Ne pas être qu'un "patient" ...

Rupture de stock des médicaments !

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

Face à la multi­pli­ca­tion des problèmes d’approvisionnement ou de ruptures de stock, patients et méde­cins appellent l’État à agir.
(Article paru dans le jour­nal Le pari­sien 28 oct. 2018).

Le Collec­tif Parkin­son, qui regroupe sept asso­cia­tions de malades, lance, avec le soutien des neuro­logues, une péti­tion pour dénon­cer les pénu­ries de médi­ca­ments pour­tant essen­tiels pour les patients. Il publie égale­ment une tribune pour invi­ter les pouvoirs publics à agir. Voici leur texte dans son inté­gra­lité :

Le président de la Répu­blique vient de dessi­ner la stra­té­gie natio­nale de santé en fixant l’ambition d’un système de santé qui prévienne et protège contre les risques de santé d’aujourd’hui et de demain, mais aussi un système de santé qui puisse accom­pa­gner les parcours de vie de chacun de nos conci­toyens, ajou­tant que la première orien­ta­tion, c’est de construire le système autour du patient, et d’abord, tout simple­ment, de lui permettre d’avoir accès aux soins dont il a besoin. C’est la prio­rité des prio­ri­tés. Nous nous réjouis­sons de cette prio­rité. Mais nous ne nous en conten­tons pas !

Car il y a urgence à mettre le réel en cohé­rence avec les ambi­tions affi­chées. Les personnes atteintes par la mala­die de Parkin­son doivent trop fréquem­ment faire face à des discon­ti­nui­tés répé­tées dans leurs parcours de soins et de santé. Elles subissent en plus depuis quelques mois des ruptures graves dans l’approvisionnement de médi­ca­ments qui leur sont indis­pen­sables et dont ils ne peuvent pas se passer. Aujourd’hui, il s’agit du Sine­met, médi­ca­ment de base dans le trai­te­ment de la mala­die de Parkin­son et dans certaines formes de syndromes parkin­so­niens atypiques comme l’atrophie multi systé­ma­ti­sée (dite AMS).

Les malades doivent se conten­ter des miettes que les labo­ra­toires veulent bien accor­der. Ou encore se conten­ter de suivre les recom­man­da­tions de l’Agence natio­nale de sécu­rité du médi­ca­ment (ANSM) qui les oriente vers des médi­ca­ments plus ou moins équi­va­lents dont les stocks sont eux-​mêmes insuf­fi­sants pour compen­ser dans la durée les ruptures d’approvisionnement. Les pouvoirs publics régu­liè­re­ment solli­ci­tés agissent, mais en réalité se révèlent impuis­sants !

Impuis­sants à rappe­ler avec force et effi­ca­cité aux diri­geants des labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques que leur respon­sa­bi­lité première est d’apporter les meilleures réponses possibles aux malades. Faut-​il se résoudre à admettre que 200 000 malades de Parkin­son fran­çais sont trop peu nombreux pour peser sur les choix stra­té­giques de l’industrie phar­ma­ceu­tique ou des distri­bu­teurs de médi­ca­ment ? Non ! La santé est affaire de soins, de prendre soin, de soli­da­rité – c’est au nom de cette soli­da­rité que la régu­la­tion du marché doit être bien contrô­lée.

Il est plus que temps de donner leur plein effet aux textes légis­la­tifs et régle­men­taires qui établissent une liste de médi­ca­ments dits d’intérêt majeur et qui, à ce titre, doivent béné­fi­cier de mesures permet­tant une dispo­ni­bi­lité régu­lière. Le Sénat a constaté la gravité du phéno­mène et l’urgence d’actions pour endi­guer ces ruptures inac­cep­tables. Il vient d’établir plusieurs recom­man­da­tions pour résoudre ces graves crises d’approvisionnement en médi­ca­ments et nous récla­mons un plan d’action urgent du gouver­ne­ment, inté­grant une action égale­ment euro­péenne.

C’est à cette fin que le Collec­tif Parkin­son lance une péti­tion à l’initiative des malades eux-​mêmes, et soute­nus par tous les sympa­thi­sants à cette cause touchés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par ces faits récur­rents. C’est un cri, c’est une alerte, c’est un appel pour non-​assistance à personnes en danger ! »

A noter : la péti­tion et la vidéo qui l’accompagne sont sur le site GP29.net.
Pour ceux et celles qui ont inter­net je vous invite à vous inscrire en ligne par le lien :
https://www.change.org/p/parkinson-non-assistance-%C3%A0-personne-en-danger
Parta­ger sur les réseaux sociaux égale­ment la vidéo du collec­tif Parkin­son :

Domi­nique Bonne président de GP29

Les dommages cardiaques liés à la maladie de Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

Les cher­cheurs de l’université de Wisconsin-​Madison décryptent ici les dommages cardiaques qui peuvent être causés par la mala­die de Parkin­son. Leurs travaux et leur nouvelle tech­nique d’observation du stress et de l’inflammation dans le cœur, présen­tés dans le npj Parkinson’s Disease vont faci­li­ter les essais de nouveaux médi­ca­ments et permet­tront de réduire les risques de chute et d’hospitalisation, chez les patients parkin­so­niens.

Au moment où les patients atteints de la mala­die de Parkin­son sont diag­nos­ti­qués – géné­ra­le­ment lors de l’apparition des trem­ble­ments et des symp­tômes de contrôle moteur — envi­ron 60% d’entre eux présentent égale­ment et déjà de sérieux dommages aux connexions du système nerveux sympa­thique. Or ces nerfs exercent une fonc­tion clé : ils stimulent le cœur pour accé­lé­rer si besoin son mouve­ment de pompage afin de permettre une adap­ta­tion rapide aux chan­ge­ments d’activité et de pres­sion arté­rielle.

La dégé­né­res­cence neurale du cœur : ce proces­sus déclen­ché par la mala­die signi­fie que les patients sont moins capables de réagir au stress et aux chan­ge­ments de posture simples comme le fait de se mettre debout, explique l’auteur prin­ci­pal, le Dr Marina Emborg, profes­seur de physique médi­cale à l’Université du Wisconsin-​Madison. A partir de là, c’est un risque accru de fatigue, d’évanouissement et de chute avec un risque conco­mi­tant de bles­sures et d’autres compli­ca­tions.

Une méthode pour suivre le proces­sus qui endom­mage les cellules nerveuses du cœur : ces recherches ont été menées avec 10 singes macaques rhésus modèles de symp­tômes de la mala­die de Parkin­son. Ces singes ont en effet reçu des doses d’une neuro­toxine qui a causé des dommages aux nerfs de la même manière que la mala­die de Parkin­son affecte les patients humains. Une fois avant ce trai­te­ment, et 2 fois dans les semaines qui ont suivi, les singes ont subi une tomo­gra­phie par émis­sion de posi­tons afin de pouvoir suivre les proces­sus chimiques en jeu dans le corps à l’aide de traceurs radio­ac­tifs.

Visua­li­ser les dommages dans le cœur « parkin­so­nien »: jusque-​là aucune équipe n’avait été en mesure d’observer aussi préci­sé­ment le proces­sus en cause. Ici, l’équipe a pu visua­li­ser en détail où l’inflammation et le stress oxyda­tif se produisent dans le cœur et comment cela entraine, chez les patients parkin­so­niens, une perte de connexions neuro­nales dans le cœur. La tech­nique utili­sée pour tracer la progres­sion des lésions nerveuses et des causes poten­tielles de ces dommages pourra, au demeu­rant, être bien utile aussi pour tester l’efficacité de nouveaux trai­te­ments pour proté­ger les neurones qui régulent l’activité du cœur des patients. Enfin, lorsque les cher­cheurs donnent à une partie des singes un médi­ca­ment, la piogli­ta­zone, docu­menté comme promet­teur pour proté­ger les cellules du système nerveux central contre l’inflammation et le stress oxyda­tif, la récu­pé­ra­tion de leur fonc­tion nerveuse s’avère bien plus complète.

Une nouvelle tech­nique de visua­li­sa­tion des dommages neuro­naux dans le cœur : Les résul­tats suggèrent que les patients humains pour­raient béné­fi­cier de ces tech­niques d’imagerie pour mieux détec­ter, suivre et comprendre les méca­nismes sous-​jacents en jeu dans ces lésions précoces des nerfs cardiaques. Et cette option vaut égale­ment pour les crises cardiaques, le diabète et d’autres troubles qui causent des dommages simi­laires aux nerfs du cœur, et dont la prise en charge pour­rait égale­ment béné­fi­cier de cette nouvelle méthode de visua­li­sa­tion.  

Extrait de Sante­log Parkin­son août 2018 »
Lu par Martine Delmond

L’appendice, point de départ du Parkinson ?

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

Le risque de déve­lop­per une mala­die de Parkin­son serait envi­ron 20% moins élevé chez les personnes ayant subi une appen­di­cec­to­mie, d’après une vaste étude qui suggère de trou­blants liens entre système diges­tif et cerveau

Elle touche près de 10 millions de personnes dans le monde et quelque 15 000 indi­vi­dus en Suisse, pour­tant ses causes restent encore large­ment inex­pli­quées. La mala­die de Parkin­son se carac­té­rise prin­ci­pa­le­ment par une lenteur des mouve­ments asso­ciée à une raideur et des trem­ble­ments au repos. D’autres symp­tômes –comme des troubles diges­tifs – peuvent appa­raître des dizaines d’années avant la surve­nue des premiers problèmes moteurs.

Publiée ce mercredi 31 octobre dans la revue Science Trans­na­tio­nal Médi­cine, une étude vient poin­ter du doigt le rôle éton­nant que l’appendice (une petite struc­ture du système diges­tif agis­sant comme une fabrique de globules blancs, et comme réser­voir de la flore bacté­rienne) pour­rait avoir dans l’apparition de cette mala­die. Réali­sée sur une large cohorte de près de 1,7 million d’individus dans le monde, cette recherche a notam­ment démon­tré que le risque absolu de déve­lop­per l’affection serait envi­ron 20% moins élevé chez les personnes ayant subi une appen­di­cec­to­mie plus tôt dans leur vie.

Un coupable tout trouvé ?
Chez les personnes touchées par un parkin­son, les neurones respon­sables de la produc­tion de dopa­mine, un neuro­trans­met­teur impli­qué dans le contrôle de la motri­cité, de la moti­va­tion et du plai­sir, dispa­raissent progres­si­ve­ment du cerveau. En cause : la présence d’alphasynucléine, une protéine dont la fonc­tion précise n’est pas connue, et qui, lorsqu’elle forme des agré­gats, détruit progres­si­ve­ment les cellules nerveuses.

Depuis peu, il a été iden­ti­fié que l’alphasynucléine pouvait non seule­ment voya­ger du tube diges­tif vers le cerveau, via le nerf vague, mais qu’elle était aussi présente dans le tube diges­tif long­temps avant le diag­nos­tic de parkin­son. En travaillant sur des rats, des cher­cheurs de l’Université de Lund, en Suède, ont ainsi émis l’hypo­thèse que le proces­sus patho­lo­gique de la mala­die de Parkin­son pour­rait débu­ter non pas dans le cerveau, mais dans le trac­tus gastro-​intestinal.

Une excrois­sance mécon­nue
C’est sur cette base que l’équipe menée par Viviane Labrie, de l’Institut de recherche Van Andel (Michi­gan), a décidé d’explorer le rôle de l’appendice. « Si nous avons choisi de nous concen­trer sur cette petite excrois­sance, c’est que nous savons désor­mais qu’elle joue un rôle impor­tant dans le système immu­ni­taire du tube diges­tif et la régu­la­tion du micro­biote intes­ti­nal [les dix mille milliards de bacté­ries et autres micro-​organismes vivant dans notre orga­nisme], explique l’auteure prin­ci­pale de l’étude. Or, chez les personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son, on a pu obser­ver des modi­fi­ca­tions sensibles du micro­biote, ce qui pour­rait éven­tuel­le­ment expli­quer l’apparition de la patho­lo­gie.»

