi contre la mala­die de Parkin­son.

« Un défi qui va se rele­ver. Il faut aller à l’encontre de la mala­die en étant conscient que la science marche à nos côtés et progresse de façon inexo­rable », affirme Lucilla Bossi, prési­dente de la Confé­dé­ra­tion parkin­son Italia Onlus, l’organisation qui réunit 24 asso­cia­tions de volon­taires locaux, qui sont enga­gées dans toute l’Italie, dans l’aide aux patients et à leur famille.

Ouest-​France du 06/​06/​2012
Test d’un vaccin contre la mala­die de Parkin­son
La société de biotech­no­lo­gie Affi­ris vient de lancer, en Autriche, le premier test d’un vaccin théra­peu­tique contre la mala­die de Parkin­son. Appelé PD01A, il s’attaque à une protéine, l’alpha-synucléine, qui joue un rôle impor­tant dans le déve­lop­pe­ment de la mala­die. Trente-​deux patients vont être trai­tés durant douze mois. Cette étude a reçu le soutien finan­cier de l’acteur améri­cain Michael J. Fox (Retour vers le futur), lui-​même atteint de la mala­die.

Trans­mis par Thérèse et Jean-​Claude Moraines APIV.

Constipation, symptôme récurent de la maladie de Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°50 – septembre 2012 

Peu ou pas du tout évoquée, la consti­pa­tion est un symp­tôme quasi systé­ma­tique de la mala­die de Parkin­son. Un rapide sondage auprès de chacun, nous met très rapi­de­ment en contact avec cette diffi­culté désa­gréable et gênante.

Sans doute, sommes nous gênés pour en parler. La défé­ca­tion n’est pas un thème que l’on aborde en public ni même en privé : c’est trop intime; et pour­tant, il faut bien en parler comme quelque chose d’important pour notre bien-​être.

Pour ma part, j’ai cher­ché à résoudre cette diffi­culté de manière natu­relle par un régime alimen­taire à base de légumes, de fibres et même de cures de pruneaux ! Les selles sont plus régu­lières et molles mais cela n’empêche pas la forma­tion systé­ma­tique d’une sorte de bouchon très dur qui ne s’évacue qu’avec d’énormes efforts qui provoquent des hémor­roïdes et même un début d’hernie ingui­nale.

J’ai essayé plusieurs trai­te­ments de la consti­pa­tion, tel que « Micro­lax® ». Malheu­reu­se­ment, l’utilisation prolon­gée de ce type de laxa­tif est décon­seillé car il irrite les intes­tins et l’anus. J’ai enfin été conseillé par mon neuro­logue qui m’a pres­crit « Educ­tyl® ».

Il s’agit d’un suppo­si­toire à base de glycé­rine que l’on peut utili­ser régu­liè­re­ment, ce que je fais chaque jour. Son intro­duc­tion est faci­li­tée par une forme parti­cu­lière : il faut donc respec­ter le sens de l’introduction comme expli­qué dans la notice. Il faut savoir qu’une fois intro­duit, il ne se passe pas plus de dix minutes avant d’aller à la selle.

Le suppo­si­toire enrobe et dissout en partie le bouchon formé à l’avant des selles et permet de l’évacuer sans grosses diffi­cul­tés, le reste des selles s’évacuant norma­le­ment suivant le régime alimen­taire que l’on a ingur­gité.

Cette régu­la­rité est un confort impor­tant pour le mieux-​être : nous nous sentons si encom­brés dans le cas contraire ! C’est pour­quoi je me suis permis de donner ma « recette » pour résoudre cette diffi­culté très triviale mais ô combien gênante. 

Jean Grave­leau

Le punding

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°50 – septembre 2012 

Parmi les TCI (troubles du contrôle des impul­sions) favo­ri­sés par les trai­te­ments dopa­mi­ner­giques, on note habi­tuel­le­ment : le jeu patho­lo­gique, les achats patho­lo­giques, l’hypersexualité, les troubles du compor­te­ment alimen­taire (bouli­mie nocturne ou grigno­tage fréquent de sucre­ries) et l’addiction à la lévo­dopa (syndrome de déré­gu­la­tion dopa­mi­ner­gique). D’autres troubles ont été décrits, tels que des « errances » parfois loin du domi­cile, sans but iden­ti­fié ou le déve­lop­pe­ment d’une klep­to­ma­nie mais aussi le punding. Voici ce qu’en dit le Dr Virgi­nie CZERNECKI. 

