Ne pas être qu'un "patient" ...

Une nouvelle thérapie génique

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°40  –  mars 2010

Parkinson : une thérapie génique qui semble promet­teuse
Un nouveau trai­te­ment de la maladie de Parkinson, par le biais d’une thérapie génique, est actuel­le­ment en cours d’expérimentation chez l’homme. Cet essai découle des résul­tats encou­ra­geants d’études préli­mi­naires menées chez le primate. Ceux-​​ci sont présentés, mercredi 14 octobre, sur le site de la revue Science Trans­la­tional Medi­cine, par l’équipe du profes­seur Stéphane Palfi (CNRS/​CEA, hôpital Henri-​​Mondor, Créteil) asso­ciée à des cher­cheurs de la société de biotech­no­logie britan­nique Oxford Medica.

Deuxième affec­tion neuro­dé­gé­né­ra­tive la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson (qui touche 100 000 personnes en France) se traduit par des troubles moteurs de sévé­rité crois­sante, avec des trem­ble­ments, une rigi­dité des membres et une dimi­nu­tion des dépla­ce­ments. Elle résulte d’une dégé­né­res­cence des neurones céré­braux qui produisent la dopa­mine, neuro­trans­met­teur indis­pen­sable au contrôle des mouvements.

L’administration d’un trai­te­ment par la L-​​dopa, un précur­seur de la dopa­mine, pour combler ce déficit, tout comme la greffe de neurones d’embryons, ne donnent pas des résul­tats suffi­sam­ment bons sur le long terme. Une équipe améri­caine, asso­ciée à la société Genzyme, a déjà testé sur l’homme une thérapie génique utili­sant un virus comme vecteur d’un seul gène, avec une effi­ca­cité qui reste à confirmer.

Pas d’effets indé­si­rables

D’où l’idée de Stéphane Palfi et de ses colla­bo­ra­teurs d’utiliser un vecteur viral pour faire s’exprimer dans le cerveau non pas un, mais trois gènes permet­tant d’assurer la produc­tion de dopa­mine de manière continue. «  Au cours d’un essai chez le primate avec un groupe contrôle, nous avons démontré que ce concept pouvait marcher. Nous utili­sons comme vecteur un virus d’origine équine, capable de trans­porter les trois gènes et nous l’injectons dans le striatum  », explique Stéphane Palfi. Le striatum est la région du cerveau où la dopa­mine manque le plus au cours de la maladie de Parkinson.

Les cher­cheurs ont utilisé comme modèles des macaques qui déve­loppent la maladie de Parkinson, après admi­nis­tra­tion d’une toxine, et qui souffrent des mêmes effets indé­si­rables observés lors du trai­te­ment par la L-​​dopa (anoma­lies du mouve­ment) chez l’homme.

«  Les primates récu­pé­raient dès la deuxième semaine après la thérapie génique, et nous avons vérifié que ce bon résultat était conservé avec un recul de 44 mois, avec en parti­cu­lier l’absence des effets indé­si­rables de la L-​​dopa  », indique Stéphane Palfi. Les trois gènes permettent à la fois la produc­tion de dopa­mine et la conver­sion de la L-​​dopa en dopa­mine, précise le cher­cheur. «  Leur produc­tion de dopa­mine repré­sente 50 % de la produc­tion normale. Dans la maladie de Parkinson, les symp­tômes appa­raissent lorsque 70 % des neurones produi­sant de la dopa­mine sont détruits  », remarque Stéphane Palfi.

Toujours asso­ciée à Oxford Medica, l’équipe a obtenu des auto­rités le feu vert pour procéder à un essai clinique. Un premier patient a été opéré en mars 2008. Cinq autres ont suivi, toujours avec les mêmes résul­tats en termes de tolé­rance de la thérapie. Les premières obser­va­tions, non publiées à ce jour, montrent une amélio­ra­tion des symp­tômes, mais un nouvel essai, dit de phase 2, permettra d’évaluer l’efficacité de ce trai­te­ment chez l’homme.
Paul Benki­moun Le Monde 16 10 2009

5 Commentaires »

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  1. Bonjour,

    Moi person­nel­le­ment je vois le Pr Palfi fin Avril pour poser ma candi­da­ture au proto­cole PROSAVIN (thérapie génique) et en savoir un peu plus sur le procédé, le dérou­le­ment ainsi que sur les risques.
    Mais quelqu’un a t il déjà rencontré, discuté de ce sujet avec ce profes­seur.
    Ce serait inter­es­sant.
    De plus, on a lu un peu partout sur le Wen que le Pr Palfi devait faire une confé­rence avec REX (sur 1ers essais) fin novembre 2009, mais jamains je n’ai vu de CR sur cette confé­rence.
    Avez vous des infos ?
    cdt
    didier JAMBART

    Commentaire par jambart — 20 mars 2010 #

  2. Bonjour, non, je suis désolée je n’ai abso­lu­ment aucune infor­ma­tion– j’espère qu’un lecteur pourra répondre à votre demande — bien amica­le­ment . E. Six

    Commentaire par GP29 — 24 mars 2010 #

  3. je souhai­terai joindre Mr Jambert au sujet de son projet de consul­ta­tion avec le dr Palfi merci

    Commentaire par l'henaff — 26 mars 2010 #

  4. Bonjour, excusez moi mais je ne vais pas du tout parler du même sujet.
    Je souhai­te­rais avoir l’adresse mail de Mr Jambart pour avoir des infos sur son histoire d’effets indé­si­rables dus à son ttt sous agonistes dopa­mi­ner­giques car je fais ma thèse de phar­macie sur ce sujet « agonistes dopa­mi­ner­giques et compor­te­ments compul­sifs chez les patients traités pour la maladie de parkinson »; et dans ma dernière partie je parle de la juris­pru­dence en france et il me semble que mr jambart était le 1er à porter plainte.
    Merci d’avance Monsieur.
    Caroline

    Commentaire par caroline — 3 avril 2010 #

  5. […] 3http://gp29.net/?p=1371 […]

    Ping par Article 2 : Historique et évolution de la thérapie génique « Stéphanie's Blog — 24 avril 2010 #

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