Les résul­tats de l’étude démontrent deux points impor­tants : d’une part, l’appendice serait, chez les sujets sains comme chez ceux atteints par la mala­die de Parkin­son, un réser­voir où s’accumulent des agré­gats d’alphasynucléine, et ce dès le plus jeune âge. Selon les cher­cheurs, la patho­lo­gie se déclen­che­rait lorsque les méca­nismes d’élimination de cette protéine sont défi­cients, ou si ceux empê­chant la propa­ga­tion d’alphasynucléine au cerveau dysfonc­tionnent. « Une connais­sance plus appro­fon­die de ce phéno­mène pour­rait permettre de conduire à une meilleure compré­hen­sion de la mala­die, mais aussi de trou­ver de nouvelles formes de théra­pie », espère Viviane Labrie.

Un agré­gat de protéines alpha­sy­nu­cléine au sein des neurones situés dans l’appendice. L’alphasynucléine joue un rôle impor­tant dans l’apparition de la mala­die de Parkin­son.

Le rôle des pesti­cides
Les auteurs montrent aussi que les béné­fices liés à une appen­di­cec­to­mie anté­rieure seraient plus élevés chez les personnes vivant dans les régions rurales et donc davan­tage enclines à être expo­sées aux pesti­cides. Leur risque absolu de contrac­ter la mala­die serait ainsi dimi­nué de 25%.

« Cette recherche conforte deux hypo­thèses : la mala­die de Parkin­son débu­te­rait tôt dans le tube diges­tif, et les facteurs envi­ron­ne­men­taux, comme l’exposition aux pesti­cides, ont un rôle dans l’apparition de la patho­lo­gie chez les personnes prédis­po­sées géné­ti­que­ment », constate Vanessa Fleury, neuro­logue aux Hôpi­taux univer­si­taires de Genève (HUG).

Si le système gastro-​intestinal et le micro­biote semblent jouer un rôle impor­tant dans la mala­die de Parkin­son, les méca­nismes à l’œuvre sont toute­fois encore très incer­tains. Afin de tester le rôle de la flore intes­ti­nale dans l’apparition de la mala­die, une équipe des HUG, dont fait partie Vanessa Fleury, vient de lancer une étude pilote compa­rant le micro­biote présent dans la cavité buccale de patients parkin­so­niens et de sujets sains, et leur niveau d’inflammation buccale. « Nous pensons que ces deux facteurs pour­raient favo­ri­ser l’agrégation d’alphasynucléine et son passage dans le cerveau », ajoute la neuro­logue. Pour le savoir, il faudra encore attendre quelques mois.

Cour­teys of Van Andel Research Insti­tute
Trans­mis par Martine Delmond

Une étude confirme que les fumeurs ont moitié moins de risques d’avoir la maladie de Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

Statis­ti­que­ment, les fumeurs ont jusqu’à moitié moins de risques de contrac­ter la mala­die de Parkin­son que les non-​fumeurs. Une vaste étude, diri­gée par une équipe de la Queen Mary Univer­sity de Londres, le confirme à travers l’analyse des données du suivi NeuroEPIC4PD sur près de 220’000 personnes âgées de 37 à 70 ans dans sept pays euro­péens (Suède, Royaume-​Uni, Alle­magne, Pays-​Bas, Italie, Espagne, Grèce). Parmi eux, 715 cas de mala­dies de Parkin­son ont été recen­sés. « Les anciens fumeurs présen­taient un risque dimi­nué de 20% et les fumeurs actuels un risque de déve­lop­pe­ment de la mala­die de Parkin­son réduit de moitié par rapport aux non-​fumeurs », explique l’étude parue dans l’International Jour­nal of Epide­mio­logy (IJE).

Y a-​t-​il plus qu’une corré­la­tion ?
L’objectif de la recherche était d’explorer la possi­bi­lité d’une causa­lité dans l’association inverse entre le taba­gisme et la mala­die de Parkin­son. Des analyses épidé­mio­lo­giques précé­dentes ont déjà montré le phéno­mène connu dès 1966. « Néan­moins, il y a toujours beau­coup de prudence à inter­pré­ter cette asso­cia­tion comme protec­trice », précise l’article signé de trente cher­cheurs, appar­te­nant aussi à l’Imperial College London et à l’Université Luigi Vanvi­telli de Campa­nia, qui n’ont pas béné­fi­cié de finan­ce­ment exté­rieur. Une des raisons à cette prudence est évidem­ment le bilan sani­taire désas­treux de fumer pour toute une série d’autres mala­dies.

Une autre étude épidé­mio­lo­gique, parue en 2017 aussi dans l’IJE, a mis en évidence un effet simi­laire de la consom­ma­tion de snus suédois, ce tabac à suço­ter à faible taux de nitro­sa­mines. « Les hommes non-​fumeurs qui utilisent du snus ont un risque consi­dé­ra­ble­ment plus faible de contrac­ter la mala­die de Parkin­son. Les résul­tats ont égale­ment indi­qué une rela­tion dose-​réponse inverse entre l’utilisation de snus et le risque de mala­die de Parkin­son. Nos résul­tats suggèrent que la nico­tine ou d’autres compo­sants des feuilles de tabac pour­raient influen­cer le déve­lop­pe­ment de la mala­die de Parkin­son », résument les cher­cheurs menés par le Dr Fen Yang, de l’Institut Karo­linska de Stock­holm.

La nouvelle étude portant sur le taba­gisme « clas­sique » confirme non seule­ment une corré­la­tion mais aussi « des rela­tions fortes dose-​réponse avec l’intensité et la durée du taba­gisme », souligne la publi­ca­tion de l’équipe menée par la Dre Valen­tina Gallo, de la Queen Mary Univer­sity. Un élément qui incline à un rapport causal. Cette rela­tion dose-​dépendante, aussi obser­vée chez des jumeaux mono­zy­gotes, « s’oppose à un rôle majeur de la géné­tique et/​ou de la person­na­lité ».

Nico­tine ou IMAO ?
« Plusieurs substances présentes dans le tabac ont été propo­sées comme possibles respon­sables de l’association inverse entre taba­gisme et mala­die de Parkin­son », rappellent les cher­cheurs. Ils citent la 2,3,6-triméthyl-l, 4-​naphtoquinone (TMN), un inhi­bi­teur de l’activité de la mono­amine oxydase (MAO) A et B.

« Un autre candi­dat est la nico­tine elle-​même, étant donné la rela­tion anato­mique étroite entre les systèmes de neuro­trans­met­teurs nico­ti­niques choli­ner­giques et dopa­mi­ner­giques dans le stria­tum. La nico­tine influe égale­ment sur l’activité dopa­mi­ner­gique en agis­sant au niveau des récep­teurs nico­ti­niques aux extré­mi­tés dopa­mi­ner­giques et en modu­lant la libé­ra­tion de dopa­mine », précisent-​ils.

Inter­viewée sur cette étude par le site I, la Dr Beckie Port, conseillère scien­ti­fique de l’association Parkinson’s UK, note que « nous ne savons toujours pas quelle substance pour­rait être respon­sable, mais il est inté­res­sant de noter que les légumes conte­nant de la nico­tine appar­te­nant à la même famille bota­nique [les sola­na­cées] que le tabac peuvent égale­ment avoir des effets protec­teurs » .

Aban­don en France, recherches aux Etats-​Unis
En France, le programme de trai­te­ment de malades de Parkin­son par nico­ti­no­thé­ra­pie du Dr Gabriel Villa­fane à l’hôpital Mondor (AP-​HP) a été clos, malgré les protes­ta­tions des patients. Du côté des Etats-​Unis, le Pr Paul Newhouse, de l’Université Vander­bilt, coor­donne notam­ment une série d’études neuros­cien­ti­fiques sur la nico­tine. De son côté, la Dre Valen­tina Gallo insiste :
« Notre décou­verte est extrê­me­ment impor­tante d’un point de vue scien­ti­fique et devrait inci­ter à une recherche scien­ti­fique fonda­men­tale ».

Trans­mis par le docteur Berry

Connaissez-​vous le nerf vague ?

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

C’est la voie nerveuse la plus longue de notre orga­nisme. Encore peu connue, elle pour­rait bien deve­nir un nouvel outil de guéri­son et de préven­tion.

Une véri­table auto­route de l’information.
Le nerf vague –en réalité nous en avons deux le gauche et le droit- relie le cerveau à tous nos organes prin­ci­paux que sont le cœur, les poumons, les reins, le pancréas, le foie … jusqu’aux intes­tins. Et tout au long du trajet il assure de nombreuses fonc­tions : il influence la circu­la­tion des neuro­trans­met­teurs (séro­to­nine, dopa­mine, ocyto­cine et nora­dré­na­line) régu­la­teurs de l’humeur, de la vigi­lance, de l’attention et de la motivation.il commande la motri­cité du tube diges­tif, stimule la sécré­tion des sucs gastriques dans l’estomac, contrôle la satiété et parti­cipe au méta­bo­lisme du glucose dans le foie.

Un régu­la­teur du rythme cardiaque.
Le nerf vague agit aussi au niveau des fonc­tions auto­nomes que sont la respi­ra­tion et le rythme cardiaque. « Lorsque le cœur s’accélère au cours d’une séance de sport, après une émotion ou un stress impor­tant, la stimu­la­tion du nerf vague permet de le rame­ner au repos, par le biais de la sécré­tion d’acétylcholine, une substance chimique qui ralen­tit la fréquence des batte­ments cardiaques » explique le profes­seur Philippe Cheva­lier chef du service de ryth­mo­lo­gie cardiaque au CHU de LYON. Le hic : c’est un régu­la­teur si puis­sant qu’il suffit parfois d’une solli­ci­ta­tion plus impor­tante, sous l’effet d’un effort intense, d’une émotion intense ou d’une station debout prolon­gée pour que se produise une chute de la fréquence cardiaque et de la tension arté­rielle. C’est le fameux malaise vagal un phéno­mène bénin mais qui peut être à l’origine de chutes. Tout natu­rel­le­ment, les cardio­logues se sont inté­res­sés à ce nerf qui innerve le cœur.
Pour renfor­cer l’action du nerf vague de façon natu­relle , rien de plus facile : on opte pour l’activité physique, la médi­ta­tion ou le yoga. Ces acti­vi­tés aident à ralen­tir le rythme cardiaque et à bais­ser la tension arté­rielle, et sont asso­ciées à une meilleure humeur, à moins d’anxiété et à mieux gérer son stress.

Une source de nouveaux trai­te­ments
Les cher­cheurs ont aussi décou­vert qu’activer le nerf vague par neuro-​stimulation permet de dimi­nuer la fréquence des crises d’épilepsie lorsque les trai­te­ments sont inef­fi­caces. La neuro­sti­mu­la­tion vagale pour­rait venir en aide aux patients souf­frant de poly­ar­thrite rhuma­toïde et de la mala­die de Crohn. Les travaux menés par une équipe du CHU de Grenoble auprès de sept personnes souf­frant de cette inflam­ma­tion chro­nique du tube diges­tif après six mois de stimu­la­tion vagale, cinq d’entre eux étaient en rémis­sion. De nouveaux essais menés chez l’animal et l’homme concernent l’effet poten­tiel du nerf vague dans le trai­te­ment des troubles moteurs de la mala­die de Parkin­son.

Sylvie Bois­tard maga­zine Fémina

Trans­mis par Nicole Lecou­vey

Maladie de Parkinson : trois nouvelles pistes

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°75

« Les médi­ca­ments actuels contre la mala­die de Parkin­son contrôlent les symp­tômes mais leurs effets s’estompent avec le temps », fait savoir Top Santé qui fait le point sur les recherches en cours avec le Pr Philippe Damier, neuro­logue, au CHU de Nantes et le Dr Erwan Bézard, neuro­bio­lo­giste à l’Institut des mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives de Bordeaux.