Le punding se défi­nit comme un compor­te­ment stéréo­typé complexe, répété, non dirigé vers un but et s’inscrivant dans la durée. Il se carac­té­rise par une intense fasci­na­tion ou une atti­rance irré­sis­tible vers des objets communs, tout à fait banals, qui sont sans cesse mani­pu­lés, exami­nés, collec­tion­nés, triés, rangés… Le terme punding est dérivé de l’argot suédois et signi­fie litté­ra­le­ment « tête bloquée », en réfé­rence au fait que malgré l’inutilité de leur acti­vité, ces patients persistent à l’accomplir. Ce compor­te­ment élaboré est souvent lié à une acti­vité de plai­sir idio­syn­cra­sique préexis­tante.
[Idio­syn­cra­sie : manière d’être parti­cu­lière à chaque indi­vidu, qui l’amène à avoir des réac­tions, des compor­te­ments qui lui sont propres. Par exemple, dans le cas de punding, on parle de plai­sir idio­syn­cra­sique.]

Ces compor­te­ments répé­tés, dénués de sens, inutiles voire nuisibles et néan­moins irré­pres­sibles, présentent des simi­li­tudes phéno­mé­no­lo­giques fortes avec des troubles obses­sion­nels compul­sifs (TOC). Or, la défi­ni­tion clas­sique des TOC consiste en la présence d’évènements cogni­tifs intru­sifs (obses­sions), qui engendre un compor­te­ment répé­ti­tif inten­tion­nel (compul­sions), dans le but de neutra­li­ser à la fois la pensée obsé­dante et l’anxiété asso­ciée à cette pensée. Ainsi, l’absence de pensées obses­sion­nelles et d’anxiété accom­pa­gnant le compor­te­ment de punding consti­tue un élément clé du diag­nos­tic avec les TOC. En outre, l’inefficacité des anti­dé­pres­seurs sur ces compor­te­ments consti­tue égale­ment un indice en faveur du diag­nos­tic de punding. 

Ces compor­te­ments surviennent géné­ra­le­ment lors d’une augmen­ta­tion de la poso­lo­gie des trai­te­ments anti­par­kin­so­niens. Les comor­bi­di­tés fréquentes sont des insom­nies, des dyski­né­sies, une hyper­sexua­lité ou une addic­tion à la lévo­dopa, sans doute liées à un dysfonc­tion­ne­ment des systèmes de la récom­pense. D’autres compor­te­ments de compul­sion et de répé­ti­tion peuvent surve­nir dans le contexte d’une augmen­ta­tion de la phar­ma­co­thé­ra­pie dopa­mi­ner­gique, vrai­sem­bla­ble­ment par une surs­ti­mu­la­tion des récep­teurs dopa­mi­ner­giques dans les circuits méso­lim­biques asso­ciés aux noyaux accum­bens, condui­sant à des compor­te­ments de recherche de nouveauté et de récom­pense. Le méca­nisme physio­lo­gique serait proche de celui des dyski­né­sies dopa-​induites, mais concer­ne­rait davan­tage les parties cogni­tives ou limbiques du stria­tum que le terri­toire moteur. 

Le punding est un trouble compor­te­men­tal sous-​évalué dans la popu­la­tion parkin­so­nienne et son reten­tis­se­ment sur la vie sociale peut être désas­treux. La préva­lence s’élèverait jusqu’à 14%. Le neuro­logue doit être vigi­lant, lorsqu’un patient parkin­so­nien, dyski­né­tique, utilise de fortes doses de trai­te­ment dopa­mi­ner­gique ou réclame des doses supplé­men­taires et se plaint de troubles du sommeil ou d’une hyper­ac­ti­vité nocturne. Il est impor­tant de signa­ler au patient le lien entre une consom­ma­tion impor­tante d’un trai­te­ment dopa­mi­ner­gique et la surve­nue de ces troubles, de dimi­nuer la pres­crip­tion dopa­mi­ner­gique sans pres­crire d’antidépresseurs et de trai­ter les troubles du sommeil.

