Ne pas être qu'un "patient" ...

Éditorial

Article pa­ru dans LE PARKINSONIEN INDEPENDANT N°35 – dé­cem­bre 2008

Pour le der­nier nu­mé­ro de l’année, plu­sieurs lueurs d’espoir. Et puis­que c’est la pé­rio­de tra­di­tion­nel­le des ca­deaux, voi­ci le nô­tre.

La plus gran­de nou­vel­le, vous la trou­ve­rez en pa­ge 11 : des cher­cheurs ont pu met­tre en évi­den­ce la pré­sen­ce, en nom­bre im­por­tant, de si­tes – j’allais di­re de « nids » – de cel­lu­les sou­ches dans le cer­veau et qui per­met­tent le dé­ve­lop­pe­ment de « piè­ces de re­chan­ge », de neu­ro­nes, ve­nant rem­pla­cer ceux qui ont dis­pa­ru ! Nous avons là une pis­te es­sen­tiel­le pour de fu­turs trai­te­ments de la ma­la­die et non plus seule­ment de ses symp­tô­mes.

Hasard ou évi­den­ce, deux ar­ti­cles vien­nent vous pré­sen­ter à peu près les mê­mes ré­flexions sur la dé­pres­sion in­hé­ren­te à la plu­part des ma­la­dies de Parkinson. Ils in­sis­tent sur les ap­pro­ches psy­cho­lo­gi­ques aus­si im­por­tan­tes – si­non plus – que le trai­te­ment des symp­tô­mes phy­si­ques. « Accepter sa ma­la­die », s’en « ren­dre maî­tre » et ne plus en « être es­cla­ve », re­lè­ve d’une né­ces­si­té vi­ta­le pour l’avenir du pa­tient et de son en­tou­ra­ge.

Je suis ra­vi de voir cet­te ap­pro­che psy­cho­lo­gi­que de plus en plus re­te­nue par nos par­te­nai­res : le doc­teur Lallement ne dit pas au­tre cho­se dans son ex­po­sé re­pris dans cet­te re­vue. Elle me per­met aujourd’hui d’affirmer qu’il est pos­si­ble de non seule­ment « sur­vi­vre » à cet­te ma­la­die mais aus­si de la fai­re ré­gres­ser : no­tre cer­veau a des res­sour­ces in­soup­çon­nées qu’il nous faut ap­pren­dre à uti­li­ser. Je me per­mets de l’affirmer avec for­ce m’appuyant sur ma pro­pre ex­pé­rien­ce. Ceux qui me connais­sent ont pu le consta­ter et pour en ap­por­ter une preu­ve sup­plé­men­tai­re, je pré­ci­se que j’ai com­men­cé à ré­dui­re mon trai­te­ment sui­vi de­puis dé­jà pres­que 15 ans, ce­ci sans sé­quel­le ap­pa­ren­te bien au contrai­re !

Vous me par­don­ne­rez, je l’espère, cet­te al­lu­sion à mon vé­cu per­son­nel. Je ne com­prends pas tout ce qui m’arrive mais je vou­drais vous di­re à quel point j’ai le sen­ti­ment d’une ré­gres­sion de la ma­la­die et je vou­lais vous le fai­re par­ta­ger. La lec­tu­re de l’article sur les cel­lu­les sou­ches dans le cer­veau m’a ras­su­ré sur mon état men­tal : je ne rê­ve pas, je ne fan­tas­me pas. La gué­ri­son ou plu­tôt la ré­mis­sion est pos­si­ble : il suf­fit d’en trou­ver la clé. Sûrement que mon en­ga­ge­ment dans cet­te lut­te de tous les jours et les mé­tho­des di­ver­ses uti­li­sées me per­met­tent d’en ac­cé­lé­rer la ve­nue !

Je ne suis pas de­ve­nu « illu­mi­né » ni en­ga­gé dans des dé­ri­ves ir­ra­tion­nel­les ; je suis tout sim­ple­ment aujourd’hui per­sua­dé que l’on peut bat­tre sur son ter­rain la ma­la­die qui, si on n’y prend pas gar­de, nous en­va­hi et nous rend es­cla­ve – je le sais pour l’avoir vé­cu au dé­but com­me tout un cha­cun. Mais je ne veux pas don­ner de le­çon. Chacun se dé­brouille com­me il peut pour vi­vre avec son Parkinson : c’est un com­bat de lon­gue du­rée qu’il faut at­ta­quer le plus tôt pos­si­ble.

Tous mes vœux à cha­cun pour trou­ver son che­min d’espoir pour cet­te nou­vel­le an­née !

Jean Graveleau

La lettre info du GP29 n°42

Les vœux de la pré­si­den­te, un ar­ti­cle consa­cré à la ni­co­ti­no­thé­ra­pie, des da­tes à re­te­nir, et de bel­les idées po­si­ti­ves …

Tout ça, c’est .

Nous étu­dions en ce mo­ment la pos­si­bi­li­té de met­tre les ar­chi­ves de la Lettre en li­gne.

Pourquoi devons-nous augmenter les doses de L-Dopa ?

Article gen­tî­ment pro­po­sé par Émile Rainon. 3 ima­ges, sur les­quel­les vous pou­vez cli­quer pour les voir plus gran­des.

Corrélations entre les symptômes ressentis et la modélisation du traitement

Document de Pierre Lemay et Émile Rainon. 13 ima­ges. Vous pou­vez voir les ima­ges plus grand si vous cli­quez des­sus.

Un séjour dans un centre de rééducation fonctionnelle

Centre de ré­édu­ca­tion fonc­tion­nel­le si­tué à Ploemeur, près de Lorient, Kerpape est bâ­ti sur un si­te de 35 ha en bord de mer. Les bâ­ti­ments sont re­liés en­tre eux par des cou­loirs abri­tés (res­sem­blant à des ser­res), murs sur les cô­tés d’environ 1m et re­cou­verts cô­tés et des­sus en ver­re ou au­tre ma­tiè­re trans­pa­ren­te. Les cou­loirs sont lar­ges 3-4m par­fois plus et cho­se sur­pre­nan­te en ar­ri­vant, on y voit cir­cu­ler des vé­los et bien sûr des fau­teuils rou­lants.

Le Ier jour en ar­ri­vant, j’ai été re­çue par une in­fir­miè­re qui m’a mon­tré où m’installer et m’a de­man­dé le trai­te­ment que je sui­vais pour se pro­cu­rer les mé­di­ca­ments né­ces­sai­res. Le pe­tit dé­jeu­ner est pris dans la cham­bre, au lit ou à ta­ble, les au­tres re­pas sont pris en com­mun dans une sal­le à man­ger où l’on nous at­tri­bue une pla­ce, la mê­me du­rant tout le sé­jour. Les re­pas sont ser­vis à 12h30 et 18h30. Ceux qui sui­vent des ré­gi­mes ont dé­jà leur des­sert ou hors d’œuvre à leur pla­ce.

L’après mi­di, j’ai vu le doc­teur qui m’a de­man­dé des ex­pli­ca­tions et dé­tails de la ma­la­die et pro­blè­mes ac­tuels ; puis el­le a ap­pe­lé un ki­né, un or­tho­pho­nis­te, un er­go­thé­ra­peu­te qui sont ar­ri­vés 5 mi­nu­tes après. Après les pré­sen­ta­tions, le doc­teur a ré­su­mé mon état de san­té et in­di­qué le but à at­tein­dre. Ils ont pris des no­tes et sont re­par­tis. Le doc­teur m’a pro­po­sé, si je le dé­si­rais, dif­fé­rents exa­mens – exem­ples : vous avez des pro­blè­mes du vue ? Vous pour­rez voir l’ophtalmo, si vous avez des pro­blè­mes en ava­lant, on peut fai­re une fi­bro­sco­pie de la gorge….etc

Le len­de­main ma­tin, une ai­de soi­gnan­te vient me ré­veiller à 7h, mais je ne tiens pas de­bout, je pren­drai donc une dou­che al­lon­gée, puis ha­billa­ge, pe­tit dé­jeu­ner, fin de toi­let­te et on vient m’apporter un ta­bleau avec l’emploi du temps du lun­di au ven­dre­di com­pris.

A 10h30 tous les jours, er­go­thé­ra­pie jusqu’à 11h
Mardi et jeu­di, or­tho­pho­nie de 11h à 11h30 ; puis ki­né de 11h30 à 12h30 – l’après-midi ki­né en­co­re de 14h30 à 15h30 dans une gran­de sal­le.