Piste 1 : un vaccin théra­peu­tique, évoque le maga­zine.
« Aujourd’hui, on suspecte prin­ci­pa­le­ment l’alphasynucléine [de faire dispa­raître les neurones]», poursuit-​il. « Cette protéine, qui est habi­tuel­le­ment présente dans les neurones, peut, pour une raison encore mal comprise, deve­nir indes­truc­tible en s’accumulant sous forme de dépôts poten­tiel­le­ment toxiques pour les neurones », précise le Pr Philippe Damier, neuro­logue, au CHU de Nantes. « Pour élimi­ner ces dépôts, deux types de médi­ca­ments sont déve­lop­pés : le premier est un vaccin favo­ri­sant la produc­tion d’anticorps diri­gés contre l’alphasynucléine. Le second, plus avancé, repose sur l’injection directe de tels anti­corps : deux trai­te­ments expé­ri­men­taux (PRX002 et BIIB054) sont aujourd’hui testés chez des patients en tout début de mala­die, ne néces­si­tant pas encore de trai­te­ment », détaille l’article. « Leur effi­ca­cité sera démon­trée si la progres­sion de la mala­die est retar­dée par rapport à celle de sujets sous placebo. Résul­tats d’ici à 4 à 5 ans », conclut-​il.

Piste 2 : des greffes de cellules note Top Santé. 
« Il y a quelques années, un essai clinique a été conduit chez des malades, qui ont reçu une greffe locale de cellules embryon­naires. Elles se sont déve­lop­pées en donnant bien de nouveaux neurones, mais elles étaient préle­vées sur des embryons, une méthode complexe, incom­pa­tible avec une utili­sa­tion à grande échelle. Cette approche a donc été aban­don­née », raconte le Dr Erwan Bézard. « Depuis, des cher­cheurs ont réussi à repro­gram­mer des cellules adultes en cellules-​souches, ce qui a relancé l’intérêt pour cette tech­nique : des études cliniques devraient être initiées par Nectar, réseau euro­péen spécia­liste de la théra­pie cellu­laire », pour­suit le maga­zine.

Piste 3 : des gènes ‘médi­ca­ments’ , indique Top Santé.
« La théra­pie génique repose sur une idée proche, mais il s’agit là d’injecter les gènes d’une protéine incon­tour­nable pour la survie ou le fonc­tion­ne­ment des neurones. Les essais menés avec des facteurs de crois­sance nerveuse n’ont pas été concluants », explique l’article. « En revanche, ceux ayant utilisé des gènes indis­pen­sables à la fabri­ca­tion de la dopa­mine (Pro-​Savin) ont réussi : cette première mondiale, conduite au CHU Henri Mondor (Créteil), a permis de dimi­nuer les symp­tômes pendant la première année chez la quin­zaine de patients trai­tée », souligne Top Santé. « Un suivi sur le long terme puis des études de confir­ma­tion sont main­te­nant néces­saires », conclut le maga­zine.

Top Santé 11 octobre 2018 Date de publi­ca­tion : 16 octobre 2018

Lu par

Le tricycle électrique « Évasion »

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

C’est l’alternative que Bernard DACCO a décou­verte en 2016 pour effec­tuer ses dépla­ce­ments, lorsque ceux-​ci sont deve­nus risqués voire impos­sibles en voiture.

Ce moyen de trans­port peu connu [et donc peu utilisé, ndlr] permet en effet des dépla­ce­ments sur de courtes et moyennes distances. C’est un type de vélo à trois roues qui convient aux adultes, personnes âgées et que l’on peut équi­per d’un panier, pour trans­por­ter des courses ou autres petits maté­riels.

Il permet de flui­di­fier les dépla­ce­ments grâce à une excel­lente stabi­lité et permet égale­ment une acti­vité physique en douceur, grâce à son assis­tance élec­trique.

Bernard qui a opté pour ce type de trans­port, s’est fami­lia­risé progres­si­ve­ment avec son tricycle et à appris les tech­niques de conduite spéci­fiques à ce type d’engin pour ne pas faire de cabrioles …

Bernard a cepen­dant fait deux cascades avant de maîtri­ser son tricycle. La conduite à adop­ter pour monter ou descendre d’un bateau, pour accé­der à un trot­toir ou pour négo­cier un virage serré, demande une certaine habi­tude. Elle néces­site d’avoir « une certaine force dans les bras pour action­ner et main­te­nir le guidon qui est très mobile ».

L’expérience de Bernard et sa pugna­cité lui ont permis en tous cas d’acquérir la maîtrise de son tricycle pour béné­fi­cier de ses avan­tages, soit se bala­der ou/​et faire des courses, en toute auto­no­mie.

Bernard profite de son tricycle le plus souvent possible quand le temps et sa santé le permettent.

Si vous êtes inté­res­sés par cet article et que vous souhai­tez vous équi­per d’un tricycle, vous pouvez contac­ter Bernard DACCO au 06 85 52 93 01 pour plus de rensei­gne­ments.

Proposé par Yves Boccou

Sexualité et Parkinson

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Une ques­tion des lecteurs portait sur les effets du trai­te­ment Mado­par® à forte dose : pouvait-​il rendre quasi­ment impuis­sant ? le docteur Clau­dio Städ­ler répond : « De nombreuses personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son sont sujettes à des troubles sexuels, ce qui peut entraî­ner une dété­rio­ra­tion supplé­men­taire de leur qualité de vie. Les troubles érec­tiles peuvent accom­pa­gner les proces­sus neuro­dé­gé­né­ra­tifs du système nerveux (végé­ta­tif) ou des mala­dies conco­mi­tantes, mais aussi résul­ter de la prise de certains médi­ca­ments comme les anti­hy­per­ten­seurs ou les anti­dé­pres­seurs. Mado­par et Requip n’en font pas partie. Au contraire, ils ont un effet plutôt posi­tif sur les troubles de la fonc­tion sexuelle, notam­ment si l’on entend par là la perte de libido. Certains médi­ca­ments peuvent atté­nuer ce problème. Il est essen­tiel d’en parler ouver­te­ment avec votre neuro­logue et votre méde­cin trai­tant ».

Parkin­son Suisse n°130 de juin 2018
Lu par Jean Grave­leau

Les soignants réclament du temps pour s’occuper des malades

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Un sondage, réalisé pour MNH, Le Figaro et France Info, révèle le mécon­ten­te­ment des soignants concer­nant l’organisation de leur temps de travail. Ils estiment passer trop de temps pour des tâches admi­nis­tra­tives au détri­ment des patients.

A l’hôpital, les soignants et les méde­cins n’ont plus assez de temps à consa­crer aux malades. Dans une enquête réali­sée par Odoxa, les hospi­ta­liers se plaignent de leurs jour­nées à rallonge et de l’accumulation des tâches admi­nis­tra­tives qui les éloignent des patients et de leurs familles. Les 200 méde­cins inter­ro­gés rapportent passer en moyenne 47 heures par semaine dans leur service : tandis que les 1500 infir­miers et aides-​soignants sondés travaillent envi­ron 39 heures. Des semaines bien remplies qui laissent peu de place à « une rela­tion patient-​soignant satis­fai­sante », regrettent les profes­sion­nels. « Sept infir­miers et aides-​soignants sur dix estiment, en effet, ne pas avoir suffi­sam­ment de temps pour parler aux malades. Les méde­cins sont près d’un sur deux ». Ces résul­tats s’appliquent aussi bien au milieu hospi­ta­lier qu’au monde libé­ral.
« Ces dernières décen­nies, ce temps a été réduit au profit des tâches admi­nis­tra­tives, des réunions … », commente le Dr Jean Théve­not, président du Programme Aide Soli­da­rité Soignant (PASS), une fédé­ra­tion d’associations à desti­na­tion des profes­sion­nels de santé en souf­france.

Ce temps médi­cal et d’échange est « pour­tant indis­pen­sable pour l’efficacité des soins. Quand le temps dédié aux soins commence à manquer, les méde­cins se consacrent moins à l’explication des médi­ca­ments ou d’un acte chirur­gi­cal, ce qui créé de la cris­pa­tion chez le patient et menace sa bonne adhé­sion au trai­te­ment », soulève le Dr Théve­not.

Perte de sens et démo­ti­va­tion
Ce déséqui­libre entre tâches admi­nis­tra­tives et temps de soins explique égale­ment « la démo­ti­va­tion rappor­tée par de nombreux soignants ». Une perte de sens à laquelle s’ajoute un senti­ment d’abandon. La quasi-​totalité des sondés estime que leur direc­tion n’est pas à l’écoute de leurs problèmes et n’essaie pas d’agir pour les résoudre. Un malaise profond qui se traduit depuis plusieurs années par d’importantes mani­fes­ta­tions, de péti­tions et de témoi­gnages dans les médias et les réseaux sociaux.

Or ce surme­nage, mais aussi la démo­ti­va­tion des équipes, ont des consé­quences lourdes en termes de risques psycho­so­ciaux. Epui­sés, les soignants craignent égale­ment de commettre de graves erreurs médi­cales. Une situa­tion de stress extrême qui explique, en partie, la multi­pli­ca­tion des cas de suicide d’infirmiers et de méde­cins dans les hôpi­taux.

Besoin de person­nel hospi­ta­liers
« Manquer de temps signi­fie aussi manquer de profes­sion­nels. Pendant des années, le nombre de soignants formés a été insuf­fi­sant. Des terri­toires sont main­te­nant confron­tés à une impor­tante pénu­rie », soulève le Dr Théve­not. L’embauche de person­nels est d’ailleurs iden­ti­fiée comme le levier prin­ci­pal par les soignants pour rega­gner du temps de soins.

En février dernier, le Premier ministre Edouard Philippe, a promis qu’il s’attaquerait au nume­rus clau­sus, qui fixe le nombre d’étudiants en méde­cine sélec­tion­nés pour passer en deuxième année. Cette réforme devrait s ‘inscrire dans le cadre du plan de « trans­for­ma­tion de l’offre de soins ». Il inté­grera égale­ment « des ques­tions sur le finan­ce­ment des hôpi­taux et leur orga­ni­sa­tion. Le Président, Emma­nuel Macron, s’est engagé à faire des annonces avant l’été »!!!

Article d’Anne-Laure Lebrun du Figaro Santé
Relevé par F. Vignon

MALTRAITANCE : Alarme sur les dysfonctionnements de notre système de santé

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Selon la Commis­sion natio­nale consul­ta­tive des droits de l’homme (CNCDH), le système de santé fran­çais est devenu maltrai­tant. Du fait d’impératifs de renta­bi­lité qui sévissent, notam­ment, dans les struc­tures de soins. Les malades, dont ceux en situa­tion de handi­cap, en font les frais.

Des maltrai­tances multi­formes. Voilà ce qu’entraînent les dérives de notre système de santé. Parmi elles : humi­lia­tions quoti­diennes, indis­po­ni­bi­lité des trai­te­ments, dispo­si­tifs de soins non adap­tés. Mais aussi manque d’écoute et d’orientation, non-​respect des droits des patients et refus de soins.