V. Czer­ne­cki, INSERM U610, neuro-​anatomie fonc­tion­nelle du compor­te­ment et de ses troubles, pavillon Claude-​Bernard, hôpi­tal de la Pitié-​Salpêtrière, Paris.
La Lettre du Neuro­logue – avril 2005
Lu par Guy Seguin guymaick@wanadoo.fr

Exploration des liens entre maladie de Parkinson et addictions comportementales, par l’exemple de jeu pathologique

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°50 – septembre 2012 

Par Marie Grall-​Bronnec, CHU Nantes

La mala­die de Parkin­son (MP), mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive la plus fréquente après la mala­die d’Alzheimer, entre­tient des liens étroits et complexes avec le jeu patho­lo­gique. La préva­lence du jeu patho­lo­gique chez les patients parkin­so­niens trai­tés par agonistes dopa­mi­ner­giques varie entre 2.3 et 8% bien supé­rieur à celle de la popu­la­tion géné­rale. Il est possible d’envisager plusieurs modèles expli­ca­tifs de cette sur-​représentation du jeu patho­lo­gique chez les malades de Parkin­son.

1 – le jeu patho­lo­gique comme effet indé­si­rable des médi­ca­ments de la MP.
L’association du jeu patho­lo­gique et de la MP est décrite pour la première fois dans la litté­ra­ture scien­ti­fique il y a une dizaine d’années, sous la forme de rapports de cas. L’hypothèse d’une origine iatro­gène décou­lait du constat que le jeu patho­lo­gique était secon­daire à la MP, appa­rais­sant ou s’aggravant sous l’effet du trai­te­ment dopa­mi­ner­gique. Le compor­te­ment patho­lo­gique surve­nait durant les phases « on » de la MP, chez des patients présen­tant des fluc­tua­tions motrices. Plusieurs autres études ont depuis décrits cette asso­cia­tion, et la quasi-​totalité des dopa­mi­no­mi­mé­tiques est en cause dans le déve­lop­pe­ment du jeu patho­lo­gique iatro­gène. Le plus souvent, le médi­ca­ment incri­miné est un agoniste dopa­mi­ner­gique, dont le prami­pexole©, le ropi­ni­role©, le pergo­lide©, le piri­bé­dil© ou la bromo­crip­tine©. A l’inverse, d’autres études ont aussi mis en cause la mono­thé­ra­pie par carbidopa/​lévodopa. L’association de la carbidopa/​lévodopa avec un agoniste dopa­mi­ner­gique, entraî­nant ainsi des problèmes de jeu par rapport à la mono­thé­ra­pie par l’un ou l’autre.

De façon plus géné­rale, des troubles de contrôles des impul­sions (incluant aussi hyper­sexua­lité, achats compul­sifs, hyper­pha­gie bouli­mique) sont décrits comme des effets indé­si­rables des médi­ca­ments anti­par­kin­so­niens.

2 – Le jeu patho­lo­gique comme consé­quence d’un mésusage des médi­ca­ments de la MP
Une autre hypo­thèse phar­ma­co­lo­gique appa­raît rapi­de­ment après la précé­dente, celle d’un usage compul­sif des médi­ca­ments dopa­mi­ner­giques. Une équipe suisse a ainsi rapporté le cas de deux patients parkin­so­niens, qui en raison d’une dété­rio­ra­tion de leur mala­die neuro­lo­gique, s’auto-médiquaient avec leur trai­te­ment dopa­mi­ner­gique et déve­lop­paient dans un second temps une pratique des jeux de hasard et d’argent. Les auteurs incri­mi­naient un défi­cit du système de récom­pense dopa­mi­ner­gique lié à la MP, compensé par une sur-​stimulation des récep­teurs dopa­mi­ner­giques, indui­sant une recherche de nouveauté accrue. 

