Ne pas être qu'un "patient" ...

Maladie de Parkinson : un nouveau traitement prometteur en vue, mis au point par des chercheurs lillois.

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°57

Parkin­son : un trai­te­ment promet­teur testé au CHRU de Lille
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En agis­sant sur les concen­tra­tions en fer de diffé­rentes zones céré­brales, des cher­cheurs lillois ont mis en évidence un trai­te­ment promet­teur qui pour­rait permettre de ralen­tir signi­fi­ca­ti­ve­ment l’évolution de la mala­die de Parkin­son. C’est ce que révèle le commu­ni­qué de presse émis par le centre hospi­ta­lier régio­nal univer­si­taire de Lille.

Mala­die neuro­lo­gique chro­nique dégé­né­ra­tive qui se déclare entre 45 et 70 ans, la mala­die de Parkin­son affecte le système nerveux central. Elle est à l’origine de troubles essen­tiel­le­ment moteurs, à évolu­tion progres­sive. Recon­nais­sable aux trem­ble­ments incon­trô­lés des membres du patient, cette patho­lo­gie est la consé­quence directe de la destruc­tion lente de neurones du locus niger (ou « substance noire ») et d’une atteinte des fais­ceaux nigro-​striés. En France, elle touche­rait un peu plus de 150 000 personnes. S’il n’existe aucun trai­te­ment cura­tif, il est possible avec le Lévo­dopa, un médi­ca­ment conte­nant un précur­seur de la dopa­mine, de ralen­tir l’évolution de la mala­die et ainsi, d’améliorer la qualité de vie des patients. Dans certains pays, il est possible pour quelques cas graves, d’avoir recours à la stimu­la­tion céré­brale profonde. On estime qu’un peu plus de 100 000 parkin­so­niens dans le monde y ont accès. 

En 2008, Régis Bordet et ses colla­bo­ra­teurs de la faculté de méde­cine de l’université Lille 2 et du CHRU de Lille ont mis en évidence un lien possible entre taux exces­sif de fer dans le cerveau et la surve­nue de certaines mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives, telle que la mala­die de Parkin­son. Forts de ce constat, les cher­cheurs ont cher­ché dans la phar­ma­co­pée une molé­cule suscep­tible de réduire le taux de fer dans certaines zones cérébrales. 

Leurs travaux expé­ri­men­taux ont permis de sélec­tion­ner le défé­ri­prone. Après des tests encou­ra­geants sur les animaux, ils testent, depuis deux ans, ce nouveau trai­te­ment sur une quaran­taine de patients parkin­so­niens. Les premiers résul­tats montrent que la forte action oxydante du défé­ri­prone a permis de ralen­tir de façon signi­fi­ca­tive la progres­sion du handi­cap sans entraî­ner de carence en fer chez les sujets volontaires. 

Par ailleurs, les cher­cheurs lillois ont montré que ce trai­te­ment expé­ri­men­tal aurait aussi un effet neuro­pro­tec­teur. Pour l’équipe de Régis Bordet, cette nouvelle stra­té­gie théra­peu­tique ouvre une nouvelle voie dans la lutte contre la mala­die de Parkin­son. Toute­fois, avant que ce produit soit commer­cia­lisé, des essais cliniques sur un plus grand nombre de patients doivent être lancés. C’est ce que les cher­cheurs sont en train de mettre en place en colla­bo­ra­tion avec d’autres centres hospi­ta­liers univer­si­taires fran­çais et euro­péens… Affaire à suivre…

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Mala­die de Parkin­son : un nouveau trai­te­ment promet­teur en vue, mis au point par des cher­cheurs lillois.
Une équipe de cher­cheurs lillois a annoncé lundi qu’un trai­te­ment encore expé­ri­men­tal, rédui­sant la quan­tité de fer chez des patients atteints de la mala­die de Parkin­son, avait donné des résul­tats très prometteurs.

Le trai­te­ment en ques­tion, appli­qué à une quaran­taine de patients parkin­so­niens en début de mala­die, a eu « une puis­sante action oxydante », qui s’est traduite par « un ralen­tis­se­ment signi­fi­ca­tif de la progres­sion du handi­cap », est-​il écrit dans leur commu­ni­qué, reven­di­quant une « première mondiale ». L’équipe de phar­ma­co­logues et neuro­logues de la faculté de méde­cine de l’université Lille 2 et du CHRU de Lille diri­gée par le profes­seur Régis Bordet avait, selon ce dernier, retenu dès 2008 l’hypothèse d’un lien entre le taux exces­sif de fer et des mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives comme le Parkin­son.

Avant cette décou­verte poten­tielle d’un trai­te­ment neuro­pro­tec­teur pour la mala­die de Parkin­son, explique dans la même vidéo le docteur David Devos, phar­ma­co­logue, il a fallu  « trou­ver la bonne molé­cule pour réduire le taux de fer », en l’occurrence la défé­ri­prone, déjà connue. Il a fallu égale­ment  « trou­ver le bon dosage » afin de ne pas provo­quer une carence. Selon le docteur Caro­line Moreau, neuro­logue, le trai­te­ment expé­ri­men­tal a produit  « un effet sur les signes moteurs habi­tuels (trem­ble­ments, rigi­di­tés, akiné­sie) de la mala­die de Parkin­son », ainsi  « qu’un effet neuro­pro­tec­teur ». En résumé, a-​t-​elle dit, il s’agit  « d’une étude très promet­teuse et très bien tolé­rée jusqu’à deux ans, sans produire d’anémie ».

Expé­ri­men­ta­tions
Le profes­seur Luc Defebvre, égale­ment neuro­logue, a souli­gné l’originalité de la démarche dite  « tran­sac­tion­nelle » en jargon médi­cal, qui a asso­cié recherches fonda­men­tale et clinique. Même s’il a évoqué à ce sujet  « une nouvelle ère théra­peu­tique », qui  « dépasse le stade de contrôle des symp­tômes parkin­so­niens », le nouveau trai­te­ment, pour qu’il soit validé, doit aller au-​delà de  « la popu­la­tion de patients encore limi­tée » à laquelle il a été appli­qué, a souli­gné le profes­seur. Le stade suivant sera donc le chan­ge­ment d’échelle des expé­ri­men­ta­tions afin de véri­fier l’efficacité et l’innocuité de ce trai­te­ment dit  « chéla­teur de fer », c’est-à-dire réduc­teur de la surcharge céré­brale en fer, dans d’autres centres hospi­ta­liers en France et dans le reste de l’Europe.

AFP Publié le 14/​04/​2014 | 21:15, mis à jour le 17/​04/​2014 | 09:06
Lu et trans­mis par Domi­nique Bonne

2 Commentaires Cliquer ici pour laisser un commentaire

  1. vous etes dans le protocole ?

    Commentaire by Kamilla — 3 octobre 2017 #

  2. Bonjour,
    Est-​ce que des patients peuvent témoi­gner du béné­fice du défé­ri­prone sur ce forum ?
    Bonne journée
    Laurent 

    Commentaire by Benedetti — 3 octobre 2017 #

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