Nous de­vons nous ren­dre dans les sal­les res­pec­ti­ves pour les heu­res in­di­quées, au dé­but ou se­lon nos pos­si­bi­li­tés, on nous y conduit – un cha­rio­teur – soit il ne conduit qu’une per­son­ne, dans ce cas, il prend un vé­lo qu’il di­ri­ge d’une main et il ti­re le fau­teuil rou­lant avec l’autre – ou – s’il conduit 2 per­son­nes, il est obli­gé d’aller à pied et de ti­rer 2 fau­teuils en mê­me temps ou bien il fait fai­re 2 al­ler et re­tour. Les mem­bres du per­son­nel sont ame­nés à fai­re du vé­lo quand ils se ren­dent dans des ser­vi­ces éloi­gnés. En de­hors des pé­rio­des de ré­édu­ca­tion, il y a des temps li­bres que l’on peut oc­cu­per à sa gui­se, lec­tu­re, re­pos, té­lé, pro­me­na­de dans le parc au bord de mer, sal­le de loi­sirs avec animation…..etc

Le per­son­nel est plu­tôt sym­pa mais j’ai eu quel­ques pro­blè­mes à cau­se des mé­di­ca­ments. Ils ne connais­sent pas bien la MP et ses exi­gen­ces en ma­tiè­re d’horaire. Il ne faut pas ou­blier les rendez-vous en­tre temps, car­dio­lo­gue, ORL, or­tho­pro­thé­sis­te pour un corset…..etc

Enfin la veille de mon dé­part le doc­teur a réuni tous les in­ter­ve­nants pour fai­re la syn­thè­se de mon sé­jour puis m’a ap­pe­lée pour me don­ner tous les ré­sul­tats et conclu­sions.

Je perds la voix car je man­que de souf­fle, à fai­re tous les mois un contrô­le par un pneu­mo­lo­gue. Je ris­que des faus­ses rou­tes en bu­vant des li­qui­des, il m’est conseillé de boi­re des li­qui­des avec un épais­sis­sant ou des nec­tars de fruits ou…enfin concer­nant ma len­teur, il n’y a pas de re­mè­de.

Je n’ai pas eu ac­cès à Internet, ce­la m’a man­qué un peu. J’étais dans le ser­vi­ce où l’on soi­gne les brû­lés, les am­pu­tés et le ra­chis, je sup­po­se que l’on m’a mi­se dans ce ser­vi­ce à cau­se de la sco­lio­se ; à un au­tre éta­ge, il y avait tou­tes les ma­la­dies du cer­veau, mais je ne l’ai su qu’en fin de sé­jour ; est-ce que ce­la au­rait chan­gé les cho­ses ? Pas sûr !!!!

GP29 – Lettre d’info n° 41 – Octobre 2007

Et voi­là, nous n’avons pas eu à met­tre en ac­tion le plan ca­ni­cu­le, il va cer­tai­ne­ment nous man­quer les bien­faits que nous de­vons au so­leil, es­pé­rons que nous com­pen­se­rons par un hi­ver bien­veillant, ce qui se­ra bien pour nous et no­tre bud­get !!!

Tout ce­la ne nous a pas lais­sé in­ac­tifs,

  • Les fo­rums : des so­li­da­ri­tés en sep­tem­bre à Quimper, dans le ca­dre de la se­mai­ne de la san­té à Brest en oc­to­bre – tous deux bien or­ga­ni­sés, mê­me si nous avons l’impression de n’aider qu’un pe­tit nom­bre de per­son­nes, il faut y être pour mon­trer no­tre exis­ten­ce.
  • Septembre a vu aus­si no­tre jour­née de ren­con­tre avec les psy­cho­lo­gues – vous en avez le comp­te ren­du par ailleurs.
  • Les in­ter­ven­tions de for­ma­tion ont re­com­men­cé, en oc­to­bre à Brest, bien­tôt à Morlaix.

Les points ren­con­tre ont re­pris leur ryth­me men­suel. Hélas, nous avons dû pren­dre la dé­ci­sion de fer­mer Carhaix. Contrairement à ce que lais­sait es­pé­rer l’intérêt mon­tré lors de la Porte Ouverte, la fré­quen­ta­tion du point ren­con­tre a été nul­le. Nos res­pon­sa­bles se sont pré­sen­tés cha­que mois pen­dant plus d’une an­née, dans le lo­cal que la mu­ni­ci­pa­li­té de Carhaix avait mis à no­tre dis­po­si­tion, et ce, sans le moin­dre ré­sul­tat – dom­ma­ge.

En oc­to­bre, nous avons as­sis­té aux Assemblées Générales de CECAP et d’AGP à Hauteville dans la Manche. Les Associations qui com­po­sent CECAP ont pu fai­re le point sur les ac­ti­vi­tés et sur la Recherche – Une ex­cel­len­te jour­née d’interventions de dif­fé­rents in­ter­ve­nants nous a fait abor­der beau­coup de su­jets (les pom­pes à Apokinon et Duodupa – la psy­cho­lo­gie et la MP – l’aide aux Aidants.) Un cer­tain nom­bre de fi­nis­té­riens ont vé­cu avec bon­heur les 8 jours de va­can­ces ma­gis­tra­le­ment or­ga­ni­sés par nos amis de la Manche.

Et la gran­de nou­vel­le : En 2008, c’est no­tre dé­par­te­ment qui re­ce­vra tou­tes les au­tres Associations. Réservez dès main­te­nant 8 jours de vos va­can­ces pour par­ti­ci­per à ce grand mo­ment de la vie de no­tre Association.

da­te : 27 sep­tem­bre au 4 oc­to­bre 2008 –
lieu : Loctudy

Cela ajou­té à tou­tes nos au­tres ac­ti­vi­tés nous pro­met une an­née bien rem­plie – ne man­quez pas d’y par­ti­ci­per –

Bien ami­ca­le­ment
Emilienne Six
Présidente du GP29
ASSOCIATION DE PARKINSONIENS DU FINISTÈRE
LES AMIS DU FINISTÉRE – PENN AR BED
gp29@altern.org

Éxercices à réaliser à domicile

Éxercices à réa­li­ser à do­mi­ci­le pour les per­son­nes at­tein­tes de la ma­la­die de par­kin­son
Conseils don­nés par Madame Emmanuelle Rousseau- ki­né­si­thé­ra­peu­te – lors de la confé­ren­ce du 27 jan­vier 2007

Au dé­but de la ma­la­die
Vous êtes cou­ché sur le dos, un bâ­ton dans les mains et éle­vez les bras en flé­chis­sant un ge­nou sur la poi­tri­ne. L’exercice est réa­li­sé sur le temps ins­pi­ra­toi­re, la fin de l’amplitude est com­plé­tée par une per­son­ne ex­té­rieu­re éven­tuel­le­ment.
Cet exer­ci­ce per­met de conser­ver des mou­ve­ments sou­ples et am­ples

Vous trans­va­sez de l’eau ou du sa­ble conte­nu dans un ver­re ou go­be­let dans un au­tre, ce­la vous in­ci­te à réa­li­ser le ges­te avec flui­di­té, ce­la né­ces­si­te vo­tre concen­tra­tion.
Cet exer­ci­ce ten­te de lut­ter contre les trem­ble­ments

Vous êtes cou­ché sur le dos et réa­li­sez des mou­ve­ments en sens op­po­sé de ro­ta­tion des cein­tu­res sca­pu­lai­res (li­gne pas­sant par les épau­les) et pel­vien­nes (li­gne du bas­sin). Les jam­bes sont pliées, pieds au sol et s’inclinent sur un cô­té tan­dis que les bras ten­dus de­vant vous s’inclinent de l’autre
Cet exer­ci­ce vi­se à amé­lio­rer l’organisation de ges­tes com­plexes, asy­mé­tri­ques

Vous bou­gez vo­tre poi­gnet et vos doigts d’une main avec l’autre, en vous concen­trant à lais­ser mol­le la main qui est bou­gée. Ensuite, vous vous obli­gez à sen­tir vo­tre bras « lourd »pour bien le re­lâ­cher.
Cet exer­ci­ce vi­se à amé­lio­rer l’écriture

et en­sui­te…

Vous êtes cou­ché sur le dos, les jam­bes ten­dues et les bras en croix. Vous fai­tes pas­ser une bal­le al­ter­na­ti­ve­ment sous une jam­be puis sous l’autre. En glis­sant bien les bras sur le sol et en les re­pla­çant bien dans la po­si­tion de dé­part. Les jam­bes se sou­lè­vent en en­tier pour lais­ser pas­ser la bal­le et se ral­lon­gent après cha­que mou­ve­ment.
Vous fai­tes ce­la à vi­tes­se constan­te et sou­te­nue, aidez-vous en comp­tant tout haut vos mou­ve­ments ou uti­li­sez un mé­tro­no­me.
Cet exer­ci­ce per­met de lut­ter contre le ra­len­tis­se­ment des mou­ve­ments

A cha­que mou­ve­ment ou ges­te que vous vou­lez réa­li­ser, for­cer vous à le vi­sua­li­ser avant et ver­ba­li­sez le dé­part par un mot ou dé­comp­te.
Cet exer­ci­ce per­met d’éviter la dif­fi­cul­té à dé­mar­rer le mou­ve­ment

Vous de­man­dez à vo­tre conjoint de vous te­nir les mains et de les « bal­lo­ter » en ti­rant com­me s’il vou­lait al­lon­ger vos bras. Faire en­sui­te la mê­me cho­se avec les pieds.
Cet exer­ci­ce est à réa­li­ser lors des pé­rio­des « off », il en di­mi­nue l’inconfort

Vous vous en­traî­nez à en­jam­ber un obs­ta­cle pour re­dé­mar­rer la mar­che .ou vous ten­dez les bras de­vant vous en mar­chant
Cet exer­ci­ce vi­se à évi­ter l’hésitation du dé­but de mar­che ou le blo­ca­ge de celle-ci

Vous êtes as­sis sur un ta­bou­ret, de­vant une gla­ce, vous avez une bal­le. Vous al­lez fai­re pas­ser la bal­le sous un ge­nou puis l’autre, fai­re tour­ner la bal­le au­tour de vous der­riè­re vo­tre dos, et pas­ser la bal­le der­riè­re vo­tre cou. Vous pou­vez comp­ter pen­dant l’exercice
Cet exer­ci­ce sti­mu­le l’organisation de ges­tes com­plexes avec un sup­port vi­suel

Vous êtes cou­ché sur le dos et le­vez le bras droit en mê­me temps que la jam­be gau­che, puis vous re­po­sez. Ensuite vous le­vez l’autre bras avec la jam­be op­po­sée.
Cela peut se fai­re en ryth­me ver­bal plus ou moins ra­pi­de
Cet exer­ci­ce vous ai­de à main­te­nir un mou­ve­ment pro­lon­gé.