Cet usage compul­sif de médi­ca­ment fait partie du Syndrome de Dysré­gu­la­tion Dopa­mi­ner­gique, asso­cié à des effets indé­si­rables moteurs (dyski­né­sies induites par la levo­dopa) et des effets indé­si­rables compor­te­men­taux (troubles du contrôle des impul­sions dont le jeu patho­lo­gique, hypo­ma­nie, hallu­ci­na­tion). Le Syndrome de Dysré­gu­la­tion Dopa­mi­ner­gique, induit par le trai­te­ment et auto-​entretenu, serait le syndrome inverse de l’apathie. Il corres­pond à une hyper­do­pa­mi­ner­gie, sous-​tendant la recherche de plai­sirs sous toutes ses formes. Les médi­ca­ments dopa­mi­no­mi­mé­tiques, dont la fonc­tion est de corri­ger la déplé­tion dopa­mi­ner­gique, stimulent les voies dopa­mi­ner­giques, dont celle du système de récom­pense, impli­qué dans divers troubles addic­tifs, à l’origine du Syndrome de Dysré­gu­la­tion Dopa­mi­ner­gique.

Ce syndrome peut être induit par tous les médi­ca­ments dopa­mi­no­mi­mé­tiques. La défi­ni­tion d’un seuil, au-​delà duquel il est possible d’évoquer un Syndrome de Dysré­gu­la­tion Dopa­mi­ner­gique, est impos­sible compte tenu des grandes varia­tions indi­vi­duelles de la réponse théra­peu­tique aux médi­ca­ments dopa­mi­ner­giques.

3 – Facteurs de risque de deve­nir joueur patho­lo­gique en cas de mala­die de Parkin­son
Comment expli­quer que seule une mino­rité de malades de Parkin­son déve­loppe cette compli­ca­tion ? Est-​ce dû au trai­te­ment (molé­cules choi­sies, poso­lo­gie employée) ? Est-​ce dû au patient (facteurs de vulné­ra­bi­li­tés indi­vi­duels…) ? Est-​ce dû à la MP (formes cliniques parti­cu­lières…) ? Les données de la litté­ra­ture ne permettent pas encore de répondre à toutes ces ques­tions…

Pour certains, le prami­pexole© consti­tue­rait l’agoniste dopa­mi­ner­gique le plus souvent incri­miné dans le troubles du contrôle des impul­sions, tandis que pour d’autres, il n’y aurait pas de diffé­rence entre les diffé­rents agonistes dopa­mi­ner­giques. La levo­dopa et l’apomorphine seraient les molé­cules les plus impli­quées dans le Syndrome de Dysré­gu­la­tion Dopa­mi­ner­gique.

Des résul­tats contra­dic­toires portent aussi sur la rela­tion entre la poso­lo­gie et l’induction du jeu patho­lo­gique. Pour certains, il existe une rela­tion dose/​effet des agonistes sur le déve­lop­pe­ment du jeu patho­lo­gique. Pour d’autres, la plus faible dose d’agoniste utili­sée suffit à déclen­cher un trouble du contrôle des impul­sions. Certains affirment enfin l’absence de rela­tion entre les doses pres­crites et la surve­nue du jeu patho­lo­gique, évoquant une vulné­ra­bi­lité sous-​jacente.

Il a été proposé qu’un profil de patient parkin­so­nien serait plus suscep­tible de déve­lop­per ce trouble addic­tif. On retrouve en parti­cu­lier les carac­té­ris­tiques suivantes : homme jeune, dont la MP débute préco­ce­ment, avec un plus haut niveau de recherche de sensa­tions, plus de diffi­cul­tés à plani­fier, plus d’antécédents person­nels ou fami­liaux d’abus d’alcool, plus d’épisodes (hypo-)maniaques iatro­gènes. Ces données sont encore débat­tues.

