Ne pas être qu'un "patient" ...

Parkinson et problèmes cognitifs

Paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT N°29 – juin 2007

Résumé d’un article paru dans Le jour­nal de Parkin­son Suisse de septembre 2006

« Ces dernières décen­nies, les progrès théra­peu­tiques ont permis non seule­ment une nette amélio­ra­tion de la qualité de vie des Parkin­so­niens, mais égale­ment un allon­ge­ment de leur espé­rance de vie. Toute­fois, le risque de souf­frir de troubles cogni­tifs et de démence augmente égale­ment. Ce que l’on nomme la démence de type Parkin­son (PDD) exige beau­coup des méde­cins et des personnes soignantes. Souvent une gestion globale est néces­saire afin de trai­ter au mieux aussi bien la mala­die de base que la démence qui fait désor­mais son appa­ri­tion. »

« Diffé­rentes études le montrent : de 20% à 40% des Parkin­so­niens déve­loppent une démence au cours de l’évolution de la mala­die. Toute­fois la fréquence de la démence dépend forte­ment de l’âge et de la durée de la mala­die. L’âge moyen des patients atteints de démence de type Parkin­son est de 72 ans envi­ron. Le Parkin­son multi­plie par six le risque de démence par rapport au reste de la popu­la­tion. Les facteurs de risque sont les suivants : âge avancé, longue durée de la mala­die, début symé­trique, forme hypocinétique-​rigide de la mala­die et appa­ri­tion d’hallucinations. Jusqu’à présent, il n’existe que peu d’indication sur le degré de gravité de la démence de type Parkin­son. »

« Une démence est une affec­tion céré­brale à l’origine d’une perte progres­sive des capa­ci­tés intel­lec­tuelles, de troubles cogni­tifs et de modi­fi­ca­tions psychiques allant gran­dis­sant. Ces troubles peuvent abou­tir à un besoin d’assistance inté­gral. L’orientation, la mémoire, la pensée, la compré­hen­sion, le vécu émotion­nel, le calcul, la capa­cité d’apprentissage, le discer­ne­ment et la langue comptent parmi les fonc­tions du cerveau. »

« Il ne faut pas confondre la démence de type Parkin­son avec la démence de type Alzhei­mer, dont les troubles de la mémoire sont les symp­tômes prin­ci­paux dés le début. La démence de type Parkin­son touche d’autres régions du cerveau. L’aptitude à réali­ser plusieurs tâches et à prêter atten­tion à plusieurs sources de stimuli est de plus en plus limi­tée. Le patient ne peut plus se concen­trer que sur une tâche, il perd rapi­de­ment son pouvoir de concen­tra­tion et il est dépassé par la réali­sa­tion simul­ta­née de tâches simples. La plupart du temps, les troubles de l’aisance élocu­toire s’accompagnent d’un appau­vris­se­ment de la parole. Les modi­fi­ca­tions de la person­na­lité telles que l’apathie et les tendances au repli, la dépres­si­vité et la peur, jusqu’aux phéno­mènes psycho­tiques, aux délires, aux hallu­ci­na­tions (leurres senso­riels), s’inscrivent dans ce contexte. »

« Les troubles du sommeil accom­pa­gnés d’agitation nocturne, de déso­rien­ta­tion et d’une fatigue exces­sive dans la jour­née sont fréquents. Les hallu­ci­na­tions néces­si­tant en règle géné­rale une réduc­tion de la poso­lo­gie des médi­ca­ments contre le Parkin­son, la mobi­lité se dégrade égale­ment, les troubles de la posture augmentent, tout comme la tendance à chuter. Les troubles végé­ta­tifs tels que l’incontinence s’intensifient nette­ment. Les troubles de la mémoire n’apparaissent que tardi­ve­ment dans l’évolution de la mala­die et ne ressemblent pas à ceux des patients souf­frant d’Alzheimer. Ces derniers ne peuvent enre­gis­trer aucune infor­ma­tion ; il leur est donc impos­sible de s’en rappe­ler. Les patients atteints de démence de type Parkin­son possèdent toujours leur capa­cité d’enregistrement et d’apprentissage, mais leur accès est compli­qué et retardé. C’est pour­quoi les aide-​mémoire (feuille de notes, calen­drier), inutiles en cas d’Alzheimer, peuvent s’avérer effi­caces pour eux. »…