Vous êtes as­sis, de­vant une gla­ce. Vous pro­non­cez des voyel­les en exa­gé­rant la pro­non­cia­tion. Vous in­sis­tez avec les mou­ve­ments de la bou­che, des joues.
Cet exer­ci­ce en­tre­tient la mo­tri­ci­té de la fa­ce et des mus­cles in­ter­ve­nant lors de l’alimentation

Vous êtes de­bout, pieds écar­tés, les mains join­tes. Vous al­lez ve­nir pla­cer vos mains vers le haut, en­tre vos jam­bes, vers la droi­te et vers la gau­che, un mou­ve­ment après l’autre. Vous pou­vez ver­ba­li­ser le mou­ve­ment à voix hau­te, en di­sant « en haut », « en bas », « à droi­te », « à gau­che »
Cet exer­ci­ce sti­mu­le vo­tre for­ce mus­cu­lai­re

Vous êtes as­sis sur un ta­bou­ret et avez un rou­leau de « so­pa­lin » vi­de, seule­ment le car­ton. Vous pla­cez le rou­leau de­vant un œil, com­me une longue-vue et re­gar­dez dans le rou­leau vers le haut, le bas, à droi­te, puis à gau­che. En ver­ba­li­sant vos mou­ve­ments. L’autre œil est fer­mé.
Vous pou­vez éga­le­ment à par­tir de vo­tre œil, écri­re vo­tre pré­nom et nom de­vant vous dans l’espace. C’est l’œil qui doit vous gui­der et en­traî­ner des mou­ve­ments du cou.
Cet exer­ci­ce amé­lio­re vo­tre sou­ples­se cer­vi­ca­le.

Si vous avez des dés­équi­li­bres vers l’arrière. Vous êtes de­bout, ados­sé à un mur, les pieds un peu en avant. Vous al­lez dé­col­ler vo­tre dos du mur puis re­ve­nir dou­ce­ment contre le mur. Ceci plu­sieurs fois.
Cet exer­ci­ce vous ren­for­ce vers des po­si­tions en avant et évi­te les dés­équi­li­bres vers l’arrière.

Vous êtes à ge­noux sur un cous­sin de­vant le dos­sier d’une chai­se. Si ce­la est trop dif­fi­ci­le vous pou­vez être as­sis, bien au fond d’une chai­se, avec les pieds au sol. Vous pla­cez vos bras ten­dus sur le dos­sier de la chai­se qui est de­vant vous et, en souf­flant, vous ap­pro­chez vo­tre front de vos mains.
Cet exer­ci­ce doit vous éti­rer les épau­les vers l’arrière et le dos. Il peut né­ces­si­ter une ex­pli­ca­tion com­plé­men­tai­re par vo­tre ki­né pour être op­ti­mi­sé.

Vous ne de­vez pas hé­si­ter à fric­tion­ner les mus­cles qui ti­rent, si vous le pou­vez, si­non trou­vez une âme gé­né­reu­se.
Cela per­met de di­mi­nuer les dou­leurs de ten­sion mus­cu­lai­re

Vous de­vez sa­voir que l’immobilité fa­vo­ri­se la consti­pa­tion. Il faut donc fai­re des exer­ci­ces ou mou­ve­ments ré­gu­liè­re­ment
Cela va ai­der vo­tre tran­sit.

Vous pou­vez abu­ser de cha­leur, com­pres­ses, bouillot­tes, aux mo­ments de dé­ten­te, du cou­cher
Ceci tend à di­mi­nuer les dou­leurs mus­cu­lai­res ma­ti­na­les

Vous de­vez conti­nuer les exer­ci­ces réa­li­sés en dé­but de ma­la­die, tant que vous le pou­vez

Carte de stationnement

L’article 65 de la loi du 11 fé­vrier 2005 pour l’égalité des droits et des chan­ces, la par­ti­ci­pa­tion et la ci­toyen­ne­té des per­son­nes han­di­ca­pées a in­tro­duit de nou­vel­les dis­po­si­tions en ma­tiè­re d’attribution de car­te de sta­tion­ne­ment pour per­son­nes han­di­ca­pées.

Désormais, les car­tes at­tri­buées aux per­son­nes han­di­ca­pées quels que soient leur âge et leur ca­rac­té­ris­ti­que le sont par la « Commission dé­par­te­men­ta­le des droits et de l’autonomie des per­son­nes han­di­ca­pées » Elles sont au nom­bre de trois.

  • la car­te d’invalidité at­tri­buée aux per­son­nes at­tein­tes d’une in­ca­pa­ci­té per­ma­nen­te d’au moins 80%
  • la car­te prio­ri­té pour per­son­ne han­di­ca­pée
    • el­le rem­pla­ce la car­te « sta­tion de­bout pé­ni­ble »
    • el­le est at­tri­buée aux per­son­nes at­tein­tes d’une in­ca­pa­ci­té in­fé­rieu­re à 80% ren­dant la sta­tion de­bout pé­ni­ble
  • la car­te de sta­tion­ne­ment pour per­son­ne han­di­ca­pée – La car­te de sta­tion­ne­ment pour per­son­nes han­di­ca­pées per­met à son ti­tu­lai­re ou à la tier­ce per­son­ne l’accompagnant d’utiliser, dans les lieux de sta­tion­ne­ment ou­verts au pu­blic, les pla­ces ré­ser­vées et amé­na­gées à cet ef­fet. Elle per­met, dans les mê­mes condi­tions, de bé­né­fi­cier des au­tres dis­po­si­tions qui peu­vent être pri­ses en fa­veur des per­son­nes han­di­ca­pées par les au­to­ri­tés com­pé­ten­tes en ma­tiè­re de cir­cu­la­tion et de sta­tion­ne­ment.

La de­man­de doit être adres­sée à :
la mai­son dé­par­te­men­ta­le des per­son­nes han­di­ca­pées
12 rue Le Déan
29000 QUIMPER
Tél : 02 98 90 50 50
ac­cueil du lun­di au ven­dre­di de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30

Pièces jus­ti­fi­ca­ti­ves à four­nir :

  • un cer­ti­fi­cat mé­di­cal da­té de moins de trois mois ou le cas échéant une pho­to­co­pie de jus­ti­fi­ca­tif d’attribution de pen­sions d’invalidité de 3ème ca­té­go­rie.
  • Une pho­to­co­pie de la car­te na­tio­na­le d’identité (ou du li­vret de fa­mil­le, ou du pas­se­port, ou un ex­trait d’acte de nais­san­ce)
  • si tu­tel­le ou cu­ra­tel­le = at­tes­ta­tion de ,ju­ge­ment
  • jus­ti­fi­ca­tif de do­mi­ci­le ( ex : fac­tu­re EDF)
  • une pho­to d’identité

LA MAISON DÉPARTEMENTALE DES PERSONNES HANDICAPÉES (MDPH)
La loi du 11 fé­vrier 2005 crée un lieu uni­que des­ti­né à fa­ci­li­ter les dé­mar­ches des per­son­nes han­di­ca­pées : la Maison dé­par­te­men­ta­le des per­son­nes han­di­ca­pées. Celle-ci of­fre, dans cha­que dé­par­te­ment, un ac­cès uni­fié aux droits et pres­ta­tions pré­vus pour les per­son­nes han­di­ca­pées.

