Ne pas être qu'un "patient" ...

Addiction aux jeux et traitements dopaminergiques

paru dans Le Parkin­so­nien Indé­pen­dant n° 19 — décembre 2004

Nous avons reçu deux noti­fi­ca­tions d’addiction aux jeux survenue chez des patients traités aux agonistes dopaminergiques.

Le premier cas concer­nait un homme de 58 ans sans anté­cé­dent psychia­trique, traité au Norprolac* (quina­go­lide) pour un adénome hypo­phy­saire. Ce patient a déve­loppé une addic­tion aux jeux de hasard (machines à sous) constatée après trois mois de trai­te­ment asso­ciée à une sexua­lité compul­sive 2 mois plus tard.

Le second cas concer­nait une femme de cinquante ans, sans anté­cé­dent psychia­trique traitée pour une maladie de parkinson. Cette patiente a présenté une addic­tion aux jeux de hasard (machines à sous, vidéo­poker) environ six mois après le rempla­ce­ment du Réquip (ropi­ni­role) 12 mg/​j par Celance (pergo­lide) 2 mg/​j en asso­cia­tion à Modopar 50 mg/​j et Comtan (enta­ca­pone) 1 g/​j non modifiés.


Les patients ont fait l’objet d’un suivi psychia­trique. Dans le premier cas une réduc­tion de la poso­logie de moitié permet­tait une amélio­ra­tion symp­to­ma­tique avec norma­li­sa­tion de la sexua­lité mais persis­tance d’une certaine compul­si­vité pour le jeu égale­ment observée dans le second cas.

La chro­no­logie permet d’évoquer la respon­sa­bi­lité de la prise d’agoniste dopa­mi­ner­gique comptez tenu de l’absence d’antécédent chez ces patients de 50 ans même si la possi­bi­lité d’un terrain prédis­po­sant ne peut être écartée.

Au plan biblio­gra­phique on trouve des cas d’abus de produits anti-​​parkinsoniens agonistes dopa­mi­ner­giques condui­sant à une esca­lade des poso­lo­gies par le biais d’une phar­ma­co­dé­pen­dance à la Lévo­dopa (stimu­la­tion de la voie dopa­mi­ner­gique du plaisir et de la récom­pense suivi d’une éléva­tion du seuil de sensi­bi­lité). Des modi­fi­ca­tions compor­te­men­tales à type d’irritabilité, d’achats compul­sifs voire d’hypersexualité ont été obser­vées. Ces effets sont à rappro­cher des conduites addic­tives aux jeux de hasard obser­vées dans les deux cas qui nous ont été rapportés.

Extrait du bulletin Niçois de phar­ma­co­vi­gi­lance
Lu par Jean GRAVELEAU

6 Commentaires »

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  1. Bonjour,

    mon père a la maladie de parkinson depuis 9 ans.
    Il est devenu joueur compulsif et a perdu 100.000 euros aux jeux cette année.

    Je voudrais pouvoir rentrer en contact avec des les cher­cheurs qui ont publié cette études ou rencon­trer d’autres gens qui ont cette maladie et ce problème avec le jeu compulsif

    Commentaire par Alexandre — 4 décembre 2005 #

  2. Un certain nombre de cas nous ont été cités rele­vant de l’addiction au jeu. Une amie, médecin et Parkin­so­nienne elle-​​même, s’est penchée sur la ques­tion. Vous pour­riez vous adresser à elle avec profit. Il s’agit de Anne FROBERT et sona­dresse Email est la suivaante: annefrobert@wanadoo.fr
    Amica­le­ment
    Jean Grave­leau, direc­teur de publication

    Commentaire par GRAVELEAU JEAN — 19 janvier 2006 #

  3. bonjour , je suis agé de 45 ans j’ai souf­fert en étant sous agoniste dopa­mi­ner­gique d’une forte aduc­tion aux jeux d’argent mais ayant bene­fi­cier d’une implem­ta­tion d’un stimu­la­teur , on m’a supprimé les agonistes dopa­mi­ner­giques celance est réquipe et cette adduc­tion aux jeux d’argent a disparut ‚j’ai quand meme perdu plus de 100 000 euros , je trouve aberant a par pour le sifrol que cela ne soit pas indiqué sur les notices

    Commentaire par arias jean-denis — 10 avril 2006 #

  4. je suis âgée de 53 ans et parki­so­nienne depuis
    l’année 2000 , depuis en trai­te­ment sur MODOPAR
    REQUIP, PUIS CELNCE ET CE JOUR SOUS SIFROL,
    je ne me contrôle plus et je suis devenue
    très accro aux jeux .……
    que faire, se soigner et devenir de plus en plus
    appau­vrie, ne plus se soigner et avoir toutes
    les conséquences désas­treuses de la maladie de
    parkison??????
    MERCI ME REPONDRE , ne peut on pas attaquer
    car c’est grave de pres­crire de tels médi­ca­ments
    avec de tels effets secondaires???????

    Commentaire par mouly — 21 octobre 2006 #

  5. Il est vrai que des épisodes de jeu patho­lo­gique ont été décrits chez des patients atteints de la maladie de Parkinson traités par des agonistes dopa­mi­ner­giques, dont le Requip — Ces données figurent désor­mais dans le résumé des carac­té­ris­tiques des spécia­lités REQUIP.

    Il existe une asso­cia­tion des victimes d’intoxication et addic­tions médi­ca­men­teuses -
    Vous pouvez consulter son site : http://www.aviamfrance.org

    J’espère que vous trou­verez là, l’aide que vous recher­chez. bien amica­le­ment — E. Six

    Commentaire par Six Emilienne — 30 octobre 2006 #

  6. Merci de m’avoir prévenu, c’est une infor­ma­tion à la télé qui a attirée mon atten­tion .… pastille bleue … et parkinson.Je devais commencer ce jour un trai­te­ment au MODOPAR, je suis alcoo­lique et sais combien les ravages dus aux addic­tions sont consi­dé­rables et incontrolables,certains joueurs anonymes utilisent le programme des alcoo­liques anonymes pour s’en sortir. Tout en sachant qu’il y a une solu­tion, éventuelle je ne vais pas prendre ce risque de devenir dépen­dant des jeux.

    Merci à vous M Sezer

    Commentaire par sezer — 6 novembre 2007 #

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