… « Les patients atteints de démence légère peuvent encore se prendre en charge seuls. Les premières diffi­cul­tés appa­raissent au cours de tâches complexes telle que la conduite. Les hallu­ci­na­tions peuvent égale­ment marquer le début d’une démence. S’ensuivent une perte des apti­tudes sociales et profes­sion­nelles, et les premières modi­fi­ca­tions de la person­na­lité. Les patients souf­frant de démence modé­rée ont besoin d’aide au quoti­dien, perdent leur auto­no­mie et négligent les tâches courantes. Les patients atteints de démence sévère requièrent une surveillance et des soins vingt quatre heures sur vingt quatre. En géné­ral, l’intensification des troubles cogni­tifs s’accompagne d’une progres­sion de la confu­sion. La démence de typa Parkin­son évolue très lente­ment; toute progres­sion plus rapide requiert une révi­sion du diag­nos­tic. »

« Le diag­nos­tic est épineux. Souvent la démence de type Parkin­son se diffé­ren­cie diffi­ci­le­ment des handi­caps liés à la mala­die de base. Le diag­nos­tic néces­site abso­lu­ment, outre une anamnèse* détaillée, une impli­ca­tion des proches. En outre on procède à des analyses de labo­ra­toire, à des analyses neuro­psy­cho­lo­giques et élec­tro­phy­sio­lo­giques, ainsi qu’à des procé­dures d’imagerie médi­cale. Il s’agit d’exclure d’autres causes des troubles de la mémoire. »…

…« La démence de type Parkin­son peut être trai­tée phar­ma­co­lo­gi­que­ment, par exemple à l’aide d’un inhi­bi­teur de l’acétylcholinestérase. … Les anti­dé­pres­seurs peuvent trai­ter effi­ca­ce­ment les dyspho­ries dépres­sives ; les hallu­ci­na­tions et les états d’agitation requièrent souvent l’emploi de neuro­lep­tiques atypiques. Toute­fois, l’établissement d’un bon diag­nos­tic et la recon­nais­sance des parti­cu­la­ri­tés de cette mala­die sont de prime impor­tance pour le patient et ses proches soignants. Une physio­thé­ra­pie régu­lière, l’exercice au grand air, un apport suffi­sant en liquide et une alimen­ta­tion saine sont les piliers de tout trai­te­ment de base. Il est essen­tiel d’établir un schéma théra­peu­tique psycho­so­cial (par ex. : cliniques de jour, conseil des proches, suivi pendant les vacances, service de secours, etc.).

Source : www.parkinson-web.de

Lu et résumé par Jean GRAVELEAU graveleau.jean2@wanadoo.fr

* ANAMNESE : ensemble des rensei­gne­ments que le méde­cin recueille en inter­ro­geant un malade sur l’histoire de sa mala­die.

8 Commentaires Cliquer ici pour laisser un commentaire

  1. mon père est atteint de la démence de Parkin­son, hier , il a débu­ter un trai­te­ment par le lepo­nex 25 et le dopé­zil 5.. il n’a pas pu dormir la nuit, ni se réveiller le jour..je doute du traitement..ces médi­ca­ments sont t’ils vrai­ment effi­caces pour retar­der l’évolution de la mala­die… qq’un peut-​il m’aider?

    Commentaire by clara — 21 juillet 2017 #

  2. Cora­lie .c est regret­table car bien souvent la démence est un des effets secon­daires graves causé par les médi­ca­ments chimiques avec peut etre un debut d alzhei­mer, ce que les neuro­logues par leur forma­tion ne veulent pas en conve­nir. Deman­dez a son mede­cin d’alléger les doses .
    Faites moi savoir la liste des médocs.
    A bien­tôt peut etre trou­ve­rons nous­vun début de solu­tion.

    Commentaire by Limery — 12 juillet 2017 #

  3. Bonjour
    Mon papa qui vit chez ma soeur depuis le divorce de mes parents à parkin­son depuis 10 ans.
    Il est atteint de démence, devient agres­sif dès qu’on l’empêche de faire quelque chose pour sa sécu­rité.
    Nous l’avons fait hospi­ta­li­ser depuis 3 semaines suite à une crise très forte et depuis une semaine il ne supporte plus de rester là bas.
    Les méde­cins sont obli­ger de le mettre sous séda­tif et même de l’attacher pour sa sécu­rité et celle des autres malades et agents hospi­ta­lier.
    Nous vivons un cauche­mar et surtout lui.
    Avez vous déjà vécu une telle expé­rience ?