  • Elle in­for­me et ac­com­pa­gne les per­son­nes han­di­ca­pées et leur fa­mil­le dès l’annonce du han­di­cap et tout au long de son évo­lu­tion
  • Elle met en pla­ce et or­ga­ni­se l’équipe plu­ri­dis­ci­pli­nai­re qui éva­lue les be­soins de la per­son­ne sur la ba­se du pro­jet de vie et pro­po­se un plan per­son­na­li­sé de com­pen­sa­tion du han­di­cap
  • Elle re­çoit tou­tes les de­man­des de droits ou pres­ta­tions qui re­lè­vent de la com­pé­ten­ce de la Commission des droits et de l’autonomie
  • Elle or­ga­ni­se une mis­sion de conci­lia­tion par des per­son­nes qua­li­fiées
  • Elle as­su­re le sui­vi de la mi­se en œu­vre des dé­ci­sions pri­ses
  • Elle or­ga­ni­se des ac­tions de co­or­di­na­tion avec les dis­po­si­tifs sa­ni­tai­res et médico-sociaux et dé­si­gne en son sein un ré­fé­rent pour l’insertion pro­fes­sion­nel­le
  • Elle met en pla­ce un nu­mé­ro té­lé­pho­ni­que pour les ap­pels d’urgence et une équi­pe de veille pour les soins in­fir­miers

Source : Ministère de la Santé et des Solidarités (27/06/2006) et Maison Départementale des per­son­nes han­di­ca­pées de Quimper

Dépression et Maladie de Parkinson

Dépression et Maladie de Parkinson – Par le Docteur L. AUTRET, Psychiatre,
Conférence don­née pour l’Association des Parkinsoniens du Finistère.
Samedi 23 sep­tem­bre 2006,
Châteaulin, sal­le du Juvenat.

Extrait :

C’est avec plai­sir que je vous pré­sen­te aujourd’hui le thè­me « Dépression et Maladie de Parkinson ». Mon ob­jec­tif est avant tout de fai­re com­pren­dre ce qu’est la dé­pres­sion, car il y a à son su­jet beau­coup d’idées re­çues qui font qu’elle est mal per­çue et pas as­sez pri­se en consi­dé­ra­tion. Vous consta­te­rez au cours de cet­te confé­ren­ce que la dé­pres­sion nous concer­ne tous, et pas seule­ment le ma­la­de at­teint de Maladie de Parkinson. Néanmoins, lors­que la dé­pres­sion se ra­jou­te à la ma­la­die, la si­tua­tion de­vient plus com­pli­quée. Je sou­hai­te qu’à l’issue de cet ex­po­sé, vous sa­chiez re­pé­rer cer­tains si­gnes d’alerte, et com­ment y fai­re fa­ce.

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Les différents soins de support

A cô­té des soins contre les dou­leurs, la ré­édu­ca­tion pré­co­ce, l’acquisition d’une tech­ni­que de re­laxa­tion…

l – La pré­ven­tion de la déshy­dra­ta­tion
L’importance de la pré­ven­tion de la déshy­dra­ta­tion est ca­pi­ta­le chez les par­kin­so­niens: en de­hors et dès l’apparition d’une af­fec­tion in­ter­cur­ren­te ou d’une ag­gra­va­tion de la ma­la­die neu­ro­lo­gi­que.

L’hypotension or­tho­sta­ti­que en est un des pre­miers symp­tô­mes. Elle né­ces­si­te une pri­se en char­ge dy­na­mi­que re­com­man­dant:
une sur­veillan­ce per­ma­nen­te de la pri­se ora­le de bois­sons en sti­mu­lant et ai­dant le pa­tient à boi­re à heu­re ré­gu­liè­re et l’administration -si nécessaire- des sup­plé­ments hy­dri­ques par voie pa­ren­té­ra­le en pri­vi­lé­giant des ap­ports sim­ples fa­ci­le­ment adap­ta­bles en fonc­tion de l’évolution

2 – La pré­ven­tion de la consti­pa­tion
La pré­ven­tion de la consti­pa­tion par l’hydratation, l’administration sys­té­ma­ti­que de laxa­tifs doux, la mo­bi­li­sa­tion et éven­tuel­le­ment de pe­tits la­ve­ments lors de pas­sa­ge dif­fi­ci­le. La pla­ce du ki­né est im­por­tan­te dans la pré­ven­tion de la consti­pa­tion.

3 – Les ris­ques de chu­te
La chu­te re­pré­sen­te une des pre­miè­res cau­ses d’hospitalisation des pa­tients. Elle a plu­sieurs cau­ses et ra­re­ment uni­que­ment liée au par­kin­so­nis­me. L’évaluation fonc­tion­nel­le du pa­tient à l’aide d’une échel­le lo­co­mo­tri­ce com­me l’échelle de Tinetti per­met de mieux dé­tailler les fac­teurs en cau­se et d’orienter la ré­édu­ca­tion.
La mi­se en évi­den­ce d’un syn­dro­me de désa­dap­ta­tion psy­cho­mo­tri­ce post-chutes est es­sen­tiel­le.

4 – La po­ly­mé­di­ca­tion
La po­ly­mé­di­ca­tion est un élé­ment à pren­dre en consi­dé­ra­tion. Souvent el­le ré­sul­te de l’addition de mé­di­ca­ments lors de pro­blè­me ponc­tuel non sui­vi du re­trait lors de sa ré­so­lu­tion.
Au-dessus de 5 spé­cia­li­tés dif­fé­ren­tes, les com­pli­ca­tions ia­tro­gè­nes sont très fré­quen­tes. Il est donc né­ces­sai­re d’envisager ré­gu­liè­re­ment l’arrêt de cer­tai­nes mé­di­ca­tions et de se li­mi­ter aux pro­duits es­sen­tiels. Cet as­pect est cru­cial chez les pa­tients par­kin­so­niens dé­jà sou­mis à une thé­ra­pie lour­de pour leur af­fec­tion neu­ro­lo­gi­que.

5 – Les es­car­res
La fré­quen­ce si­gni­fi­ca­ti­ve d’escarres de dé­cu­bi­tus s’explique par les fac­teurs de ris­que com­me la déshy­dra­ta­tion, la dé­nu­tri­tion et l’immobilisation as­so­ciée à une ag­gra­va­tion de la ri­gi­di­té dès une dé­sta­bi­li­sa­tion pro­vo­quée par une af­fec­tion in­ter­cur­ren­te.
Les me­su­res de pré­ven­tion doi­vent être ren­for­cées.

6 – L’état confu­sion­nel
L’état confu­sion­nel est la pre­miè­re cau­se d’hospitalisation des pa­tients par­kin­so­niens âgés. Souvent on re­trou­ve dans l’histoire cli­ni­que un évè­ne­ment soit in­ter­cur­rent, soit lié à une mo­di­fi­ca­tion vers le haut des do­ses d’anti-parkinsoniens. Il faut se rap­pe­ler qu’au fur et à me­su­re du vieillis­se­ment, s’installent des trou­bles de la plas­ti­ci­té cé­ré­bra­le qui ex­po­sent le pa­tient à des épi­so­des confu­sion­nels de cau­ses mul­ti­ples de ty­pe mé­ta­bo­li­que, in­fec­tieux, cardio-vasculaire, psy­cho­lo­gi­que (lors de chan­ge­ment d’environnement ou de per­te d’un être cher, etc.), de dou­leurs….. A cha­que fois l’hypothèse du rô­le éven­tuel du trai­te­ment de l’affection neu­ro­lo­gi­que se­ra sou­le­vée sur­tout en cas de chan­ge­ment ré­cent de po­so­lo­gie. Une ré­équi­li­bra­tion de celle-ci vers le bas ou mê­me un tes­te de wash-out (ar­rêt pro­vi­soi­re des mé­di­ca­ments) se­ront sou­vent ten­tés. Les neu­ro­lep­ti­ques se­ront dans la me­su­re du pos­si­ble évi­tés et seule­ment uti­li­sés en cas de né­ces­si­té ab­so­lue.

La prise en charge des douleurs dans la maladie de Parkinson

Les si­gnes de la Maladie de Parkinson Idiopathique (MPI) sont clas­si­que­ment do­mi­nés par :

  • aki­né­sie
  • hy­per­to­nie
  • trem­ble­ment

La ma­la­die est la consé­quen­ce di­rec­te de la dé­gé­né­res­cen­ce de plu­sieurs voies neu­ro­na­les du sys­tè­me ner­veux cen­tral.

De mul­ti­ples ta­bleaux cli­ni­ques sont pos­si­bles où pré­do­mi­ne l’un ou l’autre de ces si­gnes prin­ci­paux aux­quels s’ajoutent des si­gnes moins spé­ci­fi­ques.

La ma­la­die de Parkinson peut s’accompagner :

– d’un syn­dro­me dé­pres­sif avec trou­bles du som­meil
– de ta­bleaux dou­lou­reux com­plexes

La no­tion de sen­sa­tion dou­lou­reu­se est évo­quée dès 1817 par Charcot dans sa des­crip­tion de la ma­la­die. Il fait alors état de dou­leurs rhu­ma­tis­ma­les sé­vè­res à très sé­vè­res pou­vant pré­cé­der les si­gnes mo­teurs de la ma­la­die de Parkinson.

La pri­se en char­ge de la dou­leur du pa­tient par­kin­so­nien po­se un pro­blè­me diag­nos­ti­que et thé­ra­peu­ti­que dif­fi­ci­le. C es dou­leurs sont fré­quen­tes et par­fois sé­vè­res. Elles ajou­tent un han­di­cap sup­plé­men­tai­re qui al­tè­re la qua­li­té de vie.

La dou­leur est rap­por­tée par près de la moi­tié des pa­tients.

Le syn­dro­me dou­lou­reux
Dans 10 à 20% des cas, les dou­leurs an­non­cent la ma­la­die. Les dou­leurs peu­vent se ma­ni­fes­ter plu­sieurs an­nées avant l’apparition des au­tres si­gnes de la ma­la­die.

