Ne pas être qu'un "patient" ...

Éditorial du numéro 12 — Le Parkinsonien Indépendant

Le Parkin­so­nien Indé­pen­dant — n° 12 — mars 2003

Un texte de loi en débat sur la bioéthique

Sujet d’actualité peu présent dans nos médias, il nous concerne parti­cu­liè­re­ment. En effet, « la thérapie génique » et « le clonage théra­peu­tique » sont au cœur même de la recherche sur les « cellules souches » dans lesquelles nous pouvons inscrire de grand espoir.


Il est néces­saire de régle­menter le travail des cher­cheurs en propo­sant des règles éthiques qui leur permettent de respecter ce qui fait de l’Humain une entité spéci­fique et non un « produit » manufacturé.

Mais la loi ne pourra pas, pour autant, empê­cher la Recherche d’avancer : il se trou­vera toujours quelqu’un qui se risquera à la transgresser.

Il est donc d’autant plus néces­saire d’avoir un débat sérieux, dénué de passions irra­tion­nelles, puisqu’il s’agit du mythe essen­tiel : « créer l’homme à son image » et donc, d’une certaine manière, se prendre pour Dieu.

Nos légis­la­teurs sont ainsi confrontés à des ques­tions essen­tielles. Mais ils se trouvent égale­ment confrontés à des problèmes pure­ment écono­miques : le premier labo­ra­toire qui trou­vera la formule de la « guérison » du Parkinson béné­fi­ciera d’un « jackpot » fabuleux.

Nos voisins anglais et néer­lan­dais ont répondu à la ques­tion en enca­drant la recherche sur le « clonage théra­peu­tique » et en inter­di­sant stric­te­ment le « clonage repro­ductif », faisant ainsi la diffé­rence entre l’Etre en « devenir » et la simple repro­duc­tion de cellules.

Il s’agit d’un débat diffi­cile, complexe, qui nous inter­pelle dans nos convic­tions les plus profondes. Mais il ne faudrait pas se voiler la face en repous­sant ces ques­tions à un avenir qui risque de nous dépasser si nous ne prenons pas garde à l’évolution de la Recherche : ne nous lais­sons pas dépasser par les scien­ti­fiques dont l’objectif est de repousser toujours plus loin les limites de nos connaissances.

L’Homme est à la fois obsédé par la Connais­sance et par la maîtrise de son « devenir ». Mais, et c’est là qu’il se diffé­rencie de l’animal, il est aussi doué de Raison : la Morale doit préexister sur le Maté­riel. Ce projet de loi devrait donc être au cœur de nos réflexions et béné­fi­cier de l’apport, non seule­ment des scien­ti­fiques mais aussi des philo­sophes.
Jean GRAVELEAU

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