Ne pas être qu'un "patient" ...

Saviez-​vous que, à n’importe quel âge, votre cerveau a le pouvoir de fabriquer en permanence de nouveaux neurones ?

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°68

A condi­tion de respec­ter quelques prin­cipes. De bonnes réso­lu­tions à prendre en cette nouvelle année.

La produc­tion de nouveaux neurones ne s’arrête jamais. Des cher­cheurs ont observé que dans une région du cerveau impli­quée dans la forma­tion des souve­nirs et la gestion des émotions –l’hippocampe – , les anciens neurones étaient rempla­cés par d’autres, fraî­che­ment produits à partir de cellules souches. Et chacun de nous aurait ce poten­tiel, quel que soit notre âge. Rassu­rant. Sauf que, d’après le Pr Pierre-​Marie Lledo, lors de la deuxième édition du colloque S3 Odéon, les expé­riences chez les souris ont montré que cette capa­cité pouvait dimi­nuer, voire même dispa­raître (en cas de stress) selon l’environnement. Au contraire, dans un envi­ron­ne­ment adapté, la neuro­ge­nèse chez les rongeurs a été multi­pliée par trois en quelques semaines. Le direc­teur du dépar­te­ment de neuros­ciences à l’institut Pasteur nous livre six prin­cipes à respec­ter pour conser­ver un cerveau jeune jusqu’à la fin de ses jours. 

1. Fuir la routine : 
Le cerveau se nour­rit du chan­ge­ment. En effet, la stimu­la­tion provo­quée par le chan­ge­ment entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones. Il faut, selon Pierre-​Marie Lledo, fuir la routine,  « respec­ter la libido sciendi, c’est-à-dire la soif de comprendre et d’apprendre ». Pierre-​Marie Lledo « Le cerveau se détruit de la routine  » — Insti­tut Pasteur le 3 septembre 2016. 

2. Lutter contre l’infobésité : Le cerveau est malléable et l’information invite direc­te­ment les circuits à se régé­né­rer. En revanche, la ques­tion à se poser est : quelle infor­ma­tion ? L’écosystème numé­rique dans lequel nous vivons entraîne une avalanche d’informations certes… Trop selon le méde­cin.  « L’information qui nous fait juste savoir est abso­lu­ment délé­tère, et n’incite pas le cerveau à produire de nouveaux neurones. Bien au contraire, ce dernier, bombardé d’informations, est alors condamné à l’anxiété ». Concrè­te­ment, il est indis­pen­sable de trier cette infor­ma­tion : choi­sir l’utile, celle qui nous fait comprendre, et se débar­ras­ser de la futile, celle qui nous fait juste savoir.

3. Bannir anxio­ly­tiques et somni­fères :
L’objectif des anxio­ly­tiques et des somni­fères est d’empêcher le cerveau, celui qui cherche à comprendre, de fonc­tion­ner. Leur consom­ma­tion permet de mettre le cerveau en « marche auto­ma­tique ». Leur utili­sa­tion chro­nique est donc une entrave à la produc­tion de nouveaux neurones. 

4. Bouger !
« Il nous faut lutter contre la séden­ta­rité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des substances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, vien­dront agir sur le cerveau et parti­cu­liè­re­ment sur la niche de cellules souches », explique le Pr Lledo. Il existe donc une corré­la­tion directe entre acti­vité muscu­laire et produc­tion de nouveaux neurones.

5. Culti­ver l’altérité :
Certaines parties de notre cerveau, que nous ne pouvons pas contrô­ler, ne sont enga­gées que lorsque nous sommes expo­sés à autrui.  « C’est ce qu’on appelle globa­le­ment le cerveau social », ajoute le méde­cin.  « Plus vous allez culti­ver votre alté­rité, et plus vous allez soigner votre cerveau car il sera enclin à produire plus de nouveaux neurones »

6. Soigner le micro­biote :
Très récem­ment, les neuros­ciences, asso­ciées avec la micro­bio­lo­gie, ont montré qu’il y a une flore intes­ti­nale qui commu­nique en perma­nence avec notre cerveau. Notre régime alimen­taire a donc un rôle impor­tant : la consom­ma­tion de fibres, un régime varié, incitent à la proli­fé­ra­tion de certaines espèces bacté­riennes concou­rant juste­ment à la proli­fé­ra­tion de neurones. A l’inverse, une nour­ri­ture peu variée, riche en sucres, en graisses, favo­rise la proli­fé­ra­tion d’espèces bacté­riennes qui ne permet­tront plus aux cellules de produire de nouveaux neurones, quel que soit l’âge. Un bon micro­biote (régime alimen­taire varié) favo­rise les nouveaux neurones.

Et le Pr Lledo de conclure sur une maxime de Goethe :  « Trai­ter les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aide­rez à deve­nir ce qu’ils peuvent être ». A médi­ter…

Cf. Pierre-​Marie Lledo
S3Odeon
Sciences_​Avenir — Elena Sender 3 septembre 2016

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