Ne pas être qu'un "patient" ...

Rajeunir un cerveau vieillissant

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°71

Des cher­cheurs ont relancé la produc­tion de nouveaux neurones dans le cerveau d’une souris âgée en lui trans­fu­sant le sang d’une de ses jeunes congé­nères.

Si la bonne nouvelle est que nous produi­sons des neurones à tout âge, la mauvaise est que le système peut se grip­per au fil du temps. « L’organisme accu­mule des polluants, des toxines de l’environnement qui abîment le cerveau » explique Lida Katsim­pardi, de l’Institut Pasteur à Paris. « La barrière hémato-​encéphalique, qui protège le cerveau des apports exté­rieurs, laissent passer davan­tage de toxiques et évacue moins bien les déchets, comme certaines protéines mal confor­mées impli­quées dans les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives (Alzhei­mer, Parkin­son etc…), qui s’accumulent peu à peu.» À l’Institut pour la méde­cine régé­né­ra­tive du Texas (Etats-​Unis), Ashok Shetty, spécia­liste des cellules souches, ajoute : « Avec l’âge, on note un déclin des facteurs dits neuro­tro­phiques qui jouent un rôle dans la proli­fé­ra­tion des cellules souches ou dans la diffé­ren­cia­tion des nouveaux neurones. Résul­tat : ces cellules souches ne semblent pas décli­ner en nombre mais la plupart ne se divisent plus ou très peu (la quiescence1), ce qui contri­bue à une baisse de produc­tion de neurones.» Comment faire pour relan­cer la neuro­ge­nèse, qui assure l’adaptation du cerveau au chan­ge­ment ?

Avec son équipe, Lida Katsim­pardi, alors à l’Université Harvard (Etats-​Unis) a fait une décou­verte éton­nante en 2016. Elle a tout simple­ment relancé la produc­tion de cellules souches dans le cerveau d’une souris âgée, en lui trans­fu­sant le sang d’une de ses jeunes congé­nères. Ces cellules souches ont pu se diffé­ren­cier en nouveaux neurones dans le bulbe olfac­tif et amélio­rer l’odorat. De plus, on a constaté une revas­cu­la­ri­sa­tion des vais­seaux sanguins, dété­rio­rés par le vieillis­se­ment. D’autre part, en analy­sant le sang, la cher­cheuse a isolé un facteur (GDF11) qui semble être à l’origine de cette relance. « Nous sommes en train d’identifier le méca­nisme en jeu », explique la cher­cheuse. « Celui-​ci permet à la souris âgée de retrou­ver, non seule­ment une neuro­ge­nèse normale, mais aussi une meilleure vascu­la­ri­sa­tion.»

L’équipe fran­çaise est sur le point de publier le rôle d’autres facteurs. « Notre objec­tif est d’identifier le cock­tail de jouvence qui stimule la neuro­ge­nèse et de le tester un jour chez l’humain.».

Pour­sui­vant le même but, Ashok Shetty a pris une autre voie. « Nous avons greffé de petits groupes de cellules souches neurales dans le cerveau d’un rat âgé, en ciblant les zones de l’hippocampe qui, dans des condi­tions normales, ne produisent pas de neurones chez l’adulte ». Résul­tat trois mois plus tard : « Les cellules gref­fées ont déve­loppé des niches et ont produit de nouveaux neurones !» Le cher­cheur y voit une piste pour trai­ter le déclin de la neuro­ge­nèse humaine dans le futur.

Article relevé dans Sciences et Avenir
Par Fran­çoise Vignon

La médecine régénérative pourrait soigner l’AVC ou la maladie de Parkinson en stimulant la neuro genèse.

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°71

Reste un obstacle : apprendre aux néo neurones à survivre.

Et si l’on utili­sait les nouveaux neurones – ceux que notre cerveau fabrique natu­rel­le­ment tous les jours – pour répa­rer les lésions céré­brales dues à un trau­ma­tisme, un acci­dent vascu­laire ou une patho­lo­gie neuro­dé­gé­né­ra­tive (Parkin­son, Alzhei­mer…)? Tel est l’objectif de la future méde­cine régé­né­ra­tive. Une incroyable idée qui fait son chemin depuis que les cher­cheurs ont décou­vert la neuro­ge­nèse (produc­tion de nouveaux neurones) chez l’adulte. Avec de premiers succès. « En détour­nant des neurones nouvel­le­ment formés depuis leur zone germi­na­tive vers les régions lésées, on pour­rait espé­rer contri­buer à élabo­rer de nouvelles stra­té­gies théra­peu­tiques », affir­mait ainsi il y a dix ans, Pierre-​Marie Lledo, direc­teur du dépar­te­ment de neuros­cience de l’Institut Pasteur à Paris.

Une décen­nie de travaux plus tard, grâce à la compré­hen­sion fine des facteurs molé­cu­laires indis­pen­sables au proces­sus, les efforts ont payé : chez la souris, les cher­cheurs parviennent à détec­ter ces précieux néo neurones dans leur berceau, la zone sous-​ventriculaire et l’hippocampe. Puis ils les font migrer à quelques centi­mètres de là, jusqu’au cortex, la mince couche de tissu plis­sée qui recouvre les hémi­sphères céré­braux. Un exploit !