4 – Aspects neuro­bio­lo­giques du jeu patho­lo­gique asso­cié à la mala­die de Parkin­son
Après une période de rela­tive accal­mie à l’instauration du trai­te­ment, pendant laquelle les symp­tômes sont bien compen­sés, la MP s’aggrave. On observe alors des troubles moteurs dopa-​induits (fluc­tua­tions motrices et dyski­né­sies) et des troubles liés à l’évolu­tion natu­relle de la mala­die (troubles dysau­to­no­miques, troubles cogni­tifs et troubles psycho-​comportementaux), le plus souvent dopa-​résistants. Les troubles cogni­tifs présents chez les parkin­so­niens non déments sont variés avec l e plus souvent une atteinte des fonc­tions exécu­tives et visio-​spatiale, permet­tant l’organisation et la plani­fi­ca­tion des actions.

A ce jour, peu d’études ont exploré les liens entre jeu patho­lo­gique et dysfonc­tion­ne­ment cogni­tif chez les parkin­so­niens. L’une d’elles indi­quait que le fonc­tion­ne­ment du lobe fron­tal était iden­tique chez les patients souf­frant ou indemne du jeu patho­lo­gique. Une autre, à l’inverse, concluait que les parkin­so­niens souf­frant du jeu patho­lo­gique, compa­rés à ceux indemnes du troubles addic­tifs, étaient moins perfor­mants sur certaines tâches cogni­tives, en parti­cu­lier celles évaluant la mémoire visio-​spatiale à long terme et plusieurs fonc­tions dépen­dant du lobe fron­tal. Les troubles des fonc­tions exécu­tives étaient les seuls facteurs prédic­tifs indé­pen­dants de la surve­nue du jeu patho­lo­gique chez les parkin­so­niens non déments. Ces données prolon­geaient les conclu­sions de travaux plus anciens, portant sur des joueurs patho­lo­giques indemnes de MP, indi­quant un lien entre jeu patho­lo­gique et dysfonc­tion­ne­ment fron­tal.

Enfin, le jeu patho­lo­gique surve­nant au cours de la mala­die de Parkin­son pour­rait aussi être dû à la dégé­né­res­cence du stria­tum ventral bien moins sévère que celle du stria­tum dorsal, indui­sant une perte du système de récom­pense. Autre­ment dit, la prédis­po­si­tion à déve­lop­per le jeu patho­lo­gique au cours de la mala­die de Parkin­son pour­rait ainsi être liée à une rela­tive préser­va­tion du circuit méso­cor­ti­co­lim­bique, malgré des alté­ra­tions dues à la mala­die du circuit nigros­tria­tal dorsal. 

Très récem­ment, une étude de neuro-​imagerie réali­sée auprès de parkin­so­nien présen­tant en outre les critères diag­nos­tiques du jeu patho­lo­gique, et compa­rés à des parkin­so­niens indemnes et à des sujets contrôles, retrou­vait une décon­nec­tion entre le cortex cingu­laire anté­rieur et le stria­tum, spéci­fique du groupe présen­tant l’association des deux mala­dies. Les auteurs faisaient l’hypothèse que cette décon­nec­tion sous-​tendrait une alté­ra­tion spéci­fique des capa­ci­tés à chan­ger de compor­te­ment en cas d’erreurs, expli­quant ainsi pour­quoi les parkin­so­niens joueurs patho­lo­giques persé­vèrent dans des compor­te­ments risqués en dépit des dommages occa­sion­nés.

Conclu­sion
Par cette revue de la litté­ra­ture scien­ti­fique, il appa­raît donc que plusieurs pistes expli­ca­tives peuvent être rete­nues, qui ne sont pas exclu­sives les unes des autres. Ces pistes ouvrent des pers­pec­tives de recherche, afin de mieux parve­nir à préci­ser quels sont, pour un malade de Parkin­son donné, les risques indi­vi­duels de déve­lop­per le jeu patho­lo­gique. Il s’agira alors de mieux cibler les stra­té­gies théra­peu­tiques, dans le but de préve­nir l’apparition du jeu patho­lo­gique, ou du moins de le dépis­ter plus préco­ce­ment.

trans­mis par Guy Seguin, président ADPLA
Rédigé par Marie Bron­nec

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