Ne pas être qu'un "patient" ...

Maladies neurodégénératives : La connaissance de l’une peut profiter aux autres

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Le Pr Dubois, neuro­logue, voit d’un bon œil le plan commun regrou­pant Alzhei­mer, la mala­die de Parkin­son, la sclé­rose en plaques et la mala­die de Char­cot.
La société fran­çaise de neuro­lo­gie l’a dési­gné comme son repré­sen­tant pour suivre ce plan. 

Les cher­cheurs, méde­cins, patients et proches concer­nés par la mala­die d’Alzheimer devront désor­mais faire « plan commun » avec leurs homo­logues concer­nés par la mala­die de Parkin­son, la sclé­rose en plaques et la sclé­rose laté­rale amyo­tro­phique (mala­die de Char­cot). Car le Plan mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives présenté mardi matin aux ministres impli­qués sonne le glas du 3e Plan Alzhei­mer.

Une situa­tion qui n’émeut pas le profes­seur Bruno Dubois, qui dirige le Centre des mala­dies cogni­tives et compor­te­men­tales à l’hôpital de la Pitié-​Salpêtrière à Paris, ainsi que l’équipe Inserm « Cogni­tion, neuro-​imagerie et mala­dies du cerveau » du Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière (CR-​ICM), et qui préside le comité scien­ti­fique de l’Association France Alzhei­mer.

Le Point.fr : Ce nouveau plan ne déshabille-​t-​il pas Paul (en l’occurrence les malades d’Alzheimer) pour mal habiller les autres personnes souf­frant d’affections neuro­dé­gé­né­ra­tives ?

Profes­seur Dubois : Je ne le crois pas. Il y a des méca­nismes communs, peut-​être pas au début des mala­dies, mais dans leur reten­tis­se­ment sur le long terme. La connais­sance de l’une peut profi­ter aux autres sur le plan à la fois de la recherche et de la prise en charge. En plus, tout dépend des habits qu’avait Paul et là on touche du doigt la problé­ma­tique du finan­ce­ment. Le montant des moyens qui vont être inves­tis n’est pas encore très clair. On nous a quand même annoncé une somme de 100 millions d’euros pour la recherche. Si tel est le cas, je trouve que c’est un point très posi­tif.

Le Point.fr : Juste­ment, au niveau de la recherche, peut-​il y avoir une syner­gie ?

Pr Dubois : Oui. Il peut y avoir une cohé­rence jusqu’à un certain point concer­nant les approches sur le méca­nisme des mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives, sur la façon dont se propagent ces lésions de proche en proche. Néan­moins, chacune de ces affec­tions a ses spéci­fi­ci­tés et fina­le­ment il y aura des appels d’offre et chaque labo­ra­toire, en fonc­tion de ses travaux, obtien­dra ou pas les moyens néces­saires. D’ailleurs, je ne suis pas certain qu’à l’arrivée, il y ait une mise en commun de l’ensemble des recherches sur ces problé­ma­tiques, malgré la volonté poli­tique affi­chée.

Le Point.fr : Avez-​vous souf­fert, vous aussi, du manque de concer­ta­tion dénoncé par les asso­cia­tions ?

Pr Dubois : Je pense que les asso­cia­tions ont été écou­tées, qu’elles ont parti­cipé au tour de table, mais je ne sais pas jusqu’à quel point elles ont été enten­dues. Quant à moi, je n’ai pas été impli­qué, je n’ai jamais été solli­cité d’une façon ou d’une autre. Mais la société fran­çaise de neuro­lo­gie m’a dési­gné comme son repré­sen­tant pour suivre ce plan. Et la nomi­na­tion d’un comité de pilo­tage présidé par le Dr Étienne Hirsch (direc­teur de l’ITMO — Insti­tut théma­tique multi-​organismes — neuros­ciences, sciences cogni­tives, neuro­lo­gie, psychia­trie, NDLR) est un élément très posi­tif à mes yeux. 

Le Point.fr : Quel est votre prin­ci­pale attente aujourd’hui ?

Pr Dubois : En tant que clini­cien, j’espère que l’on pourra bien­tôt répondre aux deux ques­tions posées par tous les patients : «  pour­quoi j’ai déve­loppé cette mala­die et que pouvez-​vous faire pour moi ?  » S’il existe des trai­te­ments à propo­ser à certains d’entre eux (notam­ment ceux souf­frant de la mala­die de Parkin­son et de sclé­rose en plaques), pouvoir appor­ter une réponse à la première inter­ro­ga­tion me semble fonda­men­tal pour progres­ser.

Le Point — Publié le 18/​11/​2014 à 15:34 — Modi­fié le 18/​11/​2014 à 19:29

Lien pour trou­ver le plan : Plan mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives 2014 – 2019 :
http://www.social-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/dossiers-de-presse,2323/plan-maladies-neuro-degeneratives,17512.html

L’appel des biologistes à soutenir la recherche

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Dans une lettre ouverte, plusieurs socié­tés savantes en biolo­gie alertent Najat Vallaud-​Belkacem, ministre de l’éducation natio­nale, de l’enseignement supé­rieur et de la recherche, et Gene­viève Fiaroso, secré­taire d’Etat à l’enseignement supé­rieur et à la recherche, sur l’état de la recherche dans leur disci­pline.