L’origine de ces dou­leurs res­te très dis­cu­tée.

L’intrication en­tre les dif­fé­rents ta­bleaux dou­lou­reux sug­gè­re des mé­ca­nis­mes va­riés.
Deux grands grou­pes de syn­dro­mes peu­vent ar­ti­fi­ciel­le­ment être sé­pa­rés.

  • Les dou­leurs spé­ci­fi­ques qui ont leur ori­gi­ne dans le cer­veau en lien di­rect avec le dé­fi­cit do­pa­mi­ner­gi­que
  • Les dou­leurs d’origine pé­ri­phé­ri­que, consé­quen­ces rhu­ma­tis­ma­les de la ma­la­die.

Avec le vieillis­se­ment, pas moins de 70% de pa­tients gé­ria­tri­ques en hos­pi­ta­li­sa­tion ai­guë ex­pri­ment des dou­leurs confir­mées sur les échel­les d’évaluation. Les mê­mes ob­ser­va­tions sont fai­tes dans les ser­vi­ces de moyen et long sé­jour. Ceci jus­ti­fie une éva­lua­tion ré­gu­liè­re des dou­leurs et le dé­ve­lop­pe­ment de stra­té­gies thé­ra­peu­ti­ques as­so­ciant aux an­tal­gi­ques et co-analgésiques une pri­se en char­ge glo­ba­le du pa­tient par des tech­ni­ques non mé­di­ca­men­teu­ses dont les dif­fé­ren­tes tech­ni­ques de ki­né­si­thé­ra­pie, la pos­tu­ro­lo­gie, l’ergothérapie, la so­phro­lo­gie ou d’autres mé­tho­des de ty­pe bio-feedback.

L’immobilisation en­traî­nant des po­si­tions vi­cieu­ses, le dé­ve­lop­pe­ment d’escarres, les sé­quel­les de chu­tes ré­pé­tées doi­vent être pris en char­ge. Cependant le Parkinsonisme peut s’accompagner de dou­leurs as­so­ciées à la ri­gi­di­té com­me dans le cas de l’hémi ri­gi­di­té en dé­but de ma­la­die, en cas de sous do­sa­ge per­ma­nent avec ac­cen­tua­tion de la ri­gi­di­té, lors d’effet « off » (sou­vent le ma­tin), ou com­me consé­quen­ce de dys­to­nie dou­lou­reu­se. Dans ces cas, une concer­ta­tion avec le neu­ro­lo­gue est re­qui­se pour adap­ter le trai­te­ment anti-parkinsonien. Le re­cours aux dif­fé­rents trai­te­ments contre les dou­leurs se fe­ra après une éva­lua­tion très pré­ci­se des dou­leurs et sur la ba­se d’une pri­se en char­ge glo­ba­le des pa­tients

DOULEURS SPÉCIFIQUES DE LA MALADIE DE PARKINSON

I- Physiopathologie

Diverses re­cher­ches ont mon­tré l’existence d’une re­la­tion étroi­te en­tre dé­fi­cit sé­ro­to­ni­ner­gi­que cen­tral, dou­leur, dé­pres­sion et trou­bles du som­meil dans la MPI. Une ac­ti­vi­té anor­ma­le du sys­tè­me ner­veux cen­tral est in­cri­mi­née dans l’émergence de cer­tains ta­bleaux dou­lou­reux. Il est à no­ter que ces mê­mes dou­leurs sont re­trou­vées chez des pa­tients pré­sen­tant un syn­dro­me par­kin­so­nien d’autre ori­gi­ne (syn­dro­mes par­kin­so­niens mé­di­ca­men­teux (neu­ro­lep­ti­ques). Certaines dou­leurs font par­tie in­té­gran­te de la MPI, en lien di­rect avec le dé­fi­cit do­pa­mi­ner­gi­que cen­tral.

Les bi­lans élec­tro­phy­sio­lo­gi­ques (élec­tro­myo­gra­phie, po­ten­tiels évo­qués) sont nor­maux, confir­mant l’intégrité du sys­tè­me ner­veux pé­ri­phé­ri­que.

Ces dou­leurs d’origine cen­tra­le sont très sou­vent rat­ta­chées aux fluc­tua­tions mo­tri­ces, gé­né­ra­le­ment lo­ca­li­sées du cô­té le plus aki­né­ti­que et en pé­rio­de « off »

Il exis­te un équi­li­bre phy­sio­lo­gi­que en­tre les sys­tè­mes do­pa­mi­ner­gi­ques, sé­ro­to­ni­ner­gi­ques et no­ra­dr­éner­gi­ques éga­le­ment im­pli­qués dans les contrô­les in­hi­bi­teurs de la dou­leur. L’introduction de la L-Dopa, trai­te­ment de ba­se de la MPI, mo­di­fie cet équi­li­bre, pou­vant de ce fait amé­lio­rer un cer­tain nom­bre de dou­leurs.

LES MANIFESTATIONS DOULOUREUSES – ÉVA, SAINT-ANTOINE, DOLOPLUS 2.

1- Les cram­pes fu­ga­ces
Elles sont sou­vent as­so­ciées à des rai­deurs dou­lou­reu­ses et sur­vien­nent chez 30% des ma­la­des en­vi­ron. Elles ne sont pas se­con­dai­res à l’apparition de contrac­tu­res et ne sont pas aug­men­tées par le mou­ve­ment.
Elles sont de lo­ca­li­sa­tion va­ria­ble mais pré­do­mi­nent aux mem­bres in­fé­rieurs, sur­tout du cô­té at­teint, pou­vant être re­liées à un man­que d’activité et de mo­bi­li­té. Elles sont ra­re­ment bi­la­té­ra­les. Elles sont rap­por­tées par les pa­tients com­me du­ra­bles, pou­vant va­rier en­tre un quart d’heure et une heu­re. Elles ap­pa­rais­sent sur­tout dans la deuxiè­me par­tie de la nuit.

Elles peu­vent éga­le­ment ap­pa­raî­tre en cours de trai­te­ment (gé­né­ra­le­ment en fin de do­ses) et sont alors en rap­port avec la do­pa­thé­ra­pie.

Des dou­leurs mus­cu­lai­res plus dif­fu­ses sont par­fois re­trou­vées, pré­do­mi­nant sur les mus­cles pos­tu­raux. Elles sont fré­quem­ment re­liées à l’existence d’attitudes vi­cieu­ses se­con­dai­res, aux po­si­tions main­te­nues pen­dant les pha­ses de blo­ca­ge et à une hy­per­to­nie mus­cu­lai­re as­so­ciée. Elles sur­vien­nent sur­tout avant la pri­se des mé­di­ca­ments, no­tam­ment en fin de do­ses.

2- Les dys­to­nies dou­lou­reu­ses
Sont pré­sen­tes dans 40% des cas. La dys­to­nie est un mou­ve­ment de tor­sion et/ou d’inflexion sou­te­nues qui en­traî­ne une at­ti­tu­de vi­cieu­se et des dé­for­ma­tions. Elles peu­vent être as­so­ciées à des dys­ki­né­sies. Ces mou­ve­ments anor­maux in­vo­lon­tai­res sont par­fois ac­com­pa­gnés de ma­ni­fes­ta­tions tel­les que trans­pi­ra­tion, op­pres­sion tho­ra­ci­que ou an­gois­se .La dou­leur est pro­ba­ble­ment liée aux contrac­tu­res mus­cu­lai­res qui sont en rap­port avec les pri­ses mé­di­ca­men­teu­ses : soit liées à une ca­ren­ce en do­pa­mi­ne, soit par sur­do­sa­ge, soit in­dui­tes par l’utilisation chro­ni­que de do­pa­mi­ne et dis­pa­rais­sent alors à l’arrêt du trai­te­ment.
Elles peu­vent sur­ve­nir à l’installation des pé­rio­des de blo­ca­ge (pé­rio­de off) sur­tout en fin de nuit et au ré­veil avant la pre­miè­re do­se de L-Dopa. La « dys­to­nie du pe­tit ma­tin » est res­sen­tie par près de 16% des pa­tients. Il s’agit d’une contrac­tu­re des or­teils en flexion pen­dant près de 15 mi­nu­tes à une heu­re. Elle cè­de après la pri­se de L-Dopa.