Las, les scien­ti­fiques font face à un problème de taille : « Une fois arri­vés dans le cortex, les nouveaux neurones ne survivent pas », déplore Pierre-​Marie Lledo. Car la zone « colo­ni­sée » n’est pas « accueillante ». « Ils ne parviennent pas à créer, sur place, leur quota vital de connexions. Résul­tat : ils s’autodétruisent », explique le cher­cheur. Le prochain défi est donc d’augmenter ce taux de survie en compre­nant ce qui pour­rait rendre cette zone moins hostile.

Une équipe Inserm du labo­ra­toire de théra­pies cellu­laires et mala­dies céré­brales de l’Université de Poitiers (France) explore pour cela une solu­tion ingé­nieuse. « Lorsqu’ils arrivent dans le cortex, ces néo neurones se retrouvent dans un terri­toire dont ils ne parlent pas la langue (molé­cu­laire). En outre, ils ne sont pas program­més pour répa­rer une lésion. Ce sont les deux écueils à surmon­ter », explique Afsa­neh Gaillard, du Labo­ra­toire de neuros­ciences expé­ri­men­tales et cliniques (Inserm) de l’Université de Poitiers. La stra­té­gie : Offrir aux jeunes recrues des « maîtres de stage » pour les aider à s’intégrer. Ceux-​ci pour­raient être des neurones culti­vés in vitro, spéci­fiques de la zone du cortex lésé à trai­ter et encore assez imma­tures pour se déve­lop­per et « prépa­rer le terrain » avant l’arrivée des néo neurones. « Ces neurones prépa­rés four­ni­ront aux neurones endo­gènes des facteurs de crois­sance et les aide­ront à survivre », précise Afsa­neh Gaillard.

Lu et trans­mis par Fran­çoise Vignon

Perfusions d’apomorphine® : efficacité prouvée.

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°71

Parkin­son suisse n°127 septembre 2017

Une étude vient de prou­ver l’efficacité des perfu­sions sous-​cutanées d’apomorphine pour lutter contre les symp­tômes moteurs du Parkin­son. Sa respon­sable recom­mande cette méthode pour raccour­cir les phases « off ».

D’après les conclu­sions d’une étude présen­tée lors d’un congrès à Amster­dam, l’apomorphine raccour­cit effec­ti­ve­ment les phases de motri­cité réduite (phases « off») des parkin­so­niens quand elle est injec­tée sous la peau. Le Priv. Doc. Dr Regina Katzen­schla­ger du Sozial­me­di­zi­nisches Zentrum Ost – Donaus­pi­tal à Viennes (Autriche) résume ainsi les prin­ci­pales conclu­sions de l’étude TOLEDO, réali­sée sous sa direc­tion : « Nous avons pu démon­trer que les perfu­sions d’apomorphine repré­sentent une méthode théra­peu­tique effi­cace pour les parkin­so­niens dont les fluc­tua­tions motrices ne peuvent plus suffi­sam­ment être contrô­lées par d’autres théra­pies ». Les expé­riences théra­peu­tiques réali­sées jusqu’ici ont révé­lées que l’apomorphine raccour­cit les phases « off » des parkin­so­niens, qu’elle améliore les dyski­né­sies (mouve­ments exces­sifs invo­lon­taires) et qu’elle réduit le besoin de lévo­dopa admi­nis­trée par voie orale.

Son effi­ca­cité vient d’être pour la première fois démon­trée dans le cadre d’une étude clinique contrô­lée. Pendant douze semaines, les patients de 23 centres répar­tis dans sept pays ont reçu la perfu­sion d’apomorphine, tandis qu’une perfu­sion de solu­tion saline était admi­nis­trée au groupe de contrôle. La perfu­sion d’apomorphine a permis de raccour­cir nette­ment les phases « off » et de prolon­ger de manière signi­fi­ca­tive les phases « on » sans mouve­ments exces­sifs gênants. Par ailleurs, les effets perçus de la perfu­sion étaient meilleurs dans le groupe apomor­phine que dans le groupe placebo. « Ce trai­te­ment a fait la preuve d’un bon profil de tolé­rance. Nous n’avons observé aucun effet secon­daire » a déclaré Priv.Doc. Dr Regina Katzen­schla­ger. « Les résul­tats de l’étude devraient encou­ra­ger la pres­crip­tion de cette théra­pie effi­cace, mais jusqu’à présent très rare­ment utili­sée, aux Parkin­so­niens souf­frant d’importantes fluc­tua­tions d’action ».

