Ne pas être qu'un "patient" ...

La nicotine rend-​elle curieux ?

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°66

Un lien vient d’être décou­vert entre la curio­sité et une molé­cule du cerveau, sensible à la nico­tine.
Étrange compor­te­ment que celui de ces souris qui, privées de récep­teurs nico­ti­niques, perdent tout inté­rêt pour l’incertitude et le risque. Les récep­teurs nico­ti­niques sont des molé­cules céré­brales qui permettent à la nico­tine de stimu­ler les neurones. Certains de ces récep­teurs, de type alpha4-​bêta2 ont été reti­rées chez des souris de labo­ra­toire qui ont été placées devant un choix : aller dans un coin de la cage où elles étaient sûres à 100% de rece­voir une récom­pense, et un autre coin où elles avaient une proba­bi­lité de 50%. Alors que des souris normales se partagent entre ces deux options (parce qu’elles aiment aussi le risque et l’incertitude), les souris dépour­vues de ces récep­teurs ne sont plus du tout atti­rées par l’option incer­taine.

Un récep­teur de la curio­sité
La nico­tine est-​elle néces­saire à la curio­sité ? Se demande-​t-​on à la lecture de ces travaux, réali­sés par Philippe Faure et son équipe du labo­ra­toire de Neuros­ciences Paris-​Seine (CNRS – UPMC — INSERM). Pas tant la nico­tine que son analogue natu­rel, l’acétylcholine. Cet impor­tant neuro­trans­met­teur libéré par notre cerveau se fixe de la même façon sur ces fameux récep­teurs et parti­ci­pe­raient à notre attrait pour les situa­tions ambi­guës, formant la base des compor­te­ments d’exploration.

Mais la nico­tine, en inter­fé­rant avec le duo acétylcholine-​récepteur alpha4-​bêta2, modu­le­rait ce goût du risque. Dès le début des années 2000, Kathe­rine Ryan et ses collègues de l’université Prince Edward Island, au Canada, avaient montré que cette molé­cule conte­nue dans le tabac stimule la prise de risque chez les personnes plutôt tran­quilles, et l’apaise chez les plus aven­tu­reux. C’est la fameuse ciga­rette que l’on prend pour se calmer ou au contraire se donner un coup de fouet.

Dernier apport de l’étude fran­çaise : les cher­cheurs ont pu loca­li­ser l’endroit du cerveau où les récep­teurs de la nico­tine et de l’acétylcholine influent sur notre curio­sité. Il s’agit de l’aire tegmen­tale ventrale, qui fait partie d’un circuit impor­tant dans la percep­tion du plai­sir. La dopa­mine, molé­cule clas­si­que­ment asso­ciée au plai­sir, se mêle­rait ainsi à l’acétylcholine (et à la nico­tine chez le fumeur) pour donner lieu à des compor­te­ments tourné vers les grati­fi­ca­tions ou la prise de risque. Ce qui expli­que­rait pour­quoi les joueurs de casino sont souvent de gros fumeurs. Peut-​être est-​ce pour eux, un moyen de régu­ler leur prise de risque.

Article de Sébas­tien Bohler de Cerveau & Psycho
Lu par Fran­çoise Vignon

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