Selon la CNCDH, ces maltrai­tances existent à toutes les étapes du parcours de soins. Et elles frappent d’avantage les personnes subis­sant discri­mi­na­tion et préju­gés : « celles en situa­tion de handi­cap ou de préca­rité, âgées ou obèses, LGBT, étran­gères, etc… Patients, aidants et soignants en souffrent ». Voilà ce que pointe la CNCDH dans un avis offi­cia­lisé le 22 mai et inti­tulé « Agir contre les maltrai­tances dans le système de santé. Une néces­sité pour les droits fonda­men­taux »

Maltrai­tances à l’hôpital et dans le médico-​social
Les causes ? Le manque de moyens et de temps dont disposent les profes­sion­nels de santé. L’oubli de la dimen­sion humaine du soin au profit de sa dimen­sion scien­ti­fique, soumise à des impé­ra­tifs d’efficience. Et donc peu compa­tible avec une prise en charge humaine et bien­veillante.
Une situa­tion qui s’illustre notam­ment dans les hôpi­taux et les établis­se­ments médico-​sociaux, nombreux à fonc­tion­ner sous tension et où se répand « une maltrai­tance insti­tu­tion­nelle ». Des struc­tures de soins souvent inadap­tées pour les personnes handi­ca­pées (inac­ces­si­bi­lité, absence de table d’examen adap­tée …) En outre, alors que l’aide d’un proche est vécue majo­ri­tai­re­ment comme une néces­sité, ce soutien essen­tiel des aidants peine à être reconnu.

Respec­ter le droit des personnes handi­ca­pées d’accéder aux soins
Afin de « remettre l’humain au cœur du soin et garan­tir les droits fonda­men­taux de toutes et tous », la CNCDH formule trente-​deux propo­si­tions. Parmi elles : « Créer des struc­tures spécia­li­sées adap­tées à la prise en charge des personnes handi­ca­pées vieillis­santes, avec un taux d’encadrement supé­rieur à celui des EHPAD. » Ou encore : « Créer une commis­sion pari­taire patients-​soignants en charge de la média­tion et de la sanc­tion des profes­sion­nels de santé impli­qués dans les cas de manque­ment à l’éthique. » Sans oublier la néces­sité de « veillez au maillage terri­to­rial » des lieux de soins acces­sibles aux personnes en situa­tion de handi­cap. Objec­tif : « Faire respec­ter leur droit à l’accès aux soins », soula­ger et accom­pa­gner les aidants. Plus large­ment, la CNCDH exhorte le gouver­ne­ment à mettre en place une « véri­table démo­cra­tie sani­taire », ce qui suppose une réforme en profon­deur de notre système de santé.

Article d’Elise Jeanne relevé dans Faire Face de Juin 2018
Par F. Vignon

Aidants pensez aussi à votre propre santé : dépression, dénutrition, problèmes de soin

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Qui sont-​ils ?
En France, 8,3 millions de personnes aident régu­liè­re­ment un conjoint, un parent, un enfant, un frère ou une sœur en situa­tion de handi­cap ou de perte d’autonomie à son domi­cile. Parmi elles, 4,3 millions sont aidantes de personnes de plus de 60 ans et 4 millions sont aidantes de personnes de moins de 60 ans, 11% des aidants ont moins de 30 ans, 32% ont entre 30 et 49 ans, 23% ont entre 50 et 59 ans, 24 ont entre 60 et 74 ans et 10% ont 75 ans ou plus.

La santé des aidants est un vrai problème de santé publique.
Ceux dont la charge est trop lourde ont des soucis de santé sur le plan physique et psychique.

  • Envi­ron 48% des aidants déclarent avoir des problèmes de santé qu’ils n’avaient pas avant d’être aidant ;
  • 61% des répon­dants déclarent avoir des problèmes de sommeil depuis qu’ils sont aidants ;
  • 63,5% déclarent avoir des douleurs physiques ;
  • 50% des aidants ne parlent pas des diffi­cul­tés liées à leur rôle d’aidant avec les profes­sion­nels de santé.

La santé des aidants est impac­tée d’abord par le stress : l’angoisse de ne pas bien faire, le manque de sommeil dû aux besoins de la personne aidée pendant la nuit, qui empêche de dormir. Viennent ensuite la mauvaise alimen­ta­tion et l’isolement social, détaille Florence Leduc, prési­dente de l’Asso­cia­tion Fran­çaise des AIDANTS.

Les aidants renoncent fréquem­ment à des soins, faisant passer la santé de l’aidé avant la leur. Certaines études ont suggéré une surmor­ta­lité parmi les aidants les plus stres­sés par leurs tâches.

L’effet protec­teur du rôle d’aidant

Toute­fois des analyses ont pointé un effet protec­teur lorsque la charge est modé­rée. Jean-​François Buyck, méde­cin de santé publique, a nuancé quelque peu ces constats. « Les résul­tats de la cohorte GAZEL indiquent que, lorsque l’aidant accom­pagne un proche encore peu dépen­dant, les effets sur sa santé peuvent être posi­tifs. La satis­fac­tion person­nelle d’apporter de l’aide à un proche en diffi­culté couplée à une augmen­ta­tion modé­rée de l’activité physique et à l’adoption d’un mode de vie plus sain sont alors béné­fiques à l’aidant. Toute­fois, ces situa­tions restent margi­nales » nuance Jean-​François Buyck.

Conclu­sion :
La Haute Auto­rité de Santé recom­mande une consul­ta­tion médi­cale annuelle aux aidants de personnes ayant une mala­die d’Alzheimer ou appa­ren­tée pour être atten­tif à leur état psychique et nutri­tion­nel. Elle conseille de s’assurer que les aides mises en place pour son aidé, corres­pondent aussi à ses besoins et préco­nise la propo­si­tion de solu­tions de répit.
L’Association Fran­çaise des AIDANTS édite un livret « Aidants : et votre santé, si on en parlait ?» Ce livret, télé­char­geable gratui­te­ment, a pour objec­tif de vous permettre, en tant qu’aidant, « de faire le point sur votre santé et de trou­ver une ou des réponses, parmi les possi­bi­li­tés exis­tantes qui vous permet­traient de mieux conci­lier votre vie d’aidant et votre santé.»

Article relevé dans « Domi­dom » par F. Soize

Nouveau gène impliqué dans le développement de la maladie de Parkinson et de la démence à corps de Lewy

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Disco­very ouvre une nouvelle fenêtre sur les méca­nismes et pour­rait ouvrir la voie à de nouveaux biomar­queurs

Une équipe inter­na­tio­nale diri­gée par le profes­seur Vincenzo Boni­fati, du Dépar­te­ment de géné­tique clinique d’Erasmus Rotter­dam à Rotter­dam, a décou­vert pour la première fois des variantes d’un gène (appelé LRP10) chez des patients présen­tant des formes fami­liales de la mala­die de Parkin­son, la mala­die de Parkin­son et la démence avec des corps de Lewy. Le papier rappor­tant cette décou­verte sera publié dans The Lancet Neuro­logy cette semaine. « Cette décou­verte ouvre une nouvelle fenêtre sur les méca­nismes molé­cu­laires de ces mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives courantes et pour­rait ouvrir la voie à l’identification de nouveaux biomar­queurs et de nouveaux trai­te­ments modi­fi­ca­teurs de la mala­die », déclare le profes­seur Boni­fati.

La mala­die de Parkin­son et la démence sont des mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives fréquentes et dévas­ta­trices. Seuls des remèdes symp­to­ma­tiques sont dispo­nibles, mais aucun trai­te­ment cura­tif n’existe. En outre, la préva­lence de ces mala­dies devrait augmen­ter dans les prochaines décen­nies en raison du vieillis­se­ment des popu­la­tions du monde. Ces mala­dies repré­sentent donc un énorme fardeau médi­cal et écono­mique pour la société.

L’équipe de recherche a iden­ti­fié la première variante du gène LRP10 par des études cliniques et géné­tiques dans une famille nombreuse compre­nant plusieurs personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son. Ils ont par la suite détecté d’autres variants de LRP10 asso­ciés à la mala­die chez des patients issus d’une vaste série inter­na­tio­nale multi­cen­trique diag­nos­ti­quant, clini­que­ment ou patho­lo­gi­que­ment, la mala­die de Parkin­son, la démence liée à la mala­die de Parkin­son ou la démence à corps de Lewy.

Ils ont égale­ment effec­tué des études de patho­lo­gie céré­brale chez trois patients, chacun portant des variantes diffé­rentes de LRP10 asso­ciées à la mala­die, montrant une accu­mu­la­tion impor­tante de la protéine alpha­sy­nu­cléine, la carac­té­ris­tique patho­lo­gique de ces mala­dies.

Enfin, ils ont réalisé des études in vitro utili­sant des modèles cellu­laires neuro­naux obte­nus par des cellules souches pluri­po­tentes humaines, pour analy­ser la protéine codée par le gène LRP10, sa loca­li­sa­tion cellu­laire et l’effet des variants présents chez les patients. On sait très peu de choses sur la fonc­tion normale de LRP10, et le rôle de ce gène dans le déve­lop­pe­ment de la mala­die de Parkin­son et de la démence à corps de Lewy était jusqu’ici inconnu.

L’élucidation de la fonc­tion cellu­laire de la protéine LRP10 et de ses voies de signa­li­sa­tion pour­rait offrir des infor­ma­tions nouvelles et cruciales sur les méca­nismes molé­cu­laires de ces mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives courantes et ouvrir la voie à l’identification de nouveaux biomar­queurs et de nouvelles cibles pour les théra­pies modi­fi­ca­trices.

Cette décou­verte est le résul­tat d’une colla­bo­ra­tion inter­na­tio­nale, menée par le dépar­te­ment de géné­tique clinique Eras­mus MC (chef d’équipe : le profes­seur Vincenzo Boni­fati ; scien­ti­fiques chevron­nés : Dr. Maria Luisa Quadri et Dr. Wim Mande­ma­kers), et impli­quant, entre autres, le dépar­te­ment. de neuro­lo­gie, Eras­mus MC (Dr. Agnita Boon, Dr. Frank Jan de Jong, Prof. John van Swie­ten); le dépar­te­ment d’anatomie et de neuros­ciences du centre médi­cal univer­si­taire VU d’Amsterdam (Dr Wilma van de Berg); le Dipar­ti­mento di Scienze Biome­diche et Neuro­Mo­to­rie, Univer­sité de Bologne, Italie (Prof. Pietro Cortelli); le dépar­te­ment de neuro­lo­gie et de psychia­trie de l’université de Rome (Prof. Giuseppe Meco); l’Unité de service et d’AVC en neuro­lo­gie, Hôpi­tal géné­ral de Brotzu, Cagliari, Italie (Dr. Giovanni Cossu); l’Instituto de Medi­cina Mole­cu­lar, Univer­sité de Lisbonne, Portu­gal (Dr. Joaquim Ferreira); et le dépar­te­ment de neuro­lo­gie, hôpi­tal Chang Gung Memo­rial, Taoyuan, Taiwan (Prof. Chin-​Song Lu).

Cette recherche a été finan­cée par Stich­ting Parkin­son Fonds, Dorpmans-​Wigmans Stich­ting, Eras­mus Médi­cal Center, programme ZonMw-​Memorabel, Programme commun de recherche sur les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives (JPND), Parkin­son UK, Avtal om Läka­rut­bild­ning och Forsk­ning et Parkin­son­fon­den (Suède). Fonda­tion Lijf et Leven et octroi trans­fron­ta­lier d’Alzheimer Pays-​Bas-​Ligue euro­péenne contre la mala­die d’Alzheimer (LECMA).

Le profes­seur Vincenzo Boni­fati , neuro­logue et géné­ti­cien, s’intéresse depuis long­temps à l’élucidation des bases géné­tiques de la mala­die de Parkin­son et d’autres mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives. Il est l’auteur de plus de 180 articles de recherche, qui ont été cités plus de 13 000 fois dans la litté­ra­ture scien­ti­fique, et il a un indice H de 58 (source : Scopus). « Eras­mus MC est le plus grand centre médi­cal univer­si­taire des Pays-​Bas. Notre objec­tif prin­ci­pal est une popu­la­tion en bonne santé.