Source : 3ème congrès de l’Académie Euro­péenne de Neuro­lo­gie, Amster­dam 2017, abstract Katzen­schla­ger et al. ; presssetext.ch en date du 27 juin 2017.
Lu par jean Grave­leau

NB : à mon grand soula­ge­ment, j’utilise un stylo d’Apokinon© rempli d’apomorphine et je peux confir­mer les bien­faits démon­trés par cette expé­rience. Je ne comprends pas, moi non plus, pour­quoi il n’est pas pres­crit plus régu­liè­re­ment : ce type de théra­pie permet­tant un excellent confort de vie… La mani­pu­la­tion en est tout à fait simple et presque indo­lore.

Editorial

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°71

Encore un numéro chargé d’informations diverses et encore, il a fallu faire le tri entre tous les textes parve­nus à la rédac­tion. Mais soyez rassuré(e)s cher(ère)s correspondant(e)s, nous les avons gardés pour un prochain numéro ! Merci de vos parti­ci­pa­tions qui permettent la très bonne tenue d’une revue appré­ciée de ses lecteurs.

Il m’a semblé inté­res­sant de mettre un coup de projec­teur sur l’Apomorphine® dont l’efficacité vient d’être démon­trée par une équipe autri­chienne tout en souli­gnant la très modeste quan­tité de pres­crip­tion pour une théra­pie effi­cace sur les fluc­tua­tions en phase « off », étant moi-​même utili­sa­teur satis­fait d’un stylo d’Apokinon®.

Et si on utili­sait les jeunes neurones fabri­qués chaque jour pour les éduquer à répa­rer les trau­ma­tismes ou les manques dans certaines zones du cerveau ? C’est ce que se propose de faire une équipe de l’Institut Pasteur. En revanche, une équipe de Harvard a cher­ché à « rajeu­nir » un cerveau d’une souris âgée en trans­fu­sant le sang d’une plus jeune ce qui a déclen­ché la produc­tion de cellules souches. Enfin une équipe belge a pu véri­fier 14 ans après qu’une greffe de jeunes neurones étran­gers n’avait fait que ralen­tir la progres­sion de la mala­die. Il serait donc plus effi­cace d’utiliser les propres cellules du patient pour fabri­quer des cellules souches pluri­po­tentes (IPS). Enfin, un outil d’aide à la chirur­gie le Gamma Knife® permet de réali­ser des opéra­tions de moins en moins inva­sives et de plus en plus précises.

Des ques­tions se posent sur la forma­tion des méde­cins pour les rendre plus humains alors que des tech­niques de plus en plus poin­tues auraient tendance à prendre le dessus. C’est ce qui ressort d’un article rédigé par Jacques Brin­ger, Profes­seur de méde­cine, rejoi­gnant en cela les préoc­cu­pa­tions de la HAS (Haute Auto­rité de la Santé): la place du patient est réin­tro­duite dans les contraintes édic­tées pour déter­mi­ner la « perti­nence » des actes médi­caux. Il est devenu indis­pen­sable d’obtenir l’avis du malade pour déter­mi­ner la qualité des soins et donc de l’informer correc­te­ment.

Je ne parle­rais pas de la nico­ti­no­thé­ra­pie actuel­le­ment mise en sommeil pour ne pas dire « aban­don­née » alors qu’il y a encore de nombreux utili­sa­teurs lais­sés à leur seule respon­sa­bi­lité. Il est pour­tant impor­tant, et c’est bien là une de nos fonc­tions, de tirer la sonnette d’alarme pour les nouveaux adeptes qui se lance­raient dans l’aventure. Compte tenu des doses impor­tante qu’il est néces­saire d’utiliser pour un résul­tat avéré, il faut souli­gner les risques encou­rus par une auto­mé­di­ca­tion par prin­cipe « incon­trô­lée ». Notre amie Corinne Tarpin, méde­cin géné­ra­liste enga­gée dans l’action de recon­nais­sance de cette théra­pie, a tenu à le redire : « Ne vous auto­mé­di­quez pas sans contrôle : il y a danger pour votre santé !» Cela n’empêche pas de conti­nuer les démarches auprès des Pouvoirs Publics.

Enfin une infor­ma­tion désa­gréable : les augmen­ta­tions qui nous attendent ! Mais aussi l’intérêt d’obtenir la CMI, la Carte de Mobi­lité Inclu­sion option « inva­li­dité », ancien­ne­ment la carte euro­péenne de station­ne­ment. N’oublions pas que l’équilibre alimen­taire est aussi un soin qui nous aide à amélio­rer nos trai­te­ments.

Et main­te­nant toute l’équipe du Parkin­so­nien Indé­pen­dant vous adresse tous ses vœux les plus sincères pour cette nouvelle année 2018. Que notre moral posi­tive nos situa­tions parfois très diffi­ciles : c’est la meilleure façon de vivre notre Parkin­son.

Jean Grave­leau graveleau.jean2@orange.fr

La lettre infos 83 !


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[vu sur le net] Parkinson : le Luxembourg cherche des patients

article trouvé sur le site du Répu­bli­cain Lorrain

Une grande étude menée au Luxem­bourg vise à trou­ver des solu­tions pour trai­ter la mala­die de Parkin­son. Un appel aux patients atteints de la mala­die et aux personnes saines est lancé côté fran­çais pour y parti­ci­per.

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