Madame la Ministre, Madame la Secré­taire d’Etat,
Les prési­dents des socié­tés de biolo­gie fran­çaises, réunies à l’occasion du congrès inter­na­tio­nal FEBS-​MBO 2014 à Paris, tiennent à rappe­ler l’importance du soutien de l’Etat à la recherche fonda­men­tale et à atti­rer votre atten­tion sur les points suivants : 

La néces­sité de préser­ver les recru­te­ments scien­ti­fiques (cher­cheurs, ingé­nieurs et tech­ni­ciens) dans les établis­se­ments publics scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques (EPTS) comme le CNRS, L’INSERM et dans les UNIVERSITES. La commu­nauté scien­ti­fique se renou­velle en perma­nence et cela dépend large­ment de la déci­sion des étudiants en master (bac + 5) d’entreprendre un docto­rat.

Un facteur-​clé dans cette déci­sion est leur percep­tion des possi­bi­li­tés de travailler. En fin de parcours (master + trois-​quatre ans de thèse + pour les cher­cheurs trois ans supplé­men­taires au moins de post­doc­to­rat), d’avoir à la fin un salaire et les moyens néces­saires au travail. Le nombre de postes ouverts est déjà minime. Une réduc­tion supplé­men­taire amène­rait à des « années blanches » pour certaines disci­plines.

Les pers­pec­tives actuelles détournent les étudiants les plus brillants des carrières de la recherche scien­ti­fique. Les effets désas­treux à long terme d’une telle poli­tique ont été dénon­cés lors de la session « poli­tique scien­ti­fique en Europe » du congrès FEBS-​EMBO par Mme Helga Nowotny, ancienne prési­dente de l’European Research Coun­cil, en évoquant l’importance de la forma­tion et de l’emploi des jeunes cher­cheurs pour l’avenir de la science en Europe, un inves­tis­se­ment majeur qui n’est pas un « robi­net » que l’on peut ouvrir ou fermer, mais un enga­ge­ment à long terme. Or, c’est un atout reconnu de la France que d’offrir un recru­te­ment pérenne, régu­lier, trans­pa­rent et ouvert à tous (hommes & femmes, Fran­çais & étran­gers).

La néces­sité de prendre en compte la spéci­fi­cité de la recherche dans l’application de la loi Sauva­det. Une appli­ca­tion trop étroite de cette loi crée des situa­tions indi­vi­duelles drama­tiques en privant actuel­le­ment de pers­pec­tives d’emploi stable beau­coup de personnes enga­gées dans le parcours décrit ci-​dessus et nuit à l’établissement d’une exper­tise scien­ti­fique à long terme dans les labo­ra­toires. La loi limite à six ans l’emploi en CDD dans le secteur public et impose au-​delà un recru­te­ment en CDI. Actuel­le­ment, les admi­nis­tra­tions, dans un souci de limi­ter les créa­tions sauvages de postes sans concours, freinent dès trois ans de renou­vel­le­ment des CDD. Les consé­quences sont délé­tères. Si la restric­tion arbi­traire des CDD persiste alors qu’il y a une quasi-​absence de postes de fonc­tion­naires ou de CDI, la recherche fran­çaise s’arrêtera progres­si­ve­ment faute de cher­cheurs, ingé­nieurs et tech­ni­ciens.

La néces­sité d’une augmen­ta­tion du finan­ce­ment des projets scien­ti­fiques. Il est de plus en plus diffi­cile de trou­ver les moyens de finan­cer le travail des labo­ra­toires. Le taux de succès des projets de l’Agence natio­nale de la recherche (ANR) est tombé à 8% cette année pour le programme « blanc » (à thème ouvert, propice à l’émergence de projets nouveaux), alors qu’un taux infé­rieur à 15 – 20% oblige à des choix arbi­traires et laisse une grande majo­rité d’équipes sans moyen réel de fonc­tion­ne­ment. Le finan­ce­ment récur­rent des labo­ra­toires est trop dilué pour compen­ser cette dimi­nu­tion radi­cale des moyens de l’ANR pour la recherche fonda­men­tale.

La recherche en biolo­gie moderne est coûteuse. Si rien n’est fait, la recherche scien­ti­fique fran­çaise sera étran­glée dans les années qui viennent. Or, la recherche fonda­men­tale est un inves­tis­se­ment à long terme dont les retom­bées écono­miques et socié­tales ne peuvent pas être toujours plani­fiées.

Cette réalité est illus­trée dans les recom­man­da­tions du physi­cien Albert Fert, Prix Nobel, dont les travaux ont été essen­tiels pour le déve­lop­pe­ment des mémoires d’ordinateurs :  « Il faut lais­ser la recherche fonda­men­tale se dérou­ler, les cher­cheurs suivre leurs idées, en zigza­guant, pour débou­cher sur des décou­vertes et ensuite des appli­ca­tions » (Le Monde, 24 octobre 2007). C’est cette recherche que doit soute­nir un pays dont l’ambition est de parti­ci­per au concert des nations et de rester une source de progrès et d’innovation aux retom­bées écono­miques indis­pen­sables pour le futur. 

Article relevé dans le Monde du 02/​10/​2014
Par Fran­çoise Vignon

Collection de prix pour un neurochirurgien français

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Le Pr Alim Louis Bena­bid, inven­teur d’un trai­te­ment de réfé­rence contre la mala­die de Parkin­son, a reçu le plus lucra­tif des prix scien­ti­fiques (3 millions de dollars), trois mois après avoir gagné le pres­ti­gieux prix Lasker.