Près de 13 000 employés se consacrent chaque jour à four­nir des soins excep­tion­nels, faci­li­tant une éduca­tion de classe mondiale et effec­tuant des recherches nova­trices. Ces profes­sion­nels contri­buent à déve­lop­per une exper­tise sur la santé et la mala­die. Ils asso­cient les connais­sances scien­ti­fiques les plus récentes à des trai­te­ments pratiques et à des mesures de préven­tion pour offrir un béné­fice maxi­mal aux patients et permettre aux personnes en bonne santé de rester en bonne santé plus long­temps. Etre visi­ble­ment meilleur et montrer la voie dans les domaines des soins complexes, inno­vants et aigus en colla­bo­rant avec d’autres : ce sont des ambi­tions essen­tielles chez Eras­mus MC.»
Commu­ni­qué de presse Eras­mus MC Rotter­dam, 08 juin 2018

Retenu par Martine Delmond

Immunothérapie

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Cette année en France, la jour­née mondiale du parkin­son a mis l’accent sur une étude clinique inter­na­tio­nale en cours, l’étude PASADENA, qui teste une immu­no­thé­ra­pie contre la mala­die de Parkin­son. Devant les médias, le profes­seur Damiers, neuro­logue à l’Hôpital univer­si­taire de Nantes et vice-​président du comité spécia­lisé de Parkin­son France, a fait état d’une « approche promet­teuse ».

300 personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son encore jeunes, sans trai­te­ment ou très peu médi­ca­men­tées, parti­cipent à l’étude PASADENA dans le monde. Sept d’entre elles sont suivies à l‘Hôpital Univer­si­taire de Nantes. Cette étude phase II rando­mi­sée en double aveugle est contrô­lée contre placebo.

Son objec­tif consiste à ralen­tir, voire dans l’idéal de stop­per l’évolution de la mala­die de Parkin­son le plus tôt possible afin d’éliminer les accu­mu­la­tions de protéines toxiques (dépôts d’alphasynucléine) dans certaines régions céré­brales. Le trai­te­ment des personnes testées consiste, pendant 52 semaines, en une injec­tion mensuelle d’anticorps qui se lient aux protéines et signalent au système immu­ni­taire qu’elles sont indé­si­rables. Elles sont alors rendues inof­fen­sives.

Les résul­tats sont atten­dus en 2020. Cette approche suscite un débat animé dans la commu­nauté scien­ti­fique.

Source : Le Pari­sien du 6 avril 2018 : clinicaltrials.gov/c12//show/NCT03100149 ; www.movementdisorders.org/MDS/News.htmimmu­no­the­ra­pies

Lu dans Parkin­son Suisse n°130 de juin 2018
Par Jean Grave­leau

Les effets positifs du Safinamide (Xadago®) sur la psyché

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Depuis trois ans, le médi­ca­ment complé­men­taire Xadago® (safi­na­mide) est dispo­nible [sauf en France ndlr !] pour les parkinsonien(ne)s au stade avancé souf­frant de fluc­tua­tions motrices. Après un trai­te­ment de longue haleine par L-​Dopa, l’effet du précur­seur physio­lo­gique de la dopa­mine peut s’estomper et des compli­ca­tions motrices comme les fluc­tua­tions et les mouve­ments exces­sifs peuvent faire leur appa­ri­tion. Le safi­na­mide agit d’une part comme un inhi­bi­teur de la MAO-​B sur le méta­bo­lisme dopa­mi­ner­gique. D’autre part, à plus fortes doses (100 mg), il exerce un effet sur un autre système neuro­trans­met­teur. Grâce à l’inhibition de la MAO-​B, d’avantage de dopa­mine est mise à dispo­si­tion. La modu­la­tion du gluta­mate réduit, quant à elle, les compli­ca­tions motrices.

Ce médi­ca­ment complé­men­taire permet de réduire la dose de L-​Dopa. Certes il a des effets secon­daires comme l’insomnie, les cépha­lées ou les chutes de tension, mais le safi­na­mide apporte de nombreux avan­tages. Il améliore et prolonge l’efficacité de la dopa­mine, prolonge les phases ON et réduit les mouve­ments exces­sifs à plus forte doses.

Une analyse post hoc réalisé sur envi­ron 670 personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son a révélé que le médi­ca­ment complé­men­taire exerce même un effet sur le bien-​être émotion­nel. Pendant six mois, les sujets ont été trai­tés par safi­na­mide en complé­ment de leur trai­te­ment habi­tuel. Par la suite, ils ont présenté des valeurs nette­ment meilleures sur l’échelle de dépres­sion GRID-​Hamilton Dépres­sion Rating Scal et l’échelle d’évaluation de la qualité de vie PDQ-​39 par rapport aux sujets qui ont reçu un placebo. Les bien­faits de ce plus grand bien-​être psycho­lo­gique étaient encore percep­tible deux ans après.

Sources : Carlo Catta­neo et al. 2017, doi :10.3233/JD-171143 ; Médi­cal Tribune du 11 mars 2018 et du 30 septembre 2017

Lu dans Parkin­son Suisse n°130 de juin 2018
Par Jean Grave­leau

Anosmie

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Les atteintes de l’odorat consti­tuent un symp­tôme précoce fréquent de la mala­die de Parkin­son. Des cher­cheurs viennent d’identifier des diffé­rences entre les bulbes olfac­tifs des personnes en bonne santé et ceux des Parkinsonien(en)s.

De nombreux parkinsonien(ne)s déclarent avoir perdu le sens de l’odorat bien avant de rece­voir le diag­nos­tic. Dans les faits, la part d’unités fonc­tion­nelles, ou glomé­rules, dans le bulbe olfac­tif (région du cerveau à proxi­mité du nez) des personnes atteintes de la mala­die de Parkin­son est infé­rieure de moitié à celles des personnes en bonne santé. C’est ce qu’ont constaté les scien­ti­fiques de l’Unité de Recherche Max-​Planck de Franc­fort en colla­bo­ra­tion avec l’université d’Auckland en Nouvelle-​Zélande. Les cher­cheurs ont examiné les bulbes olfac­tifs de Parkinsonien(ne)s décédé(e)s et les ont compa­rés avec ceux de sujets sains. Ils ont mesuré le volume total occupé par les glomé­rules. La méthode de mesure employée ne permets de dire si les parkinsonien(ne)s ont moins de glomé­rules ou si ces derniers sont plus petits que ceux des personnes en bonne santé.

Le bulbe olfac­tif est affecté dès les premiers stades de la mala­die de Parkin­son. Des corps de Lewy y sont obser­vés avant même d’atteindre la substance noire (et d’avoir des consé­quences sur la motri­cité). Les corps de Lewy sont des amas de protéines mal repliées. Les cher­cheurs ont décou­vert que plus un (e) parkinsonien(ne) présente de corps de Lewy, moins la part de glomé­rules dans les bulbes olfac­tifs est impor­tante. Par ailleurs, la répar­ti­tion des glomé­rules dans les bulbes olfac­tifs des parkinsonien(ne)s est diffé­rente. Seules 44% des glomé­rules se trouvent dans la partie infé­rieure du bulbe olfac­tif, alors que chez les personnes en bonne santé la propor­tion est de 77%.

Cette dispa­rité étaye la thèse de nombreux cher­cheurs, selon laquelle les métaux lourds ou les produits phyto­sa­ni­taires sont de possibles facteurs de risque dans l’apparition de la mala­die de Parkin­son. En effet, la partie infé­rieure du bulbe olfac­tif se trouve à proxi­mité immé­diate de la muqueuse olfac­tive du nez. D’après le Profes­seur Dr Peter Mombaerts, direc­teur de l’Unité de Recherche Max-​Planck, c’est un signe de l’influence des facteurs envi­ron­ne­men­taux sur la mala­die de Parkin­son.

Source : Société Max-​Planck (25 septembre 2017) ; Bolek Zapiec et al. (3 septembre 2017) https://doi.org/0.1093/brain/awx208

Lu dans Parkin­son Suisse n°130 de juin 2018
Par Jean Grave­leau

Prévoir l’évolution de la maladie

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Des cher­cheurs russes ont mis au point un logi­ciel capable de prévoir avec prati­que­ment 100% d’exactitude l’évolution de la mala­die de Parkin­son chez un patient qui en présente les premiers symp­tômes.

Des scien­ti­fiques russes ont annoncé avoir réalisé une percée excep­tion­nelle dans le domaine de la méde­cine. Ils affirment avoir créé un logi­ciel inno­vant capable de prévoir l’évolution de la mala­die de Parkin­son, mala­die chro­nique et à l’heure actuelle incu­rable, à un stade précoce de son déve­lop­pe­ment.

Il convient de rappe­ler que tout ce qu’il est possible de faire aujourd’hui pour soula­ger certains patients souf­frant de cette mala­die est seule­ment de limi­ter les trem­ble­ments qui la carac­té­risent. Parkin­son frappe de manière irré­ver­sible le système nerveux et fait progres­si­ve­ment perdre au malade le contrôle de son corps. Les scien­ti­fiques ont rappelé qu’une personne sur 100 âgée de plus de 60 ans pour­rait être une victime de cette mala­die.
 
« Cette mala­die peut se déve­lop­per pendant 20 ans, voire plus, et son évolu­tion peut être diffé­rente [d’un patient à un autre, ndlr]. Quelle sera l’évolution de la mala­die chez un patient pour qui on envi­sage pour la première fois ce diag­nos­tic ? Notre logi­ciel est capable de la prédire », a confié aux médias russes Marina Karpenko, profes­seur adjoint à l’Université poly­tech­nique de Saint-​Pétersbourg Pierre-​le-​Grand.

Lors de l’élaboration de ce logi­ciel, les spécia­listes ont appli­qué des méthodes d’analyse mathé­ma­tique. Ils ont utilisé pour leurs recherches les données médi­cales de quelques 200 personnes âgées de 40 à 80 ans qui ont été entrées dans ce logi­ciel.

Le logi­ciel analyse plusieurs facteurs, allant des symp­tômes habi­tuels au degré de troubles de la coor­di­na­tion. Le programme a appris à compa­rer les obser­va­tions médi­cales anciennes aux nouvelles données four­nies par les méde­cins. Cette analyse permet de déter­mi­ner avec une exac­ti­tude à 96 % le stade de la mala­die, ainsi que d’indiquer quel trai­te­ment permet­trait d’en dimi­nuer les mani­fes­ta­tions.

Les scien­ti­fiques promettent que prochai­ne­ment il sera possible d’installer ce type de logi­ciel sur un ordi­na­teur ou un smart­phone.

25.06.2018(mis à jour 23:12 25.06.2018) URL courte 1120
Lu par Martine Delmond

Mise en cause du rôle dévolu généralement à l’alphasynucléine

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Une étude suisse remet en ques­tion une des causes possibles de la mala­die de Parkin­son. Une protéine soup­çon­née de former des fibrilles tueuses de neurones ne serait pas forcé­ment en cause, selon ces cher­cheurs.

Décrite il y a 200 ans par le méde­cin britan­nique James Parkin­son, cette mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive qui touche six millions de personnes dans le monde n’a toujours pas trouvé d’explication claire quant à ses causes, a indi­qué vendredi l’Université de Bâle dans un commu­ni­qué.

On pensait jusqu’ici qu’un des éléments déclen­cheurs pouvait rési­der dans les protéines alpha-​synucléines, qui forment parfois des agré­gats fibreux toxiques se dépo­sant sur les neurones. C’est le cas notam­ment chez certains patients souf­frant d’une forme héré­di­taire de la mala­die et dont le gène codant pour cette protéine est défec­tueux.

Une expé­rience concluante
L’équipe de Henning Stahl­berg, du Bio Zentrum de l’Université de Bâle, avec des collègues du Roche Inno­va­tion Centre et de l’EPFZ, a voulu en avoir le cœur net. Elle est parve­nue à géné­rer in vitro une telle fibrille et à la visua­li­ser à l’échelle atomique par Cryo micro­sco­pie élec­tro­nique.

