Ne pas être qu'un "patient" ...

La conduite automobile « Comment te sens-​​tu quand je roule ? »

Extrait de la revue Parkinson (mars 06) de l’association suisse

« De nombreux patients parkin­so­niens ne veulent pas renoncer à leur voiture.
Est-​​ce qu’ils sont encore aptes à conduire ? Il est impor­tant de prendre des mesures de précau­tion, de parler fran­che­ment et de faire preuve de bon sens. La revue
Parkinson évoque les risques qu’encourent les parkin­so­niens dans la circu­la­tion ». Par Johannes KORNACHER.

… « De nombreux patients évaluent leur apti­tude à conduire avec des simu­la­teurs de conduite comme il en existe à la clinique de Valens (suisse germa­nique) et à la clinique Suva à Sion. Ces simu­la­teurs de conduite permettent égale­ment de prendre des leçons de conduite et de passer un examen. Car il est tout à fait possible de conduire en toute sécu­rité même en étant atteint de la maladie de Parkinson. D’après des études faites avec des simu­la­teurs, des cher­cheurs de Würz­burg (Alle­magne) ont constaté que les patients parkin­so­niens, au début de la maladie, faisaient même moins de fautes que les sujets en bonne santé. Mais le nombre de fautes a évidem­ment augmenté avec la progres­sion de la maladie. »

« C’est pour cette raison que chaque auto­mo­bi­liste, mais surtout chaque patient parkin­so­nien, devrait régu­liè­re­ment se poser la ques­tion : « au fait, je conduis de quelle façon ? ». Notre parte­naire ou tout autre membre de la famille sont les meilleures personnes pouvant évaluer notre capa­cité à conduire, parce que notre percep­tion de la situa­tion est souvent déformée. On devrait alors demander : « Comment te sens-​​tu quand je roule ? ».
« La somno­lence et les accès de sommeil repré­sentent un problème impor­tant pour les patients parkin­so­niens.
Aux USA en 1999, des patients parkin­so­niens se sont forte­ment inquiétés lorsqu’il a été fait état d’accidents de la route provo­qués par des accès de sommeil dus aux agonistes dopa­mi­ner­giques
Sifrol* et Requip*. Le neuro­logue Fabio BARONTI confirme : « Il existe un risque certain de s’endormir subi­te­ment avec cette classe de médi­ca­ments ». Ces effets secon­daires sont égale­ment mentionnés avec le Modopar* une prépa­ra­tion phar­ma­ceu­tique à base de L-​​dopa » …1

« Le neuro­logue BARONTI souligne que les patients parkin­so­niens qui conduisent une voiture devraient réagir instan­ta­né­ment lorsqu’ils ressentent les premiers signes de fatigue. « Avant l’apparition de ce que l’on appelle un accès de sommeil, la personne avait déjà vécu une alerte même minime » di-​​il. Tous les auto­mo­bi­listes en bonne santé connaissent les accès de fatigue lorsque les yeux sont si lourds de fatigue qu’ils se ferment presque. A cet instant même, le patient parkin­so­nien n’a déjà plus de réserve.

« A la prochaine mani­fes­ta­tion de fatigue, il s’endort brus­que­ment. Le premier aver­tis­se­ment marque déjà la limite à ne pas fran­chir ! »
Il est alors impé­ratif qu’il s’arrête de conduire.

Fabio BARONTI conseille de bien réflé­chir si l’on veut conti­nuer de conduire et à quelle fréquence. Celui qui s’estime à la limite de ses possi­bi­lités doit passer un examen. On ne devrait plus conduire en présence de sommeil nocturne perturbé et de somno­lence occa­sion­nelle.
« Parlez ouver­te­ment de ce sujet avec votre médecin », conseille-​​t-​​il.
Et il nous livre encore un « secret » qui tient plus du carac­tère de chaque personne que de la maladie de Parkinson. Il arrive souvent que la parte­naire d’un patient lui dise :
« Veuillez inter­dire à mon mari de conduire ». Mais on ne lui a encore jamais fait la demande inverse : « Veuillez inter­dire à mon épouse… ! »

1 Une circu­laire concer­nant les mentions de précau­tion à prendre pour la conduite sous médi­ca­ment est parue et doit prochai­ne­ment s’appliquer. Voir à ce sujet l’article rédigé par l’association du Limousin.

Astuces pour une conduite plus sûre.

  • Vous ne devez pas changer de vitesse avec une voiture munie d’une boîte automatique.
  • Installez un rétro­vi­seur pano­ra­mique pour une meilleure vue d’ensemble.
  • Des rétro­vi­seurs laté­raux à angle mort permettent de réduire le risque des angles
    morts.
  • Des poignées instal­lées spécia­le­ment ou un siège surélevé vous permettent de descendre plus faci­le­ment de voiture.
  • Une housse faite de boules en bois permet de réduire la trans­pi­ra­tion et de tourner plus faci­le­ment les jambes pour monter ou pour sortir de la voiture.
  • Veillez à être assis confor­ta­ble­ment ; enlevez vos manteaux et vos vestes.
  • Evitez les longs trajets de jour comme de nuit ; ne faites pas de trajets inutiles.
  • Ne roulez si possible pas seul.
  • Ne soyez pas pressé ; faites de nombreuses haltes.

Ce sont là quelques conseils de bon sens qu’il ne faut pas perdre de mémoire. Et surtout rappelons-​​nous que la conduite, syno­nyme d’autonomie, ne doit pas pour autant nous entraîner à prendre des risques incon­si­dérés pour nos passa­gers ou les autres usagers de la route.

    4 Commentaires »

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    1. Tout d’abord merci pour vos messages.
      Sur la page google où figure votre site, il mentionné « simu­la­teur de conduite » qui a retenu mon atten­tion et dont je ne trouve aucune mention dans le contenu ?

      Commentaire par Françoise L. — 15 mars 2008 #

    2. Chère Madame,
      Si vous reprenez l’article, les « simu­la­teurs de conduite » sont mentionnés au deuxième para­graphe comme exis­tant dans deux cliniques suisses.
      J’avoue ne pas connaître les systèmes qui existent peut-​​être en France…
      Merci de votre soutien à notre action.
      Amica­le­ment
      Jean Graveleau

      Commentaire par JEAN GRAVELEAU — 20 mars 2008 #

    3. bonjour messieurs mesdames,
      il existe des consul­ta­tions pour effec­tuer des essais sur simu­la­teur auto­mo­bile dans des centres de réédu­ca­tion dans toute la france.

      Commentaire par wasson — 29 octobre 2008 #

    4. merci pour cette infor­ma­tion –E.Six

      Commentaire par GP29 — 5 novembre 2008 #

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