Les dé­for­ma­tions des mains et des pieds sont re­la­ti­ve­ment fré­quen­tes, dans les for­mes évo­luées de la ma­la­die. Elles sont res­pon­sa­bles d’une tor­sion dou­lou­reu­se des doigts, tou­chant plus sou­vent le pied que la main, sur­tout du cô­té le plus at­teint. Ces spas­mes dou­lou­reux peu­vent être bru­taux, spon­ta­nés ou pro­vo­qués par le mou­ve­ment. ils sont sou­vent brefs, de l’ordre de quel­ques mi­nu­tes mais peu­vent du­rer plu­sieurs heu­res Ils peu­vent de­ve­nir per­ma­nents et re­bel­les à tous trai­te­ments. Différentes po­si­tions du pied peu­vent être ob­ser­vées : pied va­rus équin sur­tout, flexion plan­tai­re ou dor­sa­le, flexion des or­teils (en grif­fes) ou ex­ten­sion for­cée du gros or­teil. Elles peu­vent être as­so­ciées à une contrac­tu­re des mus­cles du mol­let. La dys­to­nie dou­lou­reu­se du pied peut ap­pa­raî­tre avant tou­tes les au­tres ma­ni­fes­ta­tions de la ma­la­die de Parkinson.
Les dé­for­ma­tions peu­vent de­ve­nir per­ma­nen­tes et évo­luer vers des po­si­tions fixées de trai­te­ment dif­fi­ci­le, el­les tou­chent éga­le­ment les au­tres mem­bres, le tronc, la nu­que, la fa­ce et le cou.

L’évaluation de la dys­to­nie im­po­se une ana­ly­se soi­gneu­se de ses re­la­tions avec le trai­te­ment par L-Dopa, tant sur le plan de sa chro­no­lo­gie que sur ce­lui des do­ses. La « dys­to­nie du pe­tit ma­tin » est le plus sou­vent dopa-sensible. L’intensité des dys­to­nies de la pé­rio­de « off » est di­mi­nuée en rap­pro­chant les pri­ses de la L-Dopa. Les agents do­pa­mi­ner­gi­ques, y com­pris l’apomorphine sont ef­fi­ca­ces, de mê­me que les an­ti­cho­li­ner­gi­ques et le li­thium.

Les in­jec­tions de toxi­que bo­tu­li­que ont une ac­tion sur les dys­to­nies lo­ca­li­sées.

3- Les Dysesthésies
Elles sont fré­quen­tes. Décrites de­puis près d’un siè­cle.
Elles évo­quent une ori­gi­ne dans le cer­veau et sont une consé­quen­ce di­rec­te de la ma­la­die de Parkinson.
La des­crip­tion est cel­le des dou­leurs neu­ro­pa­thi­ques par at­tein­te du sys­tè­me ner­veux cen­tral ou pé­ri­phé­ri­que.
Elles sont dé­cri­tes com­me des four­mille­ments et des pi­co­te­ments pré­do­mi­nant dans les mem­bres in­fé­rieurs, as­so­ciés à une sen­sa­tion de pi­qû­res ou d’élancements. Elles pré­cè­dent par­fois de plu­sieurs an­nées les ma­ni­fes­ta­tions mo­tri­ces et peu­vent s’installer du cô­té op­po­sé à ce­lui at­teint par la ma­la­die. La dou­leur sur­vient es­sen­tiel­le­ment pen­dant les pé­rio­des « off » mais n’est pas tou­jours ré­dui­te par l’ajustement de la L-Dopa. Elles sont par­fois as­so­ciées à des dou­leurs de ty­pe : sen­sa­tions de brû­lu­res in­ten­ses, de ser­re­ment ou d’étau, par­fois de froid ou de chaud. Ces dou­leurs sont éva­luées sur le ques­tion­nai­re de Saint-Antoine et leur trai­te­ment est fonc­tion de l’atteinte des fi­bres ner­veu­ses.

4-les Douleurs ab­do­mi­na­les ou épi­gas­tri­ques
Elles exi­gent un bi­lan cli­ni­que pré­cis.
Sensation d’abdomen dis­ten­du et dou­lou­reux.
Elles sur­vien­nent prin­ci­pa­le­ment pen­dant les pé­rio­des « off » de la ma­la­die et dis­pa­rais­sent sous trai­te­ment. Elles doi­vent fai­re éli­mi­ner des dou­leurs de consti­pa­tion chro­ni­que, fré­quen­te mais qui doi­vent être mieux pré­ve­nues.
La pré­ven­tion de la consti­pa­tion par l’hydratation et l’administration sys­té­ma­ti­que de laxa­tifs doux, la mo­bi­li­sa­tion à l’aide du ki­né et de l’entourage et éven­tuel­le­ment de pe­tits la­ve­ments lors de pas­sa­ge dif­fi­ci­le.

Il exis­te de la mê­me fa­çon des dou­leurs de la sphè­re gé­ni­ta­le, no­tam­ment chez la fem­me: brû­lu­res va­gi­na­les, sen­sa­tion d’engourdissements ou d’élancements. Un exa­men ap­pro­prié au­ra soin d’éliminer une cau­se lo­ca­le or­ga­ni­que.

5-Les dou­leurs de la sphè­re oro-pharyngée
Elles se ma­ni­fes­tent par des sen­sa­tions de brû­lu­res des gen­ci­ves, de la lan­gue ou des joues, sur­ve­nant en l’absence de pa­tho­lo­gie lo­ca­le. Elles peu­vent si­mu­ler une glos­so­dy­nie idio­pa­thi­que ou une pa­tho­lo­gie den­tai­re. Ces dou­leurs sont sou­vent dé­cri­tes com­me pul­sa­ti­les, as­so­ciées à une sen­sa­tion de brû­lu­re per­ma­nen­te dans le mê­me ter­ri­toi­re, le plus sou­vent en pé­rio­de « off »
Ces deux der­niers ty­pes de dou­leurs peu­vent être dû, dans cer­tains cas, à un dé­fi­cit en do­pa­mi­ne, alors amé­lio­ré par la pri­se de L-dopa. Plus ra­re­ment, la dou­leur se­rait la consé­quen­ce d’une hy­per­sen­si­bi­li­té des ré­cep­teurs à la do­pa­mi­ne, celle-ci ap­pa­rais­sant à l’introduction du trai­te­ment do­pa­mi­ner­gi­que. Elles sont éga­le­ment re­trou­vées chez les pa­tients pré­sen­tant un syn­dro­me par­kin­so­nien lié à la pri­se de neu­ro­lep­ti­ques.

6-Le syn­dro­me des jam­bes sans re­pos (im­pa­tien­ce)
Ces symp­tô­mes sont dé­crits com­me des sen­sa­tions désa­gréa­bles à ty­pe de four­mille­ments. Les jam­bes sont lour­des et dou­lou­reu­ses. Ils sur­vien­nent dans les mem­bres in­fé­rieurs, au re­pos la nuit et dis­pa­rais­sent avec l’exercice obli­geant le pa­tient à chan­ger constam­ment de po­si­tion. Ils peu­vent être res­pon­sa­bles de trou­bles du som­meil. Ils sont amé­lio­rés par une pri­se de L-dopa ou d’un ago­nis­te do­pa­mi­ner­gi­que au cou­cher.

II. LES DOULEURS SECONDAIRES

1- Les dou­leurs musculo-squelettiques et ar­ti­cu­lai­res. (60 à 70% des cas)
Elles sont es­sen­tiel­le­ment axées sur la co­lon­ne ver­té­bra­le, à ty­pe de cer­vi­cal­gies, de lom­bal­gies ou de lombo-radiculalgies. Elles pré­do­mi­nent sou­vent du cô­té le plus at­teint dans les for­mes akinéto-hypertoniques, ou bien sont se­con­dai­res aux ré­trac­tions mus­cu­lai­res et aux ano­ma­lies pos­tu­ra­les.

Les dé­for­ma­tions du ra­chis tel­les que sco­lio­se et cy­pho­se sont fré­quen­tes dans l’évolution de la ma­la­die de par­kin­son. La sco­lio­se est plus fré­quen­te avec une pré­va­len­ce éva­luée à près de 70%. Le cô­té de la convexi­té sem­ble sans rap­port avec la la­té­ra­li­sa­tion de la ma­la­die. Elle se­rait liée aux dés­équi­li­bres pos­tu­raux en rap­port avec l’asymétrie de la MP. L’attitude clas­si­que du pa­tient est tê­te pro­je­tée vers l’avant. Dans cer­tains cas, cet­te po­si­tion est fixée. Dans d’autres cas, el­le sem­ble liée à la dys­to­nie de la nu­que et peut se mo­di­fier avec la pos­tu­re, l’activité et les pri­ses mé­di­ca­men­teu­ses. L’existence de dou­leurs de la co­lon­ne ver­té­bra­le doit fai­re re­cher­cher une pa­tho­lo­gie ra­chi­dien­ne as­so­ciée (her­nie dis­ca­le, ca­nal lom­bai­re étroit).
L’ostéoporose fré­quen­te, pré­dis­po­se aux frac­tu­res pa­tho­lo­gi­ques.

Le trai­te­ment de ce ty­pe de dou­leurs né­ces­si­te une éva­lua­tion ri­gou­reu­se, un diag­nos­tic pré­cis en re­tra­çant l’historique de la symp­to­ma­to­lo­gie, un exa­men cli­ni­que et des exa­mens com­plé­men­tai­res y com­pris d’imagerie. Un avis or­tho­pé­di­que s’avère sou­vent in­dis­pen­sa­ble.