Son constat : « Notre struc­ture tridi­men­sion­nelle montre une fibrille qu’il est impos­sible de produire avec une protéine mutée de cette manière », indique le Pr Stahl­berg, cité dans le commu­ni­qué. Les muta­tions géné­tiques en ques­tion sont plutôt de nature à empê­cher la forma­tion d’une telle struc­ture fibreuse, selon les cher­cheurs.

En résumé, selon ces travaux publiés dans la revue eLife, le gène défec­tueux devrait proté­ger de la mala­die, ce que pour­tant il ne fait pas. Il se pour­rait donc qu’une autre forme de fibrille ou une autre forme de la protéine soit en cause chez ces patients.

Les scien­ti­fiques entendent main­te­nant exami­ner si d’autres types d’agrégats se forment et éluci­der la fonc­tion exacte de l’alphasynucléine. Il s’agira égale­ment de déter­mi­ner de quoi meurent les neurones, selon leurs conclu­sions.

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Lu par Martine Delmond

Maladie de Parkinson : facteurs environnementaux et prévention

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

La mala­die de Parkin­son, deuxième mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive en termes de fréquence après la mala­die d’Alzheimer, concerne près de 170 000 personnes en France.

Vingt-​cinq mille nouveaux cas sont diag­nos­ti­qués chaque année dans notre pays. Dans la moitié des cas, elle débute avant soixante-​quinze ans ; elle est plus rare mais non excep­tion­nelle avant l’âge de 50 ans[1].

Les causes sont multiples, mais certains facteurs envi­ron­ne­men­taux pour­raient être impli­qués, en parti­cu­lier les agents phyto­sa­ni­taires (herbi­cides, insec­ti­cides, pesti­cides). Des mesures préven­tives collec­tives et indi­vi­duelles peuvent être envi­sa­gées.

Qu’est-ce que la mala­die de Parkin­son ?
Il s’agit d’une mala­die neuro­dé­gé­né­ra­tive dont le cœur lésion­nel est le système à dopa­mine. La majo­rité des cellules qui synthé­tisent ce neuro­trans­met­teur sont situées dans la partie haute du tronc céré­bral (dans la substance noire ou Locus Niger). Elles envoient des projec­tions axonales dans des struc­tures céré­brales profondes, les noyaux gris centraux (en parti­cu­lier le stria­tum).

Leur dégé­né­res­cence conduit à un défi­cit en dopa­mine dans ces struc­tures à l’origine de l’essentiel de la symp­to­ma­to­lo­gie. Cette dernière est avant tout motrice avec le clas­sique trem­ble­ment de repos qui n’est toute­fois pas systé­ma­tique, mais surtout des diffi­cul­tés gestuelles liées à l’akinésie, un symp­tôme constant, indis­pen­sable au diag­nos­tic, et une rigi­dité, dite plas­tique qui volon­tiers cède par à-​coup (signe de la roue dentée).

Il existe aussi tout un cortège de mani­fes­ta­tions non motrices, comme la douleur, la fatigue, les troubles du sommeil et des symp­tômes anxio­dé­pres­sifs, moins visibles mais tout aussi inva­li­dants[2].

La « formule » symp­to­ma­to­lo­gique est très variable d’un patient à l’autre et varie en cours d’évolution. Le plus souvent, elle est asymé­trique sur le plan moteur, reflet de l’asymétrie du défi­cit en dopa­mine dans les noyaux gris centraux.

Pour­quoi est-​elle quali­fiée de synu­cléo­pa­thie ?
Au niveau céré­bral, il existe des dépôts anor­maux d’une protéine parti­cu­lière, l’alphasynucléine. La mala­die de Parkin­son et d’autres affec­tions dégé­né­ra­tives plus rares où des dépôts anor­maux de cette protéine sont aussi obser­vés, consti­tue le groupe à présent nommé des synu­cléo­pa­thies.
L’alphasynucléine a un rôle impor­tant au niveau des synapses, la struc­ture de commu­ni­ca­tion entre les cellules nerveuses.

Pour donner suite à une anoma­lie de confor­ma­tion (la séquence d’acides aminés est le plus souvent normale), l’alphasynucléine s’agrège au sein du corps des cellules à dopa­mine et d’autres cellules céré­brales sous forme d’inclusions arron­dies, les corps de Lewy, et au niveau de certaines termi­nai­sons nerveuses, les neurites de Lewy. Ces agré­gats anor­maux pour­raient être à l’origine de dysfonc­tion­ne­ments cellu­laires respon­sables de la dégé­né­res­cence des cellules[3].

Des dépôts anor­maux de cette protéine sont aussi obser­vés en dehors du cerveau en parti­cu­lier dans le système nerveux enté­rique.

Certains scien­ti­fiques ont émis l’hypothèse d’une possible initia­tion de la mala­die au niveau du système nerveux enté­rique avec l’entrée d’un phéno­mène patho­gène à ce niveau (par exemple sous l’effet d’un toxique ou d’un agent infec­tieux) qui pour­rait ensuite se trans­mettre au cerveau et s’étendre alors de proche en proche, avec un mode de diffu­sion proche de ce qui est observé dans les mala­dies à prions (comme la mala­die de Creutz­feld Jakob)[4]. Cette hypo­thèse reste encore loin d’être prou­vée[5].

Pour­quoi la mala­die se développe-​t-​elle ?
Ce qui est à présent certain, c’est que cette mala­die n’a pas une cause unique. Dans 10 à 15% des cas, une muta­tion dans un seul gène suffit à entraî­ner la mala­die (forme dite mono­gé­nique). Il peut s’agir d’une héré­dité auto­so­mique domi­nante (la muta­tion délé­tère est présente sur un seul des deux exem­plaires du gène [hété­ro­zy­gote]; elle se trans­met donc de géné­ra­tion en géné­ra­tion avec une proba­bi­lité de trans­mis­sion de 50%; à noter que la péné­trance n’est souvent pas complète et donc des sujets porteurs de la muta­tion délé­tère peuvent ne pas présen­ter de leur vivant de signe mani­feste de mala­die.

Les muta­tions les plus fréquentes pour ce type de trans­mis­sion concernent le gène dit LRRK2 (présents dans 30% des formes fami­liales ou spora­diques en Afrique du Nord) et le gène de l’alphasynucléine, la protéine présente sous forme d’agrégats anor­maux dans le cerveau des patients.
Il peut aussi s’agir d’une héré­dité auto­so­mique réces­sive, une muta­tion délé­tère doit être présente sur chacun des deux exem­plaires du gène [homo­zy­gote]; elle ne s’exprime que dans une seule géné­ra­tion, car les sujets atteints ont hérité d’un gène délé­tère de leur mère et d’un gène délé­tère de leur père, mais ces derniers n’ayant qu’un gène délé­tère [hété­ro­zy­gote] n’ont aucune symp­to­ma­to­lo­gie ; de même la mala­die ne se trans­met en géné­ral pas à la géné­ra­tion suivante, car le sujet malade ne trans­met qu’un seul de ces deux gènes porteurs de muta­tion délé­tère. Aujourd’hui plus de vingt muta­tions géné­tiques sont iden­ti­fiées pour être à l’origine de mala­dies de Parkin­son mono­gé­niques[6].

Les progrès tech­no­lo­giques en géné­tique et l’utilisation de consor­tium inter­na­tio­naux qui permettent l’analyse d’échantillons d’ADN de plusieurs dizaines de milliers de patients ont permis d’identifier certaines variantes ou muta­tion de gènes comme prédis­po­sant à la mala­die. Ainsi une muta­tion dans le gène de la gluco­cé­ré­bro­si­dase, connue pour être, lorsqu’elle est présente sur les deux exem­plaires du gène (muta­tion à l’état homo­zy­gote), à l’origine d’une mala­die dysmé­ta­bo­lique rare, la mala­die de Gaucher, est retrou­vée sur un seul de gène (état hété­ro­zy­gote) chez 5% des patients atteints de mala­die de Parkin­son. C’est le facteur de risque géné­tique le plus fréquent dans la mala­die[7].

Quels facteurs envi­ron­ne­men­taux sont asso­ciés à la surve­nue de la mala­die ?
Dans quelques cas excep­tion­nels, la mala­die de Parkin­son (ou en tout cas une forme très voisine) a pu être causée par un toxique envi­ron­ne­men­tal bien iden­ti­fié. A la fin des années 70 sur la côte Ouest des États-​Unis a été obser­vée une « mini-​épidémie » de « mala­dies de Parkin­son » chez des sujets jeunes.

Ils avaient pour point commun d’être toxi­co­manes et d’utiliser la même source d’héroïne. Une fabri­ca­tion défec­tueuse de la drogue avait conduit a une produc­tion d’un produit parti­cu­lier, le MPTP, qui s’est depuis révélé être un puis­sant et sélec­tif toxique des cellules à dopa­mine[8]. Le MPTP (1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydroh) est une neuro­toxine qui provoque les symp­tômes perma­nents de la mala­die de Parkin­son en détrui­sant certains neurones dans la substan­tia nigra du cerveau. Il est utilisé pour étudier la mala­die chez le singe.

La majo­rité des cas de mala­dies de Parkin­son est toute­fois, comme c’est le cas pour la plupart des mala­dies, d’origine multi­fac­to­rielle avec une combi­nai­son, variable d’un patient à l’autre, de facteurs de prédis­po­si­tion géné­tique et de facteurs envi­ron­ne­men­taux. Sauf dans le cas parti­cu­lier du MPTP où une claire rela­tion causale entre l’agent toxique et la mala­die a pu être montrée, la plupart des études qui cherchent à analy­ser l’impact de l’environnement sur le déve­lop­pe­ment de la mala­die sont des études qui visent à montrer une asso­cia­tion entre un facteur envi­ron­ne­men­tal donné et la surve­nue de la mala­die. Ces études donnent ainsi des risques de déve­lop­pe­ment de la mala­die en cas d’exposition à un facteur envi­ron­ne­men­tal par rapport à une non-​exposition ou une expo­si­tion moindre à ce facteur envi­ron­ne­men­tal.

Cela fait appa­raître les diffi­cul­tés de ce type d’approche, en parti­cu­lier pour détec­ter les facteurs de risques envi­ron­ne­men­taux qui ne sont en cause que chez un faible nombre de patients ou lorsque l’exposition à l’agent envi­ron­ne­men­tal est cumu­lée sur un grand nombre d’années ou a eu un impact des années avant la surve­nue des premiers symp­tômes. En outre si la respon­sa­bi­lité causale peut être suspec­tée, elle ne peut presque jamais être formel­le­ment démon­trée. Il faudrait pour cela expo­ser de façon rando­mi­sée une partie des indi­vi­dus à un toxique donné (les autres servants de témoins), ce qui est bien sûr impos­sible.

Plusieurs études épidé­mio­lo­giques ont mis en évidence un risque accru de mala­die de Parkin­son en cas d’exposition à des quan­ti­tés élevées de pesti­cides[9]. Parmi les études sur ce sujet, une étude fran­çaise a par exemple mis en évidence l’impact des doses cumu­lées de pesti­cides chez les agri­cul­teurs sur le risque de déve­lop­pe­ment de la mala­die[10].

Il a pu être par ailleurs montré que certains de ces agents phyto­sa­ni­taires, comme la roté­none®, sont dans certaines condi­tions expé­ri­men­tales toxiques pour les cellules à dopa­mine[11]. La respon­sa­bi­lité des pesti­cides est par consé­quent assez vrai­sem­blable, au moins chez certains patients très expo­sés. La mala­die de Parkin­son peut d’ailleurs être recon­nue en mala­die profes­sion­nelle si la preuve d’exposition à des quan­ti­tés impor­tantes d’agents phyto­sa­ni­taires est faite.