Un prix de trois millions de dollars et une seconde récom­pense pres­ti­gieuse en l’espace de trois mois. Le Pr Alim Louis Bena­bid, décou­vreur de la Stimu­la­tion Céré­brale Profonde (SCP) dans le trai­te­ment de la mala­die de Parkin­son, vient de rempor­ter le 2015 Break­through Prize in Life Sciences après avoir reçu, en septembre, le prix Lasker de la recherche médi­cale, consi­déré comme l’antichambre du Nobel.

Les Break­through Prize, récom­pensent chaque année des décou­vertes en physique fonda­men­tale, sciences de la vie et mathé­ma­tiques. Avec trois millions de dollars de dota­tion pour chaque lauréat, il s’agit des plus lucra­tifs prix scien­ti­fiques. Le prix pour les sciences de la vie a été créé en 2013 par Sergey Brin (cofon­da­teur de Google) et Anne Wojci­cki (cofon­da­trice de l’entreprise de géné­tique 23andMe), Mark Zucker­berg (PDG de Face­book) et son épouse Pris­cilla Chan, et Yuri Mile­ner (capital-​risqueur) et son épouse Julia. Il a distin­gué cinq autres cher­cheurs outre le Pr Bena­bid.

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Fibre optique dans la substance noire :
Au sein du Centre de recherche biomé­di­cale Edmond J. Safra Clina­tec, créé avec le direc­teur du CEA de Grenoble Jean Therme et dont il préside le direc­toire, Alim Louis Bena­bid veut amélio­rer sa tech­nique.

« La stimu­la­tion céré­brale profonde est seule­ment un trai­te­ment symp­to­ma­tique, elle ne change pas l’évolution de la mala­die qui conti­nue à s’aggraver » explique le neuros­cien­ti­fique. L’idée est désor­mais d’appliquer à Parkin­son une tech­nique utili­sant les infra-​rouges.  « On sait qu’ils peuvent trai­ter des plaies. Pour­quoi ne pas les appli­quer à Parkin­son, et intro­duire des fibres optiques dans la substance noire ? » En colla­bo­ra­tion avec des confrères austra­lien, les cher­cheurs de Clina­tec s’efforcent de trou­ver le moyen de répa­rer le cerveau grâce à la lumière. Les résul­tats d’une étude menée chez la souris devraient être publiés prochai­ne­ment. Le cher­cheur espère alors être à l’origine d’une « nouvelle révo­lu­tion ».
Article de Sabine Roy du 11 novembre 2014
Relevé dans le figaro santé par Soize Vignon

Le neurochirurgien français Alim-​Louis Benabid distingué aux Etats-​Unis

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59
Le Monde.fr avec AFP | 08.09.2014 à 20h33 • Mis à jour le 09.09.2014 à 02h16

Le neuro­chi­rur­gien fran­çais Alim-​Louis Bena­bid a été distin­gué lundi 8 septembre par la pres­ti­gieuse Fonda­tion Lasker, sise aux Etats-​Unis, dont les prix sont consi­dé­rés comme les « Nobel améri­cains ». Le Fran­çais a été récom­pensé pour ses travaux nova­teurs sur la mala­die de Parkin­son.

Le profes­seur Bena­bid, membre de l’Académie des sciences, partage le prix de la recherche médi­cale avec le neuro­logue améri­cain Mahlon DeLong pour leur mise au point de la tech­nique dite de «  stimu­la­tion céré­brale profonde  » (SCP). Cette inter­ven­tion chirur­gi­cale permet de réduire les troubles moteurs d’un malade atteint de Parkin­son en implan­tant des élec­trodes pour stimu­ler un noyau profond du cortex céré­bral.

« Les travaux des profes­seurs DeLong et Bena­bid ont permis d’améliorer la vie de plus de 100 000 patients à travers le monde ayant subi cette inter­ven­tion chirur­gi­cale », explique la Fonda­tion Lasker sur son site Inter­net.

De son côté, le président Fran­çois Hollande a féli­cité Alim-​Louis Bena­bid, consi­dé­rant qu’il  « honore la recherche médi­cale fran­çaise ».  « En mettant au point les tech­niques de stimu­la­tion céré­brale profondes, le profes­seur Bena­bid a trans­formé le trai­te­ment de mala­dies neuro­lo­giques handi­ca­pantes », déclare l’Elysée dans un commu­ni­qué.

Deuxième mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive.
Affec­tion neuro­lo­gique chro­nique due à un manque de dopa­mine dans le cerveau, la mala­die de Parkin­son affecte surtout le contrôle des mouve­ments. C’est la deuxième mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive, après celle d’Alzheimer, et la deuxième cause de handi­cap moteur, après les acci­dents vascu­laires céré­braux.

Lire aussi notre entre­tien :  « Il reste beau­coup à faire pour la mala­die de Parkin­son ».

Le profes­seur Bena­bid fut chef du service de neuro­chi­rur­gie de l’hôpital univer­si­taire de Grenoble de 1989 à 2007. En 2009, il fonda le centre de recherche biomé­di­cale Clina­tec à Grenoble, qui regroupe une centaine de cher­cheurs spécia­li­sés dans les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives.
Lu par Jean Pierre Terras 

Quand votre santé passe par le rire.

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

« Il faut rire avant que d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri » disait La Bruyère. 

C’est que le rire est bien plus qu’un simple élar­gis­se­ment de l’ouverture de la bouche accom­pa­gné d’expirations plus ou moins bruyantes, comme l’explique le diction­naire. Action posi­tive, moyen de défense immu­ni­taire, véri­table jogging céré­bral, il est besoin inscrit en nous. 