Il faut dans tous les cas re­cher­cher une pa­tho­lo­gie as­so­ciée: ar­thro­se fré­quen­te, à l’origine d’un ta­bleau dou­lou­reux pré­cis. Une af­fec­tion rhu­ma­to­lo­gi­que d’origine mé­ca­ni­que doit être re­cher­chée: dou­leurs cer­vi­ca­les tho­ra­ci­ques ou lom­bai­res de­vant être trai­tées pour leur pro­pre comp­te. Des lé­sions ar­thro­si­ques peu­vent tou­cher le ge­nou (ge­nou par­kin­so­nien) avec li­mi­ta­tion de l’extension pou­vant né­ces­si­ter une in­ter­ven­tion chi­rur­gi­ca­le (ar­thro­plas­tie).

En cas d’atteinte ar­ti­cu­lai­re pé­ri­phé­ri­que, l’épaule est fré­quem­ment tou­chée, prin­ci­pa­le­ment dans les for­mes akinéto-rigides: al­go­dy­stro­phie de la cein­tu­re sca­pu­lai­re, cap­su­li­te ré­trac­ti­le, pré­ri­ar­thri­te scapulo-humérale. L’algodystrophie de l’épaule est la plus fré­quen­te sou­vent inau­gu­ra­le pré­cé­dant alors d’un an ou deux l’apparition de la MPI. Elle est en rap­port avec des ano­ma­lies ré­ac­tion­nel­les du sys­tè­me ner­veux au­to­no­me.
Elle est amé­lio­rée par la do­pa thé­ra­pie et la ré­édu­ca­tion bien fai­te qui doit être la plus pré­co­ce pos­si­ble.

2 – les maux de tê­te (cé­pha­lées)
tou­chent en­vi­ron 35 % des pa­tients soit plus que ce que l’on ob­ser­ve dans une po­pu­la­tion contrô­le. Leur re­la­tion avec la ma­la­die de Parkinson n’est pas clai­re­ment éta­blie. Les maux de tê­te sont sou­vent der­riè­re la tê­te occipito-nuquales, pro­fon­des et pul­sa­ti­les. Elles sont sou­vent as­so­ciées à une sen­sa­tion de cha­pe de plomb sur les épau­les. Elles peu­vent être tran­si­toi­res ap­pa­rais­sant le ma­tin et sont alors sen­si­bles à la pri­se de do­pa­mi­ne.

Les dou­leurs d’origine cen­tra­le di­rec­te­ment liées à la MP, sont rat­ta­chées aux fluc­tua­tions mo­tri­ces pré­sen­tes du cô­té le plus aki­né­ti­que. E!les sont sou­vent in­ter­mit­ten­tes, mal lo­ca­li­sées. Leur évo­lu­tion est va­ria­ble. Elles sont ac­cen­tuées en pé­rio­de de blo­ca­ge et en cas de dé­pres­sion sé­vè­re. Elles sur­vien­nent sur­tout chez lez pa­tients les plus jeu­nes, ha­bi­tuel­le­ment dé­pri­més et sont as­so­ciées à des trou­bles du som­meil. Elles peu­vent dis­pa­raî­tre sans rai­son et ré­ap­pa­raî­tre quel­ques mois plus tard.

III. LE TRAITEMENT.

La pri­se en char­ge d’un ta­bleau dou­lou­reux chez un pa­tient par­kin­so­nien est dif­fi­ci­le. Les dou­leurs spé­ci­fi­ques de la ma­la­die et cel­les d’origine rhu­ma­tis­ma­le sont lar­ge­ment in­tri­quées. Le choix du trai­te­ment doit s’appuyer sur l’examen mé­di­cal, l’évaluation pré­ci­se des dou­leurs et le ty­pe de la dou­leur. L’établissement d’un ca­len­drier est es­sen­tiel pour es­sayer de met­tre en re­la­tion dou­leur, pé­rio­de on-off et pri­se mé­di­ca­men­teu­se en cours.

Dans tous les cas, la ré­édu­ca­tion pré­co­ce (plu­sieurs tech­ni­ques exis­tent) vi­sant à l’amélioration des pos­tu­res, les mas­sa­ges, la phy­sio­thé­ra­pie à ba­se d’ultrasons et l’application de cha­leur lo­ca­le sont des élé­ments es­sen­tiels de la pri­se en char­ge de la MP.

Les ten­sions mus­cu­lai­res sont le­vées par des ma­nœu­vres d’étirement des mus­cles contrac­tés et par des mas­sa­ges lo­co­ré­gio­naux myo­re­laxant et an­tal­gi­ques. L’action sé­da­ti­ve re­cher­chée est ce­pen­dant de cour­te du­rée.

Les tech­ni­ques de re­laxa­tion fa­vo­ri­sent re­pos et som­meil.

La ther­mo­thé­ra­pie gar­de sa pla­ce com­me trai­te­ment an­tal­gi­que ad­ju­vant, no­tam­ment dans les ma­ni­fes­ta­tions dou­lou­reu­ses d’origine ostéo-articulaire. L’expérience mon­tre que les sen­sa­tions désa­gréa­bles consé­cu­ti­ves à l’inactivité et à l’immobilité sont sen­si­ble­ment at­té­nuées par l’activité phy­si­que et la pra­ti­que ré­gu­liè­re d’exercices.

  • La cryo­thé­ra­pie
  • La mi­cro ki­né­si­thé­ra­pie
  • Les cor­rec­tions pos­tu­ra­les

L’adaptation du trai­te­ment spé­ci­fi­que de la MP avec amé­na­ge­ment dans les ho­rai­res de pri­se et mo­di­fi­ca­tion des do­ses avec re­cours à des for­mes re­tard pour per­met­tre la ré­édu­ca­tion des fluc­tua­tions mo­tri­ces au cours du ryth­me nyc­thé­mé­ral et de ce fait amé­lio­rer les dou­leurs. Ceci doit se fai­re avec le neu­ro­lo­gue.

1 – Le re­cours à l’utilisation d’agoniste do­pa­mi­ner­gi­que, et no­tam­ment l’apomorphine sous-cutanée est sou­vent uti­le. Cet ago­nis­te spé­ci­fi­que de la do­pa­mi­ne pré­sen­te une af­fi­ni­té im­por­tan­te pour les ré­cep­teurs do­pa­mi­ner­gi­ques Dl et D2. uti­li­sé en in­jec­tion sous cu­ta­née dis­con­ti­nue, son dé­lai d’action est ra­pi­de: 10 à 15 mi­nu­tes et sa du­rée d’action cour­te: 45 à 120 min. Elle peut être uti­li­sée en per­fu­sion conti­nue à l’aide d’une pom­pe. Elle est sur­tout ef­fi­ca­ce sur les pé­rio­des « off ». Elle est aus­si pré­co­ni­sée dans le trai­te­ment des aki­né­sies noc­tur­nes, des dys­to­nies ma­ti­na­les et des spas­mes et dou­leurs dans le syn­dro­me des jam­bes sans re­pos.

2 – Les anti-dépresseurs tri­cy­cli­ques no­tam­ment ceux à mé­dia­tion mix­te no­ra­dr­éner­gi­que et sé­ro­to­ni­ner­gi­que, ont un ef­fet sur les dou­leurs d’origine cen­tra­le.
Ces mo­lé­cu­les agis­sent éga­le­ment sur le syn­dro­me dé­pres­sif sous ja­cent qui doit être sys­té­ma­ti­que­ment re­cher­ché (HADS, PENN STATE ). Le trai­te­ment est dé­bu­té à fai­ble do­se pour être aug­men­té pro­gres­si­ve­ment jusqu’à la po­so­lo­gie adap­tée, ce qui per­met une ti­tra­tion in­di­vi­duel­le du pro­duit uti­li­sé. Le pa­tient re­çoit au préa­la­ble une in­for­ma­tion clai­re quant à la du­rée du trai­te­ment et sur le ris­que d’apparition d’effets se­con­dai­res, ces der­niers pou­vant en­traî­ner un chan­ge­ment de mo­lé­cu­les ou l’interruption du trai­te­ment.

3 – La so­phro­lo­gie

4 – La pri­se en char­ge par le psy­cho­lo­gue

5 – La pri­se en char­ge par un so­cio­lo­gue

6 – La mor­phi­ne peut être jus­ti­fiée chez cer­tains pa­tients ré­sis­tant aux thé­ra­peu­ti­ques pré­cé­den­tes. Son ac­tion est su­pé­rieu­re à cel­les des an­tal­gi­ques du pa­lier 1. Il faut pré­ve­nir d’emblée les ef­fets se­con­dai­res par des trai­te­ments ad­ju­vants adap­tés afin d’améliorer la to­lé­ran­ce et donc l’observance aux thé­ra­peu­ti­ques pro­po­sées.

7 – Le trai­te­ment clas­si­que d’une pa­tho­lo­gie rhu­ma­tis­ma­le ra­chi­dien­ne cer­vi­ca­le ou lom­bai­re ou pé­ri­phé­ri­que se ré­vè­le sou­vent uti­le: AINS, in­fil­tra­tion ar­ti­cu­lai­re de cor­ti­coï­des et ré­édu­ca­tion. La chi­rur­gie or­tho­pé­di­que peut être né­ces­sai­re dans les for­mes évo­luées. La ré­édu­ca­tion doit être pré­co­ce en pé­rio­de post­opé­ra­toi­re car le ris­que de ré­trac­tion ten­di­neu­se ou mus­cu­lai­re est fré­quent.

