Ne pas être qu'un "patient" ...

Pesticides : Alerte sur le cerveau de nos enfants

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°69

Une étude récente de l’INSERM révèle l’existence de troubles du compor­te­ment chez des enfants de 6 ans expo­sés à certains pesti­cides.

On les appelle pyré­thri­noïdes. Ils forment la deuxième géné­ra­tion des pesti­cides, suppo­sés moins dange­reux que leurs prédé­ces­seurs, les orga­no­phos­pho­rés. Problème : ce sont des neuro­toxiques qui modi­fient l’activité des neurones en les dépo­la­ri­sant, c’est-à-dire en provo­quant des afflux massifs d’ions –notam­ment de sodium– à travers leur membrane. Un mode d’action qui les rend très effi­caces contre les insectes et para­sites. Mais là où le bât blesse, c’est que ces compo­sés perturbent aussi, même à doses infi­ni­té­si­males, les neurones des enfants. 

L’impact des pyré­thri­noïdes a été mesuré par 4 équipes de l’Inserm et de l’Université de Rennes auprès de 287 enfants fran­çais et britan­niques. Les biolo­gistes ont mesuré la quan­tité de méta­bo­lites issus de la trans­for­ma­tion de ces pesti­cides dans l’organisme des bambins, par des analyses d’urines. Ils ont égale­ment distri­bué aux mamans des ques­tion­naires stan­dards, permet­tant d’identifier d’éventuels troubles du compor­te­ment chez leur enfant. Résul­tat : la dose de pyré­thri­noïdes présente dans les urines prédit à la fois les troubles du compor­te­ment dits d’internalisation (incluant des symp­tômes émotion­nels tels des accès d’anxiété, de nervo­sité ou de tris­tesse, mais aussi des diffi­cul­tés à se faire des amis ) et les troubles dits d’externalisation, regrou­pant des problèmes de distrac­tion, d’hyperactivité ou d’impulsivité, des alté­ra­tions du compor­te­ment prenant la forme d’ accès de colère fréquents, de bagarres ou de rébel­lions contre les profes­seurs, et enfin des diffi­cul­tés de socia­li­sa­tion et d’empathie.

Quelle en est la cause ? Les pyré­thri­noïdes, en surchar­geant les neurones de sodium, modi­fie­raient les concen­tra­tions d’un facteur de crois­sance qui guide la pousse des cellules nerveuses. Dès lors, le programme de déve­lop­pe­ment céré­bral des enfants serait boule­versé.

Où sont ces molé­cules ? Les pyré­thri­noïdes consti­tuent une classe impor­tante de pesti­cides présents dans les fruits et légumes, mais aussi dans certains tapis et textiles, dans les anti­mous­tiques ou maté­riaux utili­sés dans les bâti­ments publics. Ils font partie des pertur­ba­teurs endo­cri­niens mis en cause dans un nombre crois­sant d’études de santé. 

Article du Dr Sébas­tien Bohler neuro­bio­lo­giste,
Relevé dans Cerveau& Psycho par Fran­çoise Vignon

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