Des études épidé­mio­lo­giques ont suggéré qu’une consom­ma­tion impor­tante de produits laitiers augmen­tait le risque de surve­nue de mala­die de Parkin­son[12].
Diffé­rents méca­nismes ont été propo­sés. Une concen­tra­tion de produits phyto­sa­ni­taires à partir de l’alimentation des animaux est assez peu probable. Les pâtu­rages ne néces­sitent pas de trai­te­ment parti­cu­lier. Les concen­tra­tions en toxiques dans le lait sont en outre étroi­te­ment surveillées. L’autre hypo­thèse plus commu­né­ment avan­cée est à travers une action possible des produits laitiers sur les taux d’acide urique[13].

Des taux élevés d’acide urique, qui pour mémoire augmentent le risque de goutte et les risques cardio­vas­cu­laires, pour­raient avoir un rôle protec­teur sur les cellules à dopa­mine. Il est en outre retrouvé une moins grande fréquence de mala­die de Parkin­son en cas de taux d’acide urique élevés. Cette hypo­thèse impli­que­rait que les produits laitiers dimi­nuent le taux d’acide urique ce qui reste à démon­trer.

Une étude épidé­mio­lo­gique récente sur deux cohortes impor­tantes (plus de 120 000 sujets au total), dans lesquelles était suivie la consom­ma­tion de produits laitiers montre somme toute un niveau de risque modeste. Il est en fait présent pour les fortes consom­ma­tions de produits laitiers allé­gés (plus de 3 portions américaines/​jour soit envi­ron 5 portions fran­çaises) et de « frozen yoghurts ». Aucun lien n’est retrouvé avec les produits laitiers entiers [14].

Il existe enfin une asso­cia­tion entre le déve­lop­pe­ment d’un méla­nome et la surve­nue d’une mala­die de Parkin­son. Les raisons qui sous-​tendent cette asso­cia­tion ne sont pas parfai­te­ment connues.

À l’opposé, certains facteurs envi­ron­ne­men­taux sont asso­ciés à une dimi­nu­tion du risque de mala­die.
Celui qui a été retrouvé dans un grand nombre d’études est la consom­ma­tion de tabac.

En d’autres termes, fumer rédui­rait le risque de surve­nue de mala­die ! Et ce même après correc­tion par la surmor­ta­lité provo­quée par le tabac[15]. Diffé­rentes expli­ca­tions ont été propo­sées et restent sujettes à discus­sion. La nico­tine pour­rait avoir un rôle neuro­pro­tec­teur, un rôle qui n’a pas été à l’heure actuelle, confirmé par des études cliniques. D’autres consti­tuants présents dans la fumée, comme le monoxyde de carbone pour­rait jouer un rôle. L’association pour­rait être le fait de facteurs plus indi­rects.

La dopa­mine joue un rôle impor­tant dans les phéno­mènes addic­tifs. Des carac­té­ris­tiques du système à dopa­mine qui prédis­po­se­raient à l’addiction au tabac pour­raient être ainsi asso­ciées à un moindre risque de déve­lop­pe­ment de la mala­die. Une réduc­tion de risque de mala­die a été aussi obser­vée avec la consom­ma­tion de café et de thé noir, ainsi qu’avec la pratique spor­tive.

Est-​il possible de préve­nir la mala­die ?
Le rôle possible des agents phyto­sa­ni­taires justi­fie de limi­ter leur expo­si­tion. Pour les profes­sion­nels comme pour les parti­cu­liers, préfé­rer des méthodes natu­relles et limi­ter l’usage au mini­mum indis­pen­sable sans oublier le port de protec­tion (gants, lunettes, masque) sont des mesures de bon sens.

En l’absence de connais­sances plus précises sur les méca­nismes de la mala­die, il n’y a pas d’autres mesures préven­tives spéci­fiques à envi­sa­ger actuel­le­ment. La symp­to­ma­to­lo­gie parkin­so­nienne ne se déve­loppe que lorsque le manque de dopa­mine céré­brale est consé­quent (plus de 70%). Le cerveau possède donc de fortes capa­ci­tés de compen­sa­tion qui lui permettent de fonc­tion­ner long­temps norma­le­ment alors qu’il existe un défi­cit marqué en dopa­mine.

Il est probable que l’activité physique régu­lière (qui est effec­ti­ve­ment asso­ciée à un risque moindre de mala­die comme vu ci-​dessus), la stimu­la­tion cogni­tive et le main­tien du lien social soient des éléments de renfor­ce­ment de ces capa­ci­tés de compen­sa­tion, comme cela a été montré dans la mala­die d’Alzheimer avec la notion de réserve cogni­tive. Le contrôle des facteurs de risque cardio­vas­cu­laire pour éviter les lésions céré­brales vascu­laires parti­cipe au main­tien de cette « réserve » et de capa­ci­tés de compen­sa­tion.

Garder un cerveau en bonne forme, par une hygiène de vie appro­priée et une acti­vité physique régu­lière, permet vrai­sem­bla­ble­ment de mieux s’armer contre la surve­nue de la mala­die de Parkin­son et des mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives en géné­ral et ainsi en retar­der tant le moment de leur expres­sion symp­to­ma­tique que leur évolu­tion vers des compli­ca­tions diffi­ciles à gérer.

Vers de nouvelles pistes théra­peu­tiques ?
Les trai­te­ments actuels, médi­ca­men­teux et chirur­gi­caux (neuro­sti­mu­la­tion céré­brale), sont symp­to­ma­tiques. Ils visent à corri­ger le défi­cit en dopa­mine céré­brale ou ses consé­quences. Ils sont effi­caces sur la plupart des symp­tômes moteurs de la mala­die, mais peuvent être source d’effets indé­si­rables. Ils ne jouent cepen­dant pas sur l’évolution de la mala­die et en parti­cu­lier sur sa diffu­sion à des systèmes non dopa­mi­ner­giques.

Une meilleure compré­hen­sion des méca­nismes à l’origine de la mala­die permet­tra d’améliorer les trai­te­ments actuels. L’identification plus précise de facteurs prédic­tifs d’évolution, de réponse au trai­te­ment en termes d’efficacité comme de déve­lop­pe­ment d’effets indé­si­rables permet­tra d’amplifier la person­na­li­sa­tion de l’approche théra­peu­tique dans les années à venir. Le soutien à la recherche est donc déter­mi­nant. Parmi les nouveaux trai­te­ments, l’immunothérapie est une des pistes encou­ra­geantes à moyens termes. Le prin­cipe est de tenter par l’administration d’anticorps mono­clo­naux d’éliminer les dépôts anor­maux d’alphasynucléine dans le cerveau[16].

La théra­pie cellu­laire, même si elle fait souvent les grands titres de la presse est proba­ble­ment encore loin d’être une solu­tion. Diffi­cile en effet de recons­truire par la simple admi­nis­tra­tion de cellules dopa­mi­ner­giques ou de cellules souches un système à dopa­mine qui s’est mis en place sur de nombreux mois par le jeu d’une inter­ac­tion complexe avec de multiples systèmes nerveux et gliaux lors de la vie fœtale et de la petite enfance.

En conclu­sion
Les facteurs à l’origine de la surve­nue d’une mala­die de Parkin­son restent encore incon­nus dans la grande majo­rité des cas. L’identification des muta­tions géné­tiques en cause surtout et de certains facteurs envi­ron­ne­men­taux comme le MPTP a permis de progres­ser dans la compré­hen­sion des méca­nismes à l’origine des lésions des cellules à dopa­mine. Certains de ces méca­nismes sont proba­ble­ment communs à un grand nombre de patients, quelle que soit la cause à l’origine de leur déclen­che­ment. Agir sur ces méca­nismes pour­rait ainsi permettre dans le futur de ralen­tir l’évolution de la mala­die.

Pr Philippe Damier
Neuro­logue, CHU Nantes
Président du Comité scien­ti­fique sciences médi­cales, cliniques de France Parkin­son

Biblio­gra­phie :
[1] Santé Publique France Bulle­tin épidé­mio­lo­gique hebdo­ma­daire N° 8 – 9, 10 avril 2018. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2018/8- 9/pdf/2018_8-9.pdf
[2] Kalia LV, Lang AE. Parkinson’s disease. Lancet 2015 ; 386:896 – 912.
[3] Wong YC, Krainc D. -synu­clein toxi­city in neuro­de­ge­ne­ra­tion : mecha­nism and thera­peu­tic stra­te­gies. Nat Med 201 ; 23:1 – 13.
[4] Brun­din P, Melki R. Prying into the Prion Hypo­the­sis for Parkinson’s Disease. Neurosci 2017 ; 37:980818.
[5] Surmeier DJ, Obeso JA, Halli­day GM. Parkinson’s Disease Is Not Simply a Prion Disor­der. J Neurosci. 2017 Oct 11;37(41):9799 – 9807
[6] Pusch­mann A. Mono­ge­nic Parkinson’s disease and parkin­so­nism : clini­cal pheno­types and frequen­cies of known muta­tions. Parkin­so­nism Relate Discord 2013 ; 19:407 – 15.
[7] O’Regan G, de Souza RM, Bales­trino R, Scha­pira AH. Gluco­ce­re­bro­si­dase Muta­tions in Parkin­son disease. J Parkin­son Dis 2017 ; 7:411 – 22.
[8] Snyder SH, D’Amato RJ. MPTP : a neuro­toxin rele­vant to the patho­phy­sio­logy of Parkinson’s disease. The 1985George C. Cotzias lecture. Neuro­logy 1986 ; 36:250 – 8.
[9] Asche­rio A, Schwarz­schild MA. The epide­mio­logy of Parkinson’s disease : risk factors and preven­tion. Lancet Neurol 2016 ; 15:1257 – 72.
[10] Elbaz A, Clavel J, Rathouz PJ, Moisan F, Gala­naud JP, Dele­motte B, Alpé­ro­vitch A, Tzou­rio C. Profes­sio­nal expo­sure to pesti­cides and Parkin­son disease. Ann Neurol 2009 ; 66:494 – 504.
[11] Betar­bet R, Sherer TB, Mac Kenzie G, Garcia-​Osuna M, Panov AV, Gree­na­myre JT. Chro­nic syste­mic pesti­cide expo­sure repro­duces features of Parkinson’s disease. Nat Neurosci 2000 ; 3:1301 – 6.
Trans­mis par Domi­nique Bonne

La Nicotine Pure En Patchs Transdermiques (NEPT) état des lieux !

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

En décembre 2014, d’anciens membres d’un collec­tif et de nouvelles personnes moti­vées concer­nées de près ou de loin par la mala­die de Parkin­son se sont fédé­rées en une Asso­cia­tion de loi 1901, leur moti­va­tion étant d’obtenir la recon­nais­sance de la Nico­tine Pure en Patch Trans­der­mique comme trai­te­ment adju­vant de cette mala­die neuro dégé­né­ra­tive !

Cette Asso­cia­tion a vu le jour en janvier 2015 ! Depuis, elle n’a cessé de cher­cher à convaincre ou tenter de persua­der les auto­ri­tés admi­nis­tra­tives, ou médi­cales compé­tentes et aussi de recher­cher des d’appuis divers, média­tiques, voire poli­tiques en prônant l’intérêt de ce trai­te­ment peu onéreux, facile d’accès et aux effets secon­daires réduits voire inexis­tants sous contrôle médi­cal.

Le travail accom­pli par notre Asso­cia­tion aux pouvoirs limi­tés fut consi­dé­rable ! Les 4 dernières années, ce sont de nombreux cour­riers, contacts, démarches multiples et variées, péti­tion, action radio­pho­nique, toujours étayées par la docu­men­ta­tion scien­ti­fique actua­li­sée et dispo­nible, qui furent entre­pris.

Les réponses à ces démarches furent le plus souvent dila­toires, tièdes, déce­vantes, voire « actées » d’un silence mépri­sant !

