Ne pas être qu'un "patient" ...

Le Centre expert de Lyon propose un dispositif aux malades non éligibles à la stimulation cérébrale ou à la pompe sous-cutanée.

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°66

Due à une in­suf­fi­sance de pro­duc­tion de do­pa­mine, la ma­la­die de Parkinson re­lève d’une prise en charge thé­ra­peu­ti­que com­plexe qui ne per­met pas de gué­rir, mais de di­mi­nuer les symp­tô­mes mo­teurs.

Dans un pre­mier temps, le dé­fi­cit en do­pa­mine est com­pensé par des mé­di­ca­ments, no­tam­ment un pré­cur­seur de la do­pa­mine (L-Dopa) ou un ago­niste qui mime l’action de la do­pa­mine. Mais au fil du temps, leur ef­fi­ca­cité di­mi­nue et les fluc­tua­tions mo­tri­ces s’intensifient : les pa­tients sont blo­qués ou, à l’inverse, en proie à des mou­ve­ments in­vo­lon­tai­res. Vient alors l’heure des trai­te­ments de se­conde in­ten­tion, et en pre­mier lieu la sti­mu­la­tion cé­ré­brale pro­fonde.

Une tech­ni­que uti­li­sée dans les pays scan­di­na­ves
Mais tous les pa­tients ne sont pas éli­gi­bles à cette neu­ro­chi­rur­gie ré­ser­vée aux moins de 70 ans, et cer­tains ne veu­lent pas de ce dis­po­si­tif in­va­sif. Jusqu’à pré­sent, la seule al­ter­na­tive était une pompe à apo­mor­phine sous-cutanée, sem­bla­ble à une pompe à in­su­line, dif­fu­sant en continu une sub­stance pro­che de la do­pa­mine. Cependant, ce dis­po­si­tif n’est pas tou­jours bien sup­porté, en rai­son d’effets se­con­dai­res lourds (no­du­les sous-cutanés, hal­lu­ci­na­tions, ad­dic­tion).

Aussi, le Centre ex­pert Parkinson de Lyon, basé aux Hospices ci­vils de Lyon, a dé­cidé de pro­po­ser une al­ter­na­tive : une pompe à Duodopa, qui dé­li­vre dans l’intestin une forme gé­li­fiée de L-Dopa as­so­ciée à une en­zyme, ra­len­tis­sant la dé­gra­da­tion de la do­pa­mine. La tech­ni­que n’est pas ré­cente, mais elle est sur­tout uti­li­sée dans les pays scan­di­na­ves.

« En France, la chi­rur­gie est très do­mi­nante et nous pen­sions que le tube vi­si­ble était un frein psy­cho­lo­gi­que im­por­tant pour les ma­la­des », ex­pli­que le Dr Téodor Danaila, neu­ro­lo­gue à l’hôpital Pierre-Wertheimer. Finalement, le dis­po­si­tif a été pro­posé pour la pre­mière fois en 2014 à un vi­ti­cul­teur âgé de 73 ans qui ne sup­por­tait plus la pompe sous-cutanée, après avoir dé­ve­loppé des no­du­les et com­men­çait alors, faute de so­lu­tion thé­ra­peu­ti­que, à som­brer phy­si­que­ment et psy­chi­que­ment. « Le ré­sul­tat a été for­mi­da­ble : il a re­trouvé son au­to­no­mie », ra­conte le Dr Danaila.

Aujourd’hui, cinq pa­tients uti­li­sent ce dis­po­si­tif qui né­ces­site une lé­gère in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale d’une demi-heure, mais en­traîne moins d’effets in­dé­si­ra­bles que la pompe à apo­mor­phine. À terme, une ving­taine de pa­tients de­vraient être équi­pés cha­que an­née à Lyon soit au­tant qu’avec une pompe à apo­mor­phine.

Article trans­mis par Renée Dufant

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