8 – Le myo­re­laxants: le ba­clo­fè­ne a une ef­fi­ca­ci­té prou­vée sur les dys­to­nies dou­lou­reu­ses.

9 – La toxi­ne bo­tu­li­que est uti­li­sée en in­jec­tion lo­ca­le pour le trai­te­ment des dys­to­nies dou­lou­reu­ses. Ces in­jec­tions de toxi­nes sem­blent ef­fi­ca­ces dans le trai­te­ment des contrac­tu­res mus­cu­lai­res dou­lou­reu­ses ac­com­pa­gnant les dys­to­nies avec ré­gres­sion des dou­leurs et de la dys­to­nie dans tous les cas. Les mus­cles pou­vant être in­jec­tés de toxi­nes sont sé­lec­tion­nés par le ki­né­si­thé­ra­peu­te et le mé­de­cin sur leur as­pect au mo­ment de la dys­to­nie.

10 – Les anes­thé­si­ques lo­caux en in­jec­tion : gé­né­ra­le­ment il s’agit d’une sé­rie de trois ou qua­tre points in­jec­tés à la fois.

L’imagerie fonctionnelle et la maladie de Parkinson

Ce tex­te re­la­te l’intervention du Dr Catherine Cheze-Le Rest, mé­de­cin au ser­vi­ce de mé­de­ci­ne nu­cléai­re au CHU de Brest – lors de no­tre confé­ren­ce sur la dou­leur dans la ma­la­die de Parkinson du 9 oc­to­bre 2004.
Ecrit par Michelle Galès, il a été re­vu et cor­ri­gé par le Docteur Cheze-Le Rest

Les symp­tô­mes tels que les trem­ble­ments, l’akinésie, l’hypertonie ré­vè­lent à 80% la ma­la­die de Parkinson.

Pour ai­der le diag­nos­tic cli­ni­que, on fait un test à la L-Dopa pour fai­re une co­ta­tion du su­jet. Lorsqu’on don­ne 100-200 mg de L-Dopa, le test est po­si­tif si on ob­ser­ve une amé­lio­ra­tion de 50% du sco­re.

Dans la ma­la­die de Parkinson, des neu­ro­nes à do­pa­mi­ne dis­pa­rais­sent, d’où né­ces­si­té de do­pa­mi­ne.

En ima­ge­rie fonc­tion­nel­le, on in­jec­te une sub­stan­ce ra­dio­ac­ti­ve par voie in­tra­vei­neu­se pour étu­dier un or­ga­ne. Il n’y a pas de pré­pa­ra­tion par­ti­cu­liè­re. Pas de pré­cau­tion par­ti­cu­liè­re avant l’examen, in­uti­le d’être à jeun. La sub­stan­ce in­jec­tée émet des rayon­ne­ments. Ces exa­mens sont des scin­ti­gra­phies. Il y a au­tant de scin­ti­gra­phies qu’il y a de sub­stan­ces à in­jec­ter. Elles se font en ser­vi­ce de mé­de­ci­ne nu­cléai­re.

Pour dé­tec­ter la ma­la­die de Parkinson, plu­sieurs ci­bles sont à étu­dier :
1.Les neu­ro­nes qui fonc­tion­nent avec de la do­pa­mi­ne, pour po­ser le diag­nos­tic de ma­la­die de Parkinson.
2. Les dou­leurs mus­cu­lai­res, sque­let­ti­ques et ar­ti­cu­lai­res : scin­ti­gra­phies os­seu­ses afin d’éliminer les ma­la­dies as­so­ciées (ima­ge­rie fonc­tion­nel­le os­seu­se).

Pour étu­dier les neu­ro­nes fonc­tion­nant avec la L-Dopa on uti­li­se une sub­stan­ce, la Fluorodopa. Après la pé­rio­de de fixa­tion du pro­duit, la scin­ti­gra­phie per­met­tra de dé­tec­ter s’il y a ou non ma­la­die de Parkinson, car la do­pa­mi­ne se­ra plus fai­ble. Cette ima­ge­rie per­met de sui­vre le pour­cen­ta­ge de per­te de neu­ro­nes à do­pa­mi­ne. Ainsi chez un par­kin­so­nien dé­bu­tant, on pour­ra re­mar­quer moins de 30% de per­te avant que ne se ma­ni­fes­tent les pre­miers si­gnes cli­ni­ques. Sur les pa­tients Parkinsoniens dé­cla­rés, on consta­te en moyen­ne 50% de per­te, al­lant jusqu’à 90% de per­te en sta­de ter­mi­nal.

Il exis­te une al­ter­na­ti­ve à la fluo­ro­do­pa pour le diag­nos­tic : la scin­ti­gra­phie au Datscan. Le scan­ner est uti­le pour diag­nos­ti­quer les ma­la­dies as­so­ciées mais pas pour le diag­nos­tic du Parkinson.

La Datscan don­ne les mê­mes ima­ges que pré­cé­dem­ment. Il n’est pas né­ces­sai­re d’interrompre les trai­te­ments. Et là en­co­re, pas de pré­pa­ra­tion ni de pré­cau­tion par­ti­cu­liè­re avant l’examen, si ce n’est que sur pla­ce, une heu­re avant, on don­ne une sub­stan­ce pour blo­quer la thy­roï­de qui, si­non, se­ra mar­quée avec de l’iode. Pour l’examen, on fait l’injection in­tra­vei­neu­se du pro­duit au pli du cou­de (com­me pour une pri­se de sang) et on at­tend 2 ou 3 heu­res pour lais­ser au pro­duit le temps d’aller s’accumuler au ni­veau des neu­ro­nes.

Cet exa­men se dé­rou­le al­lon­gé sur une ta­ble ri­gi­de, en po­si­tion im­mo­bi­le pen­dant 45 mi­nu­tes. Pour la ma­chi­ne, la tem­pé­ra­tu­re de la sal­le est main­te­nue à 20°C.

L’examen est in­do­lo­re (si ce n’est la pi­qû­re du dé­but) sans ef­fet se­con­dai­re. Sur pres­crip­tion mé­di­ca­le, il est pris en char­ge à 100% par la Sécurité Sociale.

L’examen se fait avec une sub­stan­ce ra­dio­ac­ti­ve. Il n’y a au­cun ris­que d’effets se­con­dai­res au ni­veau cé­ré­bral (avec cet exa­men, on ir­ra­die deux fois moins qu’avec un scan­ner).
Quand on sus­pec­te une ma­la­die de Parkinson : à l’apparition des pre­miers symp­tô­mes, quand le diag­nos­tic est en­co­re in­cer­tain, l’examen est anor­mal et plus on fait cet exa­men, plus on re­mar­que que les ano­ma­lies sont évi­den­tes, car les cli­chés anor­maux le res­tent.

L’examen sert donc à po­ser le diag­nos­tic.

Imagerie fonc­tion­nel­le des os : scin­ti­gra­phie os­seu­se

En cas de pro­blè­mes ostéo-articulaires, on va uti­li­ser une sub­stan­ce qui va se pla­cer sur l’os seule­ment.

Les dou­leurs ostéo-articulaires:
– sont le plus sou­vent axia­les : cer­vi­cal­gies, dor­sal­gies…
– el­les sont par­fois liées à une pa­tho­lo­gie as­so­ciée : ar­thro­se, ten­di­ni­te…
– par­fois el­les sont aus­si pé­ri­phé­ri­ques.

Pour l’examen, on in­jec­te un pro­duit au pli du cou­de, on at­tend 2 à 3 heu­res pour que le pro­duit soit cap­té sur les os. L’enregistrement des ima­ges peut être cen­tré sur une zo­ne par­ti­cu­liè­re, dou­lou­reu­se ; on pla­ce alors le dé­tec­teur sur cet­te zo­ne. Cet en­re­gis­tre­ment peut aus­si se fai­re de la tê­te aux pieds. Chaque ima­ge du­re 3 mi­nu­tes, 30 mi­nu­tes pour le corps en­tier.

On de­man­de au pa­tient de boi­re pen­dant l’attente pour que le pro­duit ne s’accumule pas mais au contrai­re soit éli­mi­né le plus vi­te pos­si­ble par les reins.

L’examen se fait en consul­ta­tion ex­ter­ne. La pri­se en char­ge est de 100% dès lors qu’elle a été pres­cri­te.

Algodystrophie
Elle cau­se de vi­ves dou­leurs au ni­veau des ar­ti­cu­la­tions qui peu­vent aus­si être gon­flées, coin­cées. On ren­con­tre beau­coup ce pro­blè­me.

Avec cet exa­men, on peut diag­nos­ti­quer une al­go­dy­stro­phie quand le pro­duit s’accumule très vi­te au ni­veau des ar­ti­cu­la­tions.

Fractures
Cet exa­men per­met de confir­mer les frac­tu­res que l’on ne voit pas bien sur une ra­dio­gra­phie. Par contre, une scin­ti­gra­phie os­seu­se ne per­met pas de voir les pro­blè­mes mus­cu­lai­res ou ten­di­neux puis­que seul le sque­let­te est vi­si­ble.

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