Une avan­cée consé­quente cepen­dant fut le contact bien­veillant, enfin, du Direc­teur Géné­ral de la Santé au Minis­tère de la Santé, le Profes­seur Benoît Vallet rencon­tré par 3 fois mais qui ne put aller au-​delà d’une recom­man­da­tion écrite aux respon­sables des pôles univer­si­taires de Neuro­lo­gie fran­çais, de prendre en charge les patients béné­fi­ciant de la NEPT afin de leur éviter des dépla­ce­ment pénibles et onéreux au CHU de Créteil où, seul, le Docteur Gabriel Villa­fane, disciple du Profes­seur Césaro entre temps décédé, offi­ciait !

Beau résul­tat, sans retour et dont l’acmé fut l’éviction pure et simple du CHU de Créteil du Dr Gabriel Villa­fane en octobre 2017 en récom­pense sans doute des soins déli­vrés aux patients depuis plusieurs années … bel exemple des problèmes d’ego entre prati­ciens que nous avons dénoncé au Conseil de l’Ordre des méde­cins, sans résul­tat !

Notre tenta­tive de média­ti­ser ce déni, cette rupture résul­tante de soins subie par les patients fut vaine, sans écho notable !

Voilà où nous en sommes !

Et pour­tant, nous croyons à la NEPT : nous savons qu’en bien des cas elle améliore la situa­tion des patients ! L’épidémiologie est incon­tour­nable, objec­ti­vant une moindre préva­lence, consé­quente, du Parkin­son chez les fumeurs.

Certes le fumeur (s’il s’expose à d’autres problèmes de santé) peut être lui aussi concerné par le Parkin­son ! Cette hété­ro­gé­néité péna­lise la NEPT et alimente les oppo­si­tions farouches à la Nico­tine ? Tout derniè­re­ment, fin mars 2018, une commu­ni­ca­tion du Dr. Alexis Elbaz, cher­cheur de l’INSERM, dans la revue SCIENCES expli­cite cette hété­ro­gé­néité, consi­dé­rant que le génome des patients natu­rel­le­ment divers, serait le support de cette incons­tante « protec­tion » du tabac ! De là à suggé­rer une éven­tuelle théra­pie génique ulté­rieure…!

Il est vrai que la Nico­tine n’a pas toujours l’effet escompté, mais nous savons, l’étude obser­va­tion­nelle l’objective, que la plupart des patients tirent béné­fice de la NEPT ! Les témoi­gnages recueillis, nombreux, sont là pour le prou­ver !

Si par ailleurs les essais théra­peu­tiques rando­mi­sés, scien­ti­fi­que­ment indis­cu­tables, chez l’homme manquent et dont les résul­tats sont parfois ambi­gus, il faut noter que même criti­qué, Nico­park 2, le dernier en date (2008) objec­tive un gain théra­peu­tique reconnu chez les plus viru­lents oppo­sants au Dr. G. Villa­fane et à la NEPT.

Il faut aussi s’interroger sur l’annulation brutale et sans expli­ca­tion des résul­tats promis pour octobre 2017 de l’essai théra­peu­tique inter­na­tio­nal Améri­cain – Alle­mand visant à établir l’intérêt de la NEPT en trai­te­ment unique chez les patients Parkin­so­niens primo-​diagnostiqués ! C’est semble-​t-​il, cette année 2018 que nous devrions avoir commu­ni­ca­tion des résul­tats.
Rappe­lons que la NEPT est proté­gée par un brevet fran­çais valide jusqu’en 2020 sous réserve d’en acquit­ter la coti­sa­tion annuelle.

Il n’y a plus donc en notre beau pays qu’un seul consul­tant pres­cri­vant la NEPT, en secteur libé­ral puisqu’on lui a inter­dit de prodi­guer ce trai­te­ment en milieu hospi­ta­lier, l’accès lui étant, depuis octobre 2017, refusé. On appré­ciera à cette occa­sion la belle soli­da­rité éthique et déon­to­lo­gique des respon­sables de cette situa­tion.

Il faudra donc aux patients souhai­tant béné­fi­cier de la NEPT, débour­ser une somme consé­quente, qui peut être justi­fiée, mais loin d’être à la portée de toutes les bourses : c’est là une discri­mi­na­tion into­lé­rable ! Merci aux respon­sables de la neuro­lo­gie de l’Hôpital H. Mondor !

A signa­ler dans cette affaire le silence abys­sal de la Direc­tion Géné­rale des Hôpi­taux et de son direc­teur, monsieur Martin Hirsch, pour­tant alerté !

Alors que faire pour sortir de cette situa­tion et avan­cer ?
Nous le voyons bien, l’hétérogénéité des effets béné­fiques de la NEPT nuit à sa répu­ta­tion. Avec les dernières recherches de l’INSERM on commence à en perce­voir le pour­quoi, les raisons proba­ble­ment géné­tiques de ces inégales réponses ! Alors, pour­quoi, même si la NEPT ne prétend pas guérir, en priver cette impor­tante part des malades qui eux y sont récep­tifs ?

Affaire de gros sous, sans nul doute, nous nous heur­tons à ce mur de l’argent, sommes consé­quentes néces­saires à déve­lop­per et appro­fon­dir les recherches. La Nico­tine, molé­cule connue depuis des décen­nies ne coûte rien et n’intéresse pas l’industrie phar­ma­ceu­tique n’ayant rien à y gagner, pas de retour impor­tant sur inves­tis­se­ment à espé­rer !

Comme le faisait et envi­sa­geait de le faire le profes­seur Césaro, pour l’année 2014, la volonté de person­na­li­tés scien­ti­fiques recon­nues manquent cruel­le­ment pour reprendre le flam­beau Sans évoquer de nouveau les dissen­sions intes­tines au sein même du corps médi­cal dont nous voyons les résul­tats.

Quant aux auto­ri­tés admi­nis­tra­tives (la HAS, l’ANSM, le Minis­tère de la Santé), là aussi nous devi­nons les effets néfastes d’avis contra­dic­toires, le manque de moyens finan­ciers l’accaparement de sommes colos­sales dans des recherches plus média­tiques, contrai­re­ment au Parkin­son dont l’ICM nous dit pour­tant que sa préva­lence s’accroit depuis 10 ans et chez des sujets de plus en plus jeunes !

Que dire de plus sur l’inertie actuelle ?
Ce déni de l’intérêt finan­cier et théra­peu­tique de la NEPT qui peut soula­ger bon nombre de patients, allé­ger les affres de cette mala­die pour laquelle, depuis 70 ans, aucune avan­cée théra­peu­tique signi­fi­ca­tive, salva­trice n’est obser­vée.

Cela est assez déses­pé­rant. Bien sûr nous conti­nuons le combat, nous recom­man­dons aux patients une prise de conscience et les échanges toujours fruc­tueux mais pour une mala­die aux visages multiples et dont la réponse au trai­te­ment est elle aussi diverse, tous le savent.

Au cours de ce combat, c’est bien le mot qui convient, nous sommes toujours restés vigi­lants sur tout autre avan­cée théra­peu­tique scien­ti­fi­que­ment promet­teuse bien au-​delà de la NEPT, « mono­cul­ture » dont nous refu­sons le procès d’intention qui parfois nous fut fait à tort. Nous ne cite­rons pas toutes les pistes envi­sa­gées, certaines en cours d’étude et ce que la presse scien­ti­fique a pu révé­ler mais non encore abou­ties.

Si nous pouvons nous réjouir des échanges des liens entre patients ou proches, cordiaux, voire amicaux, nous devons bien, après plus de 4 années de lutte faire un constat d’échec :

tant qu’il n’y aura pas une volonté forte des auto­ri­tés sani­taires de donner les moyens aux cher­cheurs et clini­ciens d’explorer, d’exploiter les capa­ci­tés de la NEPT pour en faire béné­fi­cier les patients sélec­tion­nés, suscep­tibles d’y répondre, nous n’avancerons pas !

Un appui fort des médias est abso­lu­ment néces­saire, comme nous avons pu l’observer pour d’autres patho­lo­gies plus « à la mode ». On ne voit pas en effet de moti­va­tions forte de ce côté !

Nous nous inter­ro­geons sur l’avenir d’A2N
De nouvelles actions à entre­prendre : le moral est au plus bas il faut bien l’avouer. Trop petite sans doute ? La fusion avec d’autres struc­tures ayant plus d’audience est-​elle la solu­tion ? Ce n’est pas certain tant le poids des lobbies anti NEPT est impor­tant. Mais nous y réflé­chis­sons …

La mala­die de Parkin­son est à ce jour incu­rable : rien de salva­teur après 70 ans de L-​dopa. La Nico­tine est suscep­tible d’améliorer dura­ble­ment le sort de nombreux patients. Pour­quoi les en priver ? Qu’avons actuel­le­ment de mieux à propo­ser ?

Pour l’Association A2N,
le Président Docteur Michel Berry

Message du Pr Ph Damier : « Un traitement antiparkinsonien ne doit jamais être arrêté brutalement »

Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°74

Même lors des périodes de rupture d’approvisionnement en médi­ca­ment, tout doit être fait pour éviter un arrêt brutal du trai­te­ment.
Les risques d’un arrêt brutal : Les trai­te­ments anti­par­kin­so­niens corrigent de façon effi­cace le défi­cit en dopa­mine céré­brale. Leur arrêt supprime cette correc­tion et fait réap­pa­raître les consé­quences du défi­cit en dopa­mine, à savoir l’essentiel de la symp­to­ma­to­lo­gie parkin­so­nienne. Chez certains patients, cette symp­to­ma­to­lo­gie peut être sévère : lenteur extrême, raideur doulou­reuse, trem­ble­ments. L’effet de sevrage est d’autant plus marqué que le trai­te­ment néces­saire à la correc­tion des symp­tômes est impor­tant et que ce trai­te­ment comporte des doses fortes de L-​DOPA (le trai­te­ment anti­par­kin­so­nien le plus puis­sant). Il existe aussi, lors d’un arrêt brutal de trai­te­ment anti­par­kin­so­nien, le risque d’un désordre dans les systèmes de régu­la­tion de la tempé­ra­ture corpo­relle ce qui peut se traduire par une fièvre impor­tante parfois compli­quée de destruc­tion de fibres muscu­laires et d’une atteinte rénale.

En pratique, face à la rupture d’un trai­te­ment à base de L-​DOPA, l’idéal est de prendre la même dose de L-​DOPA en utili­sant une autre spécia­lité médi­ca­men­teuse : les géné­riques ne posent aucun souci d’équivalence.

S’il n’y a pas d’autres possi­bi­li­tés, le passage à un médi­ca­ment qui ne contient pas le même produit asso­cié à la L-​DOPA (Carbi­dopa ou Bense­ra­zide)* est préfé­rable au sevrage en L-​DOPA. Il est par contre souhai­table de garder la même forme d’administration : le passage d’une forme stan­dard à une forme à libé­ra­tion prolon­gée risque pour de mêmes doses d’être moins effi­cace ; au contraire le passage à une forme disper­sible risque d’être plus effi­cace et avoir une durée d’action plus brève. Dans le cas extrême où le phar­ma­cien serait en rupture totale de toute forme de L-​DOPA pour quelques jours, il faut essayer de réduire les doses et éviter un arrêt total (par exemple, prendre une demie dose de trai­te­ment sur 8 jours est préfé­rable à la dose habi­tuelle sur 4 jours et rien sur 4 jours). Dans une période de trai­te­ment à moindres doses, les acti­vi­tés physiques doivent être réduites sans toute­fois les arrê­ter tota­le­ment et il faut veiller à une hydra­ta­tion régu­lière et abon­dante. Faisons toute­fois le vœu qu’aucun patient n’ait à connaître la gestion d’une période sans aucune L-​DOPA à dispo­si­tion.

Cathe­rine Chap­tal de France Parkin­son
* Carbi­dopa ou Bense­ra­zide sont des produits asso­ciés à la L-​DOPA pour réduire sa dégra­da­tion en dehors du cerveau et permettre ainsi d’avoir moins d’effets indé­si­rables et plus de L-​DOPA trans­for­mée en dopa­mine au niveau céré­bral.
Lu par Jean Grave­leau

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