    Commentaire by Coralie Mantovani — 11 juillet 2017 #

  4. mon mari est atteint de la MP depuis une petite dizaine d années on vient de me dire qu il commence une démence parkin­son­nienne je viens de le mettre dans un centre de reva­li­da­tion afin d essayer de le remettre autant que faire se peut j ai très diffi­cile à vivre cette situa­tion car j aime passion­né­ment mon époux et il n est plus la que dois je faire pour accep­ter au mieux cette situa­tion en essayant de vivre encore de petits moments de bonheur

    Commentaire by michele — 10 février 2016 #

  5. Lorsque j’ai lu cet article, j’ ai reconnu exac­te­ment tous les compor­te­ments de mon mari. Il n’a que 61 ans et je vous dirais que ça fait au moins 2 @ 3 ans que la démence est instal­lée.

    Son neuro­logue ne le délec­tait pas jusqu’à cette année mais le test qu’il lui fait passer (test d’environ 5 minutes ou il lui fait execu­ter des dessins et lui pose des ques­tions de mémoire) est baisse de 28 @ 18 en un an.

    Je vu une très nette progres­sion en un an moi aussi.
    Jusqu’à présent, je réus­sis à compen­ser pour les diffi­cul­tés rencon­trées au quoti­dien mais il est telle­ment inac­tif et endormi dans le jour contrai­re­ment a la nuit ou son sommeil est perturbé et il se leve pour manger. Il a des hallu­ci­na­tions jour et nuit.

    Ce qui m’inquiète un peu c’ est qu’on n’a procède à analyses de labo­ra­toire, ni à des test neuro psycho­lo­giques ou elec­tro­phy­sio­lo­giques et autres tests mentionnes, ainsi que des tests d« image­rie médi­cale.

    Croyez-​vous qu’il s’avèrerait utile d’ en passer pour en connaître la sévé­rité,
    Son neuro­logue m’a dit qu’il n y avait pas de tests autres utiles passer

    Si oui, est -que je peux les deman­der et même les exiger

    Je peux m » absen­ter quelques heures et je ne vais pas loin. Je l’appelle pour qu il prenne ses pilules et l’aide dans plusieurs acti­vites de son Quoti­dien

    Je me demande s’il n’est pas déjà au stade modéré à avance delà mala­die

    Merci

    Commentaire by Carmen poirier — 10 septembre 2013 #

  6. Les hallu­ci­na­tions du Parkin­so­nien provoquent l’inquiétude du patient et de son entou­rage. J’en ai été victime à partir de 2004, en moins grave que votre mère appa­rem­ment. Mon neuro­logue m’avait alors pres­crit Lépo­nex, que je prend depuis cette date avec succès.
    Lépo­nex ( molé­cule Cloza­pine ) a en France des condi­tions assez strictes de dispen­sa­tion et d’utilisation ( voir article du 16 juillet 2012 sur le site GP29 )
    Courage !

    Commentaire by Jean Pierre Lagadec — 31 janvier 2013 #

  7. votre article m’a beau­coup inté­ressé ma mere souffre d’un Parkin­son depuis 16 ans sa mala­die se complique elle ne dort plus, a des hallu­ci­na­tions voit un chat noir, ou une personne qui imagi­naire qui passe son mede­cin nous à pres­crit temes­tat en cas de besoin et risper­dal le soir que je viens de démar­rer il y a deux jour mais les risques de ce dernier m’inquiètent pouvez-​vous m’aider j’habite au maroc
    Merci

    Commentaire by Ajana — 31 janvier 2013 #

  8. Bonjour,
    C’est la 1ère fois que je trouve quelque chose sur la démence reliée au Parkin­son et je vous informe que votre texte m’a gran­de­ment rassuré. Car, mon père souffre du Parkin­son depuis 10 ans et ça fait 2 à 3 ans que ma mère et moi trou­vons qu’il est entrain de décla­rer une démence car il a quelques fois des hallu­ci­na­tions, il ne peut pas faire 2 choses à la fois quand on lui demande, il a aussi de la diffi­culté à arti­cu­ler et à répondre aux ques­tions qu’on lui pose et surtout, il ne veut plus sortir, il se repli. Nous en avions parlé à son neuro­logue et il nous répon­dait qu’il n’avait pas de démence car sa réso­nance magné­tique ne démon­trait rien. Mais avec ce que je viens de lire, c’est certain qu’à son prochain rende-​vous, nous allons lui expo­ser les faits. Merci encore

    Commentaire by Lucie Bédard — 5 juillet 2011 #

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