Montrer que le rire a sa place dans une démarche médi­cale ne date pas d’aujourd’hui.
C’est la Bible qui en parle en premier :  « Un cœur joyeux guérit comme une méde­cine, mais un esprit chagrin dessèche les os ». On trouve aussi dans l’antiquité de grands méde­cins, comme Hippo­crate et Galien, qui conseillent à leurs patients d’accompagner les trai­te­ments de « séances de rire ». 

Plus éton­nant au XIIIème siècle, un chirur­gien fran­çais Henri de Monde­ville propo­sait le rire comme aide au réta­blis­se­ment des opérés; il avait noté que les émotions néga­tives pouvaient inter­fé­rer sur la guéri­son d’où ce rappel aux patients que le corps se forti­fie par la joie et s’appauvrit par la tris­tesse.

Plus récem­ment le neuro­logue fran­çais Henri Rubin­stein a travaillé pendant plusieurs années sur l’intégration du rire à des fins théra­peu­tiques. Pour lui, le rire inter­vient dans l’équilibre biolo­gique qui condi­tionne la santé et la mala­die. Il consi­dère le rire comme un des anti­stress de premier ordre car il agit en épui­sant les tensions internes. Quand on rit, « ça fait du bien  », « c’est bon pour la santé  », etc… 

Mais par quel méca­nisme le rire nous rend-​il plus heureux, plus détendu, plus apte à « voir la vie en rose  ».

Il faut savoir que sur le physique le fait de rire va mettre en jeu un certain nombre de muscles, des plus petits muscles du visage, au larynx, aux muscles abdo­mi­naux etc. On pense que trois minutes de rire équi­vau­draient à quinze minutes d’exercice physique intense, que vingt secondes de rire prolon­ge­raient les pulsa­tions cardiaques de trois à cinq minutes, et une minute de fou rire aurait les mêmes bien­faits que dix minutes de relaxa­tion totale.
Le rire est devenu à la mode dans les congrès de cardio­lo­gie où il fait l’unanimité des méde­cins. Le rire lutte contre les mala­dies cardio­vas­cu­laires (les râleurs et les pince-​sans-​rire auraient trois fois plus de risque d’infarctus que les autres).

Une bonne partie de rigo­lade permet au système cardio­vas­cu­laire de se dila­ter et aux poumons de subir un vrai nettoyage. Lorsque nous rions, nous effec­tuons des échanges respi­ra­toires qui vont appor­ter à notre orga­nisme l’oxygène de l’air, expul­ser les toxines, chas­ser la fatigue et nous permettre de récu­pé­rer plus faci­le­ment.

Autres béné­fi­ciaires, les insom­niaques qui ont constaté qu’ils avaient passé une bonne nuit de sommeil après avoir passé la soirée à se diver­tir et à rire. L’explication est simple, le rire agit en épui­sant les tensions internes et provoque détente et relaxa­tion.

Pour ceux qui ont des problèmes de diges­tion, le rire ici va agir comme un véri­table bras­sage des organes diges­tifs. Selon une étude japo­naise, le fait de rire pendant les repas dimi­nue­rait le taux de sucre dans le sang. L’auteur de cette étude affirme que la contrac­tion des muscles abdo­mi­naux provo­quée par le rire, augmente la dépense éner­gé­tique de l’organisme. En riant, nous mettons en action le foie qui secrète plus de bile, ce qui a pour effet de bais­ser le taux de choles­té­rol et de lipides dans le sang.

Sur le plan psychique le rire inter­vient au niveau de la chimie du cerveau, il secrète une hormone voisine de la morphine, l’endorphine, qui nous procure une sensa­tion de bien-​être et a pour effet de calmer nos douleurs tant physiques, que psychiques. Cette substance protéique, secré­tée par l’hypophyse et formée d’un bon nombre restreint d’acides aminés, agit comme eupho­ri­sant.

Enfin, en riant nous construi­sons en nous et autour de nous une véri­table barrière d’optimisme, une véri­table désin­toxi­ca­tion morale.

Article d’Antoine ROGANI relevé dans « Pluriel Nature »
Lu par Soize Vignon

La France est leader mondial dans la recherche et la lutte contre la maladie de Parkinson (Dr Etienne Hirsch)

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Mala­die de Parkin­son : des progrès promet­teurs
En France, on dénombre 120 000 personnes souf­frant de la mala­die de Parkin­son et 9 000 nouveaux cas par an. La plupart des troubles sont liés à la dégé­né­res­cence de la substance noire (voir schéma). Ce qui provoque un défi­cit de 50% à 70% de dopa­mine (molé­cule essen­tielle au contrôle du mouve­ment), à l’origine du ralen­tis­se­ment des gestes, de raideurs, trem­ble­ments, perte de la dexté­rité manuelle, troubles de la marche et dépres­sion.  « Il n’y pas une mais des mala­dies de Parkin­son, insiste le Dr Etienne Hirsch, cher­cheur spécia­liste en neuros­ciences. Si 10% sont d’origine géné­tique, 90% n’ont pas de cause iden­ti­fiée, même si l’on soup­çonne des facteurs envi­ron­ne­men­taux », comme les pesti­cides.

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Amélio­rer le diag­nos­tic précoce
Outre les signes cliniques prédic­tifs de la mala­die (asso­cia­tion de troubles du sommeil et du tran­sit intes­ti­nal avec un défi­cit de l’olfaction), l’imagerie céré­brale par DAT-​scan pour­rait aussi favo­ri­ser les diag­nos­tics précoces mais en cas de doute clinique seule­ment. Des marqueurs biolo­giques sont à l’étude pour diag­nos­ti­quer, un jour, la mala­die à partir d’une seule prise de sang, ciblant la protéine alpha­sy­nu­cléine. Dans sa forme anor­male, cette dernière se propage d’un neurone à l’autre, alté­rant lente­ment de grandes régions du système nerveux.

Expé­ri­men­ter un trai­te­ment qui réduit le fer
La présence d’une surcharge ferrique loca­li­sée dans le cerveau des patients parkin­so­niens est désor­mais connue et notam­ment démon­trée par l’équipe du Dr Hirsch. Elle exacerbe le stress oxyda­tif, en partie à l’origine de la dégé­né­res­cence des neurones. L’étude d’innovation théra­peu­tique, pilo­tée par le Dr David Devos, neuro-​pharmacologue, en parte­na­riat avec des équipes natio­nales et inter­na­tio­nales, suscite beau­coup d’intérêt. Elle fait appel au défé­ri­prone, une molé­cule chéla­trice (attra­peuse) de fer. Ce médi­ca­ment réduit ce dernier à ses fonc­tions béné­fiques – oxygé­na­tion du sang des cellules et des muscles – si l’on en dimi­nue la quan­tité.  « Un premier essai clinique sur 40 malades a montré que ce trai­te­ment était capable de ralen­tir la destruc­tion des neurones et la progres­sion du handi­cap. D’autres études sont néces­saires pour démon­trer de manière défi­ni­tive l’intérêt théra­peu­tique, avec une auto­ri­sa­tion de mise sur le marché (AMM) d’ici 5 à 10 ans » projette le Dr Devos. Son équipe a répondu à un appel d’offres de la Commis­sion euro­péenne (Hori­zon 2020) en vue de finan­cer une étude euro­péenne de phase 3 (incluant 338 patients) fin 2014, desti­née à vali­der ce trai­te­ment. En atten­dant, patience, car aucun malade ne peut actuel­le­ment en dispo­ser.

Ralen­tir la mort neuro­nale
Le Dr Hirsch et l’équipe théra­peu­tique expé­ri­men­tale de la mala­die de Parkin­son travaillent à faire en sorte que les lympho­cytes, protec­teur du système immu­ni­taire, n’attaquent pas les neurones surchar­gés en protéines alpha­sy­nu­cléine.  « Le projet est d’identifier ces méca­nismes au niveau des vais­seaux plutôt que d’agir sur le cerveau, avec un hori­zon théra­peu­tique à dix ans. » Des trai­te­ments, voire des vaccins, visant à empê­cher l’agrégation de cette protéine sont à l’étude en Autriche.

Corri­ger les troubles de l’équilibre
Asso­ciés à des dérè­gle­ments psychiques, ils consti­tuent un risque vital pour les Parkin­so­niens. A partir d’une IRM fonc­tion­nelle, l’équipe du Dr Hirsch a réussi à loca­li­ser les régions céré­brales impli­quées dans ces troubles, grâce à l’étude de non-​malades imagi­nant qu’ils marchaient.  « Nous avons ainsi visua­lisé un petit noyau du cerveau (noyau pedon­cu­lo­pon­tin) qui s’active lors de la marche imagi­naire », explique le neuro­bio­lo­giste. L’analyse de cerveaux  « donnés » du vivant par des patients parkin­so­niens décé­dés a permis de prou­ver que  « la mort neuro­nale dans le noyau de sujets chutant pouvait être respon­sable des troubles de l’équilibre ». Sont en cours des essais de stimu­la­tion céré­brale profonde, par intro­duc­tion d’électrodes dans le noyau pedon­cu­lo­pon­tin de patients. Pour des résul­tats prévus d’ici à trois ans.

Appor­ter la dopa­mine par des gènes-​médicaments
Le Pr Stéphane Palfi, neuro­chi­rur­gien, travaille depuis 1998 sur une théra­pie génique. Le but :  « Appor­ter au patient la dopa­mine qui lui manque en acti­vant les enzymes néces­saires à sa synthèse. » La théra­pie utilise un virus natu­rel  « désarmé », et donc inof­fen­sif, chargé de trans­por­ter trois gènes-​médicaments qui codent les enzymes impli­qués dans la biosyn­thèse. Ce vecteur viral est injecté dans le stria­tum (voir schéma ci-​dessous), qui, à partir des infor­ma­tions senso­rielles (vue, toucher, etc.), adapte le mouve­ment au contexte.  « Les neurones qui n’étaient pas compé­tents pour fabri­quer de la dopa­mine se mettent alors à en produire », constate le Pr Palfi.

Depuis 2008, un essai est mené auprès de 15 patients (12 au CHU Henri-​Mondor de Créteil, et 3 autres à l’hôpital Adden­brooke de Cambridge).  « Les résul­tats publiés en janvier 2014 sont encou­ra­geants. D’une part, parce que nous avons constaté une bonne tolé­rance de ce type de vecteur (à grosse capa­cité de trans­port, 3 gènes), avec six ans de recul sur les premiers patients trai­tés. D’autre part, parce que l’essai a montré une amélio­ra­tion des symp­tômes moteurs chez tous les malades. » Avec un vecteur légè­re­ment modi­fié afin d’accroître la sécré­tion de dopa­mine, l’équipe du Pr Palfi a pour objec­tif d’augmenter les doses pour plus d’efficacité sur les symp­tômes de la mala­die et de dimi­nuer en paral­lèle la prise de dopa­mine par voie orale. Dès 2015, une dizaine de patients devraient être inclus dans les phases suivantes des études biomé­di­cales, puis une soixan­taine en France, en Europe et aux Etats-​Unis. Objec­tif : dispo­ser d’un médi­ca­ment de trans­fert de gènes à l’horizon 2020.

Pleine Vie, octobre 2014
Lu par Jean Claude Moraines

A propos de la Recherche, les 13 mars et 26 avril 2014 à Nantes

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Le 13 mars 2014 « Le ventre, notre deuxième cerveau »

C’est sous ce titre qu’un docu­men­taire de Cécile Denjean était diffusé en janvier dernier sur ARTE. Le 13 mars, il était projeté sur grand écran au Katorza en présence du Docteur Michel Neun­list. Cher­cheur à l’unité de neuro­gas­troen­té­ro­lo­gie (INSERM U913) et direc­teur de l’IMAD (Insti­tut des Mala­dies de l’Appareil Diges­tif) du CHU de Nantes, il était conseiller scien­ti­fique pour ce repor­tage

Dans ce film on y apprend que le système nerveux enté­rique est consti­tué d’environ 200 millions de neurones avec une struc­ture très proche de notre cerveau. On l’appelle le 2ème cerveau alors que dans le proces­sus de l’évolution des espèces il soit bien anté­rieur à notre système nerveux central. Il se répar­tit tout au long de notre tube diges­tif et son rôle est de gérer la diges­tion et l’absorption des aliments tout en proté­geant l’organisme des agres­sions de l’environnement (bacté­ries, virus, toxiques). En rela­tion étroite avec notre cerveau, il dialogue et inter­agit avec lui pour modi­fier nos compor­te­ments et nos émotions. Pour la petite histoire, il est démon­tré que la domes­ti­ca­tion du feu à jouer un rôle essen­tiel dans le déve­lop­pe­ment du système du système nerveux central car elle a permis une plus grande consom­ma­tion et une meilleure absorp­tion des protéines, libé­rant ainsi de l’énergie qui était jusque-​là consa­crée à la diges­tion.

Certaines mala­dies du cerveau, comme la mala­die de Parkin­son, pour­raient trou­ver leur origine dans le ventre et commen­cer à atta­quer les neurones de l’intestin. Depuis plusieurs années, il a été démon­tré que les neurones du système enté­rique des sujets touchés par la mala­die de Parkin­son présen­taient les mêmes atteintes que les neurones du cerveau, à savoir la présence anor­male d’une protéine, l’alphasynucléine, sous forme d’agglomérats qu’on appelle les corps de Loewy. La satu­ra­tion de la cellule par cette protéine entraî­nant la mort neuro­nale. Dans l’état actuel des connais­sances, on ne sait pas ce qui déclenche ce dérè­gle­ment, ni comment il se propage. On suppose que c’est un proces­sus très lent qui s’étend sur plusieurs années avant d’atteindre le système nerveux central, via le nerf vague, avec le rôle impor­tant d’un neuro­trans­met­teur, la séro­to­nine. Les problèmes de consti­pa­tion, très fréquents chez les parkin­so­niens, pour­raient s’expliquer par cette défi­cience des neurones du système enté­rique. Dans un avenir proche, on peut très bien imagi­ner un diag­nos­tic précoce à l’aide d’une simple biop­sie lors d’une colo­sco­pie. Cet acte permet­trait de préle­ver quelques neurones et de véri­fier s’ils ne sont pas porteurs du marqueur de la mala­die, à savoir les fameux agré­gats d’a-synucléine. Ainsi l’expression le ventre une fenêtre ouverte sur le cerveau pren­drait tout son sens.

Dans ce repor­tage, on découvre égale­ment que notre ventre abrite une colo­nie spec­ta­cu­laire de cent mille milliards de bacté­ries. Celles-​ci agiraient « à l’insu de notre plein gré » au point d’intervenir sur nos humeurs et notre compor­te­ment. Ce qu’on appelle le micro­biote intes­ti­nal, cet « organe » consti­tué de 10 fois plus de cellules que celles formant l’ensemble de notre orga­nisme, hébergé dans notre tube diges­tif, joue un rôle déci­sif sur la santé et les mala­dies chro­niques, si bien que certains commencent à parler de troi­sième cerveau pour évoquer cet écosys­tème bacté­rien. Le nouveau-​né appa­raît dénué de bacté­ries et la colo­ni­sa­tion va se faire dès les premières heures. Ainsi chacun va déve­lop­per un cock­tail qui lui est propre en fonc­tion de son envi­ron­ne­ment. Des excès ou des manques seraient à l’origine de certains dérè­gle­ments du compor­te­ment comme le senti­ment de peur ou d’agressivité. La recherche a du pain sur la planche afin d’arriver à un rééqui­li­brage et à un bon dosage grâce à l’action des probio­tiques… (en 2010, un travail pharao­nique a été réalisé en déco­dant l’ensemble du génome bacté­rien !).

Durant l’échange qui a suivi cette projec­tion, Michel Neun­list s’est réjoui de l’excellence de la recherche sur la place de Nantes et notam­ment de la dyna­mique qui existe entre la recherche clinique et la recherche fonda­men­tale.

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Le 26 avril 2014 Le point sur la Recherche

Parce que la recherche tient une place impor­tante dans notre esprit car sur elle repose les espoirs de demain, parce que la recherche a beau­coup progressé ces dernières années et que les paru­tions se sont multi­pliées, nous avons jugé bon de faire le point, une sorte d’état des lieux de la recherche actuelle. Nantes étant un centre impor­tant et reconnu sur la recherche sur le Parkin­son, nous ne pouvions invi­ter tout le monde, aussi nous avons décidé de limi­ter le nombre d’intervenants aux Profes­seurs Derkin­de­ren et N’Guyen qui étaient inter­ve­nus, il y a 7 ans pour présen­ter leurs travaux. 

Malgré la défaillance de la presse locale qui nous avait promis un article pour annon­cer la confé­rence, plus de 150 personnes étaient présentes ce samedi après-​midi.

Le Profes­seur Jean Paul N’Guyen avant d’être respon­sable du service de neuro­chi­rur­gie au CHU de Nantes a travaillé avec le Pr Lefau­cheur à Créteil. C’est donc riche de nombreuses années d’expérience qu’il nous dresse un tableau de la neuro­sti­mu­la­tion à ce jour.

La mala­die de Parkin­son est causée par la mort préma­tu­rée des neurones dopa­mi­ner­giques. Le défi­cit de dopa­mine dans la voie nigros­tria­tale entraîne une hyper­ac­ti­vité de certains noyaux gris centraux. Le courant élec­trique de la stimu­la­tion va inhi­ber la surac­ti­vité de ces zones pour reve­nir vers la normale. Voilà pour le prin­cipe de la stimu­la­tion céré­brale profonde (SCP).

Dans le cadre de la chirur­gie plusieurs stra­té­gies sont possibles, on va choi­sir diffé­rentes cibles selon les cas rencon­trés :

  • si le patient présente un trem­ble­ment inva­li­dant résis­tant aux médi­ca­ments, on optera pour une stimu­la­tion du thala­mus, plus exac­te­ment du VIM du thala­mus (noyau ventral inter­mé­diaire),
  • en cas de fortes dyski­né­sies, on choi­sira le palli­dum ; la stimu­la­tion du GPi (globus palli­dum interne) est effi­cace dans 74% des cas et on note une amélio­ra­tion de l’akinésie de 30 à 60%,
  • la stimu­la­tion du sous thala­mus, le NST (noyau subtha­la­mique), est la stimu­la­tion de réfé­rence, elle améliore l’ensemble des signes majeurs de la MP. Les critères pour être candi­dat sont stricts : bien réagir au trai­te­ment à la L-​Dopa, être plutôt jeune (envi­ron 60 ans, moins de 70 ans), ne présen­ter aucun trouble cogni­tif ni d’antécédents psychia­triques. La stimu­la­tion n’a aucune effi­ca­cité sur les troubles non dopa­mi­ner­giques.

Pour les personnes plus âgées (plus de 70 ans), il reste la stimu­la­tion du cortex moteur à l’aide de plaques posées sur la dure-​mère mais les effets restent limi­tés.

La stimu­la­tion magné­tique trans­crâ­nienne, à raison d’une séance de 20 minutes toute les 3 semaines, permet une amélio­ra­tion des scores, modeste mais non négli­geable, en solli­ci­tant la zone motrice du cerveau. Il s’agit plus d’optimiser le fonc­tion­ne­ment géné­ral du cerveau en jouant sur la plas­ti­cité du cerveau qui a tendance à dimi­nuer avec l’âge.

Pour la chirur­gie, les pistes de recherche actuelles se portent essen­tiel­le­ment sur la théra­pie génique et les greffes de cellules souches.

La théra­pie génique, menée par le Dr Stéphane Palfi, consiste en une injec­tion d’un vecteur lenti­vi­ral qui exprime les gènes de 3 enzymes indis­pen­sables à la biosyn­thèse de la dopa­mine et permet de repro­gram­mer les cellules et ainsi de trans­for­mer les neurones du stria­tum en neurones dopa­mi­ner­giques. La diffi­culté réside dans la capa­cité d’introduire du maté­riel géné­tique dans le noyau de ces cellules. Les enve­loppes virales sont bien entendu débar­ras­sées de leurs proprié­tés de multi­pli­ca­tion et rendues non patho­gènes. Les premières expé­riences sont promet­teuses.

Les greffes de cellules souches n’en sont encore qu’à un stade de recherche en labo. Les CSE (cellules souches embryon­naires, fœtales) posent des problèmes de logis­tique et éthiques, on cherche à les rempla­cer par les CSA (cellules souches adultes) par exemple des cellules de la moelle osseuse repro­gram­mées ou encore par les iPS (cellules souches induites pluri­po­tentes).

Pour mémoire, à l’INSERM de Nantes, est menée une recherche par Xavier Léveque sur la xéno­greffe de neurones porcins (cf. « tout est bon dans le cochon »). La trans­plan­ta­tion cellu­laire étant une réponse possible à un problème de dispo­ni­bi­lité de tissu fœtal (neuro­blastes) mais on est confronté à des problèmes d’ordre immu­ni­taire.

Inter­rogé sur la nico­ti­no­thé­ra­pie initiée par le Dr Gabriel Villa­fane à Henri Mondor, le Pr Derkin­de­ren n’a pas voulu se pronon­cer. Le rôle de neuro­mo­du­la­teur sur les neurones du système nerveux central ainsi que l’aspect neuro­pro­tec­teur et anti-​stress oxyda­tif que l’on prête à la nico­tine ne sont pas, selon lui, suffi­sam­ment démon­trés malgré les nombreux témoi­gnages sur l’amélioration des symp­tômes et les réduc­tions du trai­te­ment dopa­mi­ner­gique. Mais il n’empêchera personne de suivre un trai­te­ment à base de patchs.

Nous avons tout juste eu le temps de faire allu­sion à la recherche actuelle menée à l’INSERM de Bordeaux sur l’a-synucléine. Cette protéine est natu­rel­le­ment présente chez le sujet sain mais elle appa­raît chez le patient parkin­so­nien sous la forme agré­gée. Ces amas protéiques, toxiques pour les neurones, entraînent des dysfonc­tion­ne­ments et la dégé­né­res­cence des cellules. La recherche porte sur l’étude d’un anti­corps anti-​a-​synucléine car en bloquant l’agrégation de cette protéine ou en augmen­tant sa dégra­da­tion on pour­rait préve­nir la mala­die.

Au final, tous les parti­ci­pants ont été enchan­tés et nous avons partagé le verre de l’amitié. En tant qu’organisateurs nous devrons veiller à ce que certains ne s’accaparent pas un temps précieux pour faire en public une consul­ta­tion privée !!!!

Rédigé par Guy Seguin 

Éditorial

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°59

Nos vœux les plus sincères
Tout d’abord, au nom de l’équipe qui parti­cipe à la réali­sa­tion et à la distri­bu­tion de cette revue, permettez-​moi de vous adres­ser tous nos vœux de bonheur et de meilleure santé (oui je sais, nous avons tous le senti­ment que nous évoluons vers le pire. Pour­tant, notre humeur influence nos réac­tions à la mala­die !). Mes vœux s’adressent aussi et surtout à nos accom­pa­gnants qui vivent à nos côtés : qu’ils soient ici, une fois au moins dans l’année, remer­ciés de leur patience et de leur abné­ga­tion quelque fois héroïque ! 

Le contenu de votre revue
Tout d’abord, une synthèse à ce jour de la Recherche dans ses grandes lignes, présen­tée dans deux réunions à Nantes les 13 mars et 26 avril. La France leader mondial la recherche et la lutte contre Parkin­son. Le profes­seur Bena­bid en apporte la preuve avec deux récom­penses inter­na­tio­nales recon­nais­sant l’importance de son travail. 

Dans le même temps, nous décou­vrons le « Plan pour les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives », dévoilé par la Ministre de la Santé. Dans le contexte de restric­tion budgé­taire, nous ne serons pas éton­nés de comprendre que ce Plan, pour ambi­tieux qu’il puisse paraître, ne verra sans doute jamais le jour puisque les moyens finan­ciers ne sont pas affi­chés !

Le président du Finis­tère nous fait parcou­rir, comme un jour­na­liste, les coulisses de notre regrou­pe­ment du mois d’octobre dans la presqu’ile de Crozon. Celui de l’Ille et Vilaine s’est mué en histo­rien pour nous donner l’occasion de relire notre histoire à tous depuis l’engagement en 1984 de Marcel Besnard –il n’avait pas été accepté dans les instances de France Parkin­son parce que malade– en créant l’Association des Grou­pe­ments des Parkin­so­niens (A.G.P.).

Mme Dehorne nous a quit­tés.
Elle était notre « veilleuse de la Recherche » dans le domaine du Parkin­son. Elle avait l’intuition, contre les spécia­listes scep­tiques par prin­cipe, que le sang pouvait indi­quer le degré de présence de la dopa­mine « circu­lante », celle dont nous avons tant besoin. Modeste, elle n’a jamais publié ses théo­ries qui auraient méri­tées d’être exploi­tées et contrô­lées. Pour­tant, son empa­thie –person­nel­le­ment, j’ai eu l’occasion de la consta­ter à diverses reprises– lui a permis de collec­ter une mois­son consi­dé­rable de curri­cu­lum vitae de malades; un socio­logue devrait pouvoir les exploi­ter pour indi­quer les « situa­tions à risques » de Parkin­son, tout parti­cu­liè­re­ment à propos du stress. Je souhaite que ses héri­tiers ouvrent ses dossiers à la recherche et qu’ils ne soient pas archi­vés sans suite : elle le mérite même à titre post­hume.

Nos vacances de 2015 dans les Côtes d’Armor.
N’oubliez pas de vous inscrire rapi­de­ment : c’est impor­tant pour les orga­ni­sa­teurs. Merci pour eux !

Bonnes fêtes de fin d’année et bon nouvel an 2015

Jean GRAVELEAU

[vu sur le net] Le patient au cœur des avancées de la recherche

Article trouvé sur le site de l’Insti­tut du cerveau et de la moelle épinière

Le CIC est une passe­relle excep­tion­nelle entre recherche et soins qui permet de gagner un temps précieux face à la mala­die et d’offrir plus vite des trai­te­ments inno­vants aux millions de malades souf­frants de mala­dies du cerveau et de la moelle épinière.

Pour lire l’article dans son inté­gra­lité, suivez ce lien…

[vu sur le net] Nouvel espoir Parkinson et maladies neurodégénératives

Article trouvé sur le site de l’Insti­tut du cerveau et de la moelle épinière

Les cher­cheurs de l’équipe « Théra­peu­tiques expé­ri­men­tales de la neuro­dé­gé­né­res­cence » diri­gée par Etienne Hirsch au sein de l’ICM – Insti­tut du Cerveau et de la Moelle épinière – et leurs colla­bo­ra­teurs, viennent de publier un travail qui repré­sente un réel bon en avant dans la lutte contre les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives. Ces travaux parus dans Nature Commu­ni­ca­tions – 21 octobre 2014 – mettent en évidence un petit peptide d’origine virale qui semble proté­ger les neurones impli­qués dans la mala­die de Parkin­son contre la dégé­né­res­cence.

Pour lire l’article dans son inté­gra­lité